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Avertissement : Ce manuel a été remplacé par une version plus récente et n'est plus maintenu.

Le manuel Gentoo Linux/SPARC

Table des matières :

  • Installer Gentoo
    Cette partie explique comment installer Gentoo sur votre machine.
    1. À propos de l'installation de Gentoo
      Les utilisateurs qui découvrent Gentoo doivent savoir que Gentoo est avant tout une question de choix.
    2. Choisir le bon support d'installation
      Vous pouvez installer Gentoo de plusieurs façons. Ce chapitre décrit l'installation à partir d'un LiveCD Gentoo.
    3. Configurer votre connexion réseau
      Si vous installez Gentoo en utilisant une connexion Internet, vous devez la configurer.
    4. Préparer les disques
      Pour installer Gentoo, vous devez créer les partitions requises. Ce chapitre décrit comment préparer vos disques durs.
    5. Installer les fichiers d'installation de Gentoo
      L'installation de Gentoo se base sur différentes étapes (les « stages »). Ce chapitre décrit comment extraire l'archive d'une étape et comment configurer Portage.
    6. Installer le système de base de Gentoo
      Indépendamment de l'étape à partir de laquelle vous démarrez l'installation, le résultat final sera un système de base Gentoo. Ce chapitre explique comment arriver à ce résultat.
    7. Configurer le noyau
      Le noyau Linux est au cœur de toutes les distributions. Ce chapitre explique comment le configurer.
    8. Configurer le système
      Vous devrez modifier certains fichiers de configuration. Ce chapitre vous donne un aperçu de ces fichiers et décrit comment procéder.
    9. Installer les outils système
      Encore une fois, Gentoo est avant tout une question de choix. Ce chapitre vous aide à choisir et à installer quelques outils importants.
    10. Configurer le chargeur de démarrage
      Ce chapitre décrit comment installer et configurer le chargeur de démarrage SILO.
    11. Finaliser votre installation
      Vous avez presque fini. Il ne vous reste plus qu'à définir un ou plusieurs utilisateurs pour votre système et éventuellement installer des paquets.
    12. Et que faire ensuite ?
      Votre système Gentoo est maintenant installé. Que faire ensuite ?
  • Utiliser Gentoo
    Apprenez maintenant à utiliser Gentoo : comment installer un logiciel, modifier des variables, changer le comportement de Portage, etc.
    1. Introduction à Portage
      Portage sert à maintenir votre système à jour. Ce chapitre décrit les fonctions élémentaires de Portage.
    2. La variable USE
      Les options de la variable USE sont très importantes dans Gentoo. Ce chapitre décrit comment les utiliser et explique en quoi elles influencent votre système.
    3. Portage et ses fonctionnalités
      Ce chapitre décrit les différentes fonctionnalités qui permettent d'améliorer l'utilisation de Portage et notamment comment réduire les temps de compilation.
    4. Les scripts d'initialisation
      Gentoo utilise un format particulier pour ses scripts d'initialisation qui, entre autres, permet de gérer les dépendances et les fonctionnalités virtuelles. Ce chapitre décrit ces possibilités et comment utiliser ces scripts.
    5. Variables d'environnement
      Il est très facile de définir des variables d'environnement dans Gentoo. Ce chapitre explique comment faire et liste quelques variables très utilisées.
  • Utiliser Portage
    Cette partie décrit en profondeur Portage, l'outil de gestion des paquets logiciels de Gentoo.
    1. Fichiers et répertoires
      Pour maîtriser Portage, il est important de connaître les fichiers et répertoires utilisés par Portage.
    2. Les variables de configuration
      Portage est très configurable grâce à de nombreuses variables que vous pouvez définir dans votre environnement ou dans des fichiers de configuration.
    3. Faire cohabiter des branches différentes
      Les logiciels fournis par Gentoo peuvent être répartis dans des branches différentes en fonction de leur stabilité et de l'architecture utilisée. Ce chapitre décrit comment configurer ces branches et vous explique comment utiliser une branche alternative seulement pour certains logiciels.
    4. Outils supplémentaires
      Portage fournit quelques utilitaires supplémentaires qui vous aident à gérer votre système. Ce chapitre décrit l'utilisation de dispatch-conf et d'autres outils.
    5. Diverger de l'arbre officiel
      Ce chapitre vous donne quelques trucs et astuces pour utiliser votre propre arbre Portage, pour ne synchroniser que les catégories de votre choix, pour injecter des paquets, etc.
    6. Le programme ebuild
      Ce chapitre décrit les étapes par lesquelles passe Portage quand il installe un paquet. Vous pouvez utiliser l'application ebuild vous-même si vous le souhaitez.

A. Installer Gentoo

1. À propos de l'installation de Gentoo

1.a. Introduction

Bienvenue !

Tout d'abord, bienvenue chez Gentoo. Vous êtes sur le point de découvrir un monde riche de choix et de performances. Gentoo est avant tout une question de choix. Pendant l'installation, cela sera mis en évidence à plusieurs reprises. Vous pourrez choisir la proportion du système de base que vous voulez compiler vous-même, comment installer Gentoo, quel système de journalisation des événements (syslog) vous désirez, etc.

Gentoo est une métadistribution moderne, rapide et conçue de façon propre et flexible autour de logiciels libres. Rien n'est caché. Portage, le système de gestion des paquets utilisé par Gentoo, a été écrit en Python, ce qui signifie que vous pouvez facilement consulter et modifier le code source. Portage utilise le code source des paquets qu'il installe bien qu'un support pour des paquets précompilés soit également présent. De plus, Gentoo se configure avec de simples fichiers texte. Autrement dit, l'ouverture règne.

Il est primordial que vous compreniez que Gentoo est avant tout une question de choix. Nous ne vous imposons jamais un choix que vous ne voudriez pas faire. Si vous considérez que c'est le cas, faites-le nous savoir via un rapport de bogue.

Comment l'installation est-elle structurée ?

L'installation de Gentoo se déroule en dix étapes couvertes par les chapitre 2 à 11. Après chaque étape, votre système sera dans un état bien défini :

  • Après l'étape 1, votre environnement est prêt pour installer Gentoo.
  • Après l'étape 2, votre connexion Internet est opérationnelle (cette étape est facultative dans certains cas).
  • Après l'étape 3, vos disques durs sont initialisés pour recevoir Gentoo.
  • Après l'étape 4, votre environnement est prêt pour l'installation et vous êtes prêt à vous placer à la racine de ce qui sera votre nouveau système (le chroot pour les spécialistes).
  • Après l'étape 5, les paquets de base identiques sur toutes les installations de Gentoo sont installés.
  • Après l'étape 6, votre noyau Linux est compilé.
  • Après l'étape 7, la plupart de vos fichiers de configuration système sont créés.
  • Après l'étape 8, les outils système indispensables (à choisir parmi ceux proposés dans une belle liste) sont installés.
  • Après l'étape 9, le chargeur de démarrage (le « bootloader ») est installé et configuré et vous êtes connecté sur votre nouveau système Gentoo.
  • Après l'étape 10, votre environnement Gentoo Linux est prêt à être utilisé.

Lorsque vous devez faire un choix entre plusieurs options, nous nous efforçons de vous expliquer les avantages et les inconvénients de chacune et nous continuons ensuite avec une option par défaut. Les choix par défaut sont identifiés par le texte « Défaut ». Les autres possibilités sont identifiées par le texte « Alternative : ». Ne croyez pas que les choix par défaut représentent des recommandations ; ils indiquent plutôt les choix que, selon nous, la plupart des utilisateurs feront.

Parfois, vous pourrez réaliser une étape facultative. De telles étapes sont identifiées par le texte « Facultatif » et ne sont pas essentielles pour installer Gentoo. Cependant, certaines options dépendent de choix que vous aurez fait plus tôt. Dans ce cas, nous vous en informerons au moment de faire votre choix et au début de la description de l'étape.

Quelles sont les possibilités ?

Vous pouvez installer Gentoo de différentes façons. Vous pouvez télécharger un de nos LiveCD (CD d'installation), vous pouvez partir d'une autre distribution précédemment installée ou d'une distribution sur un CD amorçable comme Knoppix. Vous pouvez aussi démarrer via une autre machine de votre réseau ou à partir d'une disquette de démarrage. Ce manuel couvre l'installation à partir d'un LiveCD Gentoo ou, dans certains cas, à partir d'une autre machine de votre réseau. D'autres méthodes d'installation sont abordées dans notre guide des méthodes d'installation alternatives. Vous pourriez aussi trouver notre guide des trucs et astuces pour x86 utile. Si vous trouvez que notre manuel d'installation est trop complexe, peut-être devriez-vous essayer un de nos guides d'installation rapide, si un tel quide existe pour votre architecture. Veuillez consulter la liste des documents.

Vous avez aussi le choix entre plusieurs points de départs :vous pouvez compiler 100% de votre nouveau système ou installer des logiciels précompilés pour accélérer la procédure d'installation. Évidemment, il existe d'autres possibilités entre ces deux extrêmes : vous pouvez, par exemple, partir d'un système partiellement compilé.

Des problèmes ?

Si vous rencontrez un problème lors de l'installation ou dans la documentation, veuillez d'abord consulter les notes de dernière minute publiées sur la page d'accueil des responsables (en anglais), puis vérifier sur notre système de gestion des bogues si le problème n'est pas déjà connu et, dans le cas contraire, veuillez créer un rapport de bogue. Ne craignez pas les développeurs auxquels vos bogues seront attribués, ils n'ont encore mangé personne.

Veuillez noter que ce document contient des références à d'autres architectures bien que ce manuel soit destiné à celle sur laquelle vous allez installer Gentoo. Cela est dû au fait que les différents manuels ont de nombreuses sections communes à toutes les architectures pour éviter le gaspillage de ressources. Nous essayons de limiter ces références à d'autres architectures pour éviter toute confusion.

Si vous avez un doute quant à l'origine d'un problème qui est soit une erreur que vous avez commise bien que vous ayez soigneusement lu la documentation, soit une erreur dans Gentoo malgré toute l'attention portée aux tests et à la documentation, vous êtes le bienvenu sur le canal #gentoo sur irc.freenode.net pour en discuter. Évidemment, vous y êtes de toute façon toujours le bienvenu :)

Si vous avez une question relative à Gentoo, vous devriez consulter notre foire aux questions et notre centre de documentation. Vous pouvez aussi consulter la FAQ en anglais dans les forums. Si vous ne trouvez toujours pas de réponse, rejoignez-nous sur le canal #gentoo sur irc.freenode.net, vous serez surpris de voir le nombre de Gentooistes qui y sont actifs :-)

1.b. Un système précompilé ou à compiler ?

Qu'est-ce que la « Gentoo Reference Platform » ?

La « Gentoo Reference Platform » (plate-forme de référence) est un ensemble de paquets compilés que vous pouvez utiliser pour installer Gentoo plus rapidement. À partir de maintenant, nous utiliserons l'abréviation GRP. Cet ensemble de paquets permet une installation du système de base ainsi que des paquets longs à compiler tels que KDE, xorg-x11, GNOME, OpenOffice, Mozilla, etc.

Cependant, ces paquets ne sont pas mis à jour au fur et à mesure. Ils constituent un instantané de Gentoo au moment de la sortie d'une version et permettent une installation rapide à ce moment. Ensuite, vous devrez mettre votre système à jour de façon traditionnelle.

Comment Portage gère-t-il GRP ?

L'arbre de Portage (l'ensemble des ebuilds qui décrivent chaque paquet et contiennent les instructions d'installation) doit être synchronisé avec le jeu de paquets GRP. Les versions des ebuilds de l'arbre Portage et celles des paquets précompilés doivent correspondre.

C'est pour cette raison que vous devrez copier un instantané de Portage du LiveCD sur votre disque dur au lieu de le synchroniser avec la dernière version disponible.

GRP est-il possible dans mon cas ?

GRP n'est pas disponible sur toutes les architectures. Cela ne signifie pas que GRP ne pourrait pas fonctionner sur ces architectures, mais simplement que nous n'avons pas les ressources disponibles pour compiler et tester GRP pour celles-ci.

À l'heure actuelle, les paquets GRP sont disponibles pour les architectures suivantes :

  • x86 (x86, i686, pentium3, pentium4, athlon-xp) ; (Note : Les paquets GRP x86 et i686 (par exemple packages-x86-2004.2.iso) sont disponibles sur nos miroirs, tandis que les paquets GRP pour pentium3, pentium4 et athlon-xp ne sont disponibles que sur Bittorrent.)
  • amd64 ;
  • sparc (sparc32 et sparc 64) ;
  • ppc (G3, G4, G5) ;
  • Alpha (alpha, alphaev5, alphaev56, alphaev6) ;
  • Mips ;
  • hppa.

Si votre architecture n'est pas dans la liste ci-dessus, l'option GRP n'est pas possible dans votre cas.

Vous devriez maintenant passer au chapitre « Choisir le bon support d'installation ».

2. Choisir le bon support d'installation

2.a. Matériel requis

Introduction

Avant de débuter, nous allons présenter le matériel requis pour installer Gentoo avec succès sur votre système. Ce matériel varie, bien sûr, selon l'architecture de l'ordinateur sur lequel vous installez Gentoo Linux.

L'architecture SPARC

Veuillez vérifier que votre matériel correspond aux spécifications suivantes avant de procéder à l'installation de Gentoo :

  • Vous devez disposer d'au moins 1 Go d'espace disque libre.
  • Si vous n'utilisez pas de paquets précompilés, vous devez disposer d'au moins 300 Mo de mémoire (RAM + mémoire virtuelle (« swap »)).
  • Pour l'architecture SPARC, vous devriez consulter la FAQ UltraLinux.

2.b. Faites votre choix

Introduction

Toujours envie d'essayer Gentoo ? Vous devez maintenant choisir le support à partir duquel vous allez installer Gentoo. Vous avez le choix entre plusieurs solutions, mais le résultat sera toujours identique : un système de base Gentoo.

Les méthodes que nous allons décrire sont :

  • Gentoo LiveCD minimal
  • Gentoo LiveCD universel

Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Nous allons analyser le pour et le contre de chacune afin que vous disposiez de l'information nécessaire pour prendre une décision éclairée. Avant de continuer, toutefois, expliquons le processus d'installation en trois « stages ».

Les trois « stages »

Gentoo Linux peut être installé en utilisant une des trois archives tar (stages). Vous choisirez l'une de ces archives en fonction de la proportion du système que vous souhaitez compiler vous-même. L'archive tar stage1 est utilisée pour faire le « bootstrap » et pour construire le système entier ex nihilo. L'archive tar stage2 est utilisée pour construire le système à partir d'un état où le « bootstrap » a été réalisé et où le système est déjà « semi-compilé ». L'archive tar stage3 contient un système Gentoo Linux de base construit pour vous. Comme nous l'expliquerons plus loin, vous pouvez aussi installer Gentoo sans compiler quoi que ce soit (à l'exception du noyau et de quelques paquets facultatifs). Si c'est ce que vous souhaitez, vous devrez utiliser l'archive tar stage3.

Alors, quelle étape devez-vous choisir ?

Débuter à partir du stage1 vous procure le contrôle total sur les paramètres d'optimisation et les options de compilation qui sont activées initialement. Pour cette raison, le stage1 est intéressant pour les utilisateurs enthousiastes qui savent ce qu'ils font. Il s'agit aussi d'une méthode d'installation idéale pour ceux qui veulent en savoir plus sur le fonctionnement interne de Gentoo Linux.

Une installation à partir du stage1 nécessite une connexion à Internet.

Stage1 Le pour et le contre
+ Vous procure le contrôle total sur les paramètres d'optimisation et les options de compilation qui sont activées initialement.
+ Indiqué pour les utilisateurs enthousiastes qui savent ce qu'ils font.
+ Vous permet d'en savoir plus sur le fonctionnement interne de Gentoo Linux.
- Le processus d'installation est très long.
- Si vous ne souhaitez pas régler les paramètres, c'est probablement une perte de temps.
- Impossible sans connexion à Internet.

L'installation à partir du stage2 vous permet d'éviter le processus du « bootstrap », ce qui est correct si les paramètres d'optimisation que nous avons choisis pour le stage2 particulier que vous utilisez vous conviennent.

Une installation à partir du stage2 nécessite une connexion à Internet.

Stage2 Le pour et le contre
+ Vous n'avez pas à réaliser le « bootstrap ».
+ Plus rapide que de démarrer à partir du stage1.
+ Vous pouvez toujours régler vos paramètres.
- Vous ne pouvez pas faire autant de réglages qu'avec le stage1.
- Ce n'est pas la méthode la plus rapide pour installer Gentoo.
- Vous devez accepter les options que nous avons choisies pour le « bootstrap ».
- Impossible sans connexion à Internet.

Choisir le stage3 vous procurera l'installation la plus rapide de Gentoo Linux, mais impliquera aussi que votre système de base aura les optimisations que nous avons choisies pour vous (qui, en toute honnêteté, sont de bons paramètres choisis afin d'améliorer les performances tout en maintenant la stabilité). De plus, partir d'une archive stage3 est nécessaire si vous désirez installer des paquets précompilés ou installer Gentoo sans connexion réseau.

Stage3 Le pour et le contre
+ C'est la méthode la plus rapide pour obtenir un système de base Gentoo.
+ Utilisable pour une installation sans connexion à Internet.
- Vous ne pouvez pas régler le système de base car il est déjà construit.
- Vous ne pouvez vous vanter d'avoir utilisé le stage1 ou le stage2 :)

Notez quel stage vous souhaitez utiliser. Vous devrez le savoir plus tard lorsque vous déciderez quel LiveCD (ou quelle autre méthode d'installation) utiliser. Vous apprécierez sans doute de savoir que si vous modifiez vos paramètres d'optimisation après avoir installé Gentoo, vous pourrez recompiler le système en entier avec ces nouveaux paramètres.

Choisissez maintenant votre support d'installation.

Gentoo LiveCD

Les Gentoo LiveCD sont des CD-ROM amorçables qui contiennent un environnement Gentoo autonome. Cela vous permet de démarrer Linux à partir du CD-ROM. Pendant le chargement, votre matériel est détecté et les pilotes appropriés sont chargés. Ces CD sont maintenus par les développeurs Gentoo.

Chaque LiveCD vous permet d'amorcer l'ordinateur, de paramétrer le réseau, d'initialiser les partitions de vos disques et d'installer Gentoo à partir d'Internet. De plus, certains LiveCD contiennent le code source ou même les paquets précompilés nécessaires pour installer Gentoo sans connexion réseau.

Que contiennent les LiveCD ?

Gentoo LiveCD minimal

Il s'agit d'un petit CD dont la seule utilité est d'amorcer le système, de préparer le réseau et d'installer Gentoo. Il ne contient aucun des stages (ou, dans quelques cas, seulement un stage1), aucun code source et aucun paquet précompilé. Par exemple, la version pour sparc64 de ce CD se trouve dans le sous-répertoire sparc64 et son image s'appelle install-sparc64-minimal-2004.1.iso.

LiveCD minimal Le pour et le contre
+ Temps de téléchargement relativement court
+ Convient à une architecture complète
+ Vous pouvez faire une installation de stage1, stage2 ou stage3 en téléchargeant l'archive tar d'Internet.
- Ne contient aucun stage, pas d'instantané de Portage ni de paquets GRP et n'est donc pas utilisable pour une installation sans réseau.

Gentoo LiveCD universel

Le LiveCD universel est amorçable et permet une installation sans connexion réseau. Il contient une étape stage1, une étape stage3 optimisée pour l'architecture sparc. Par exemple, la version sparc64 de ce CD s'appelle install-sparc64-universal-2004.1.iso et se trouve dans le sous-répertoire sparc64.

Si vous regardez dans les sous-répertoires sur notre site, vous constaterez que nous proposons aussi des « Package CD ». Ces CD qui ne sont pas amorçables contiennent des paquets précompilés qui peuvent être utilisés pour compléter une installation de base. Ces CD ne sont pas indispensables pour installer Gentoo (le CD universel suffit), mais si vous voulez installer KDE, GNOME, OpenOffice.org, Mozilla, etc. sans les compiler, vous avez besoin d'un CD « Package CD ». Par exemple, un tel CD pour sparc64 s'appelle packages-sparc64-2004.1.iso.

Vous n'avez besoin d'un « package CD » que si vous avez l'intention de faire une installation GRP à partir du stage3.

CD universel + « package CD » Le pour et le contre
+ Le «package CD » est optimisé pour vos architectures et sous-architectures.
+ Le «package CD » fournit des paquets précompilés pour une installation rapide de Gentoo.
+ Contient tout ce dont vous avez besoin. Vous pouvez même procéder à l'installation sans connexion réseau.
- Très long téléchargement

2.c. Télécharger, graver et amorcer un LiveCD Gentoo

Télécharger et graver les LiveCD

Vous avez choisi d'utiliser un LiveCD Gentoo (sinon, vous lisez probablement la mauvaise section). Nous débuterons par le téléchargement puis la gravure du (des) LiveCD que vous avez choisi(s). Nous avons déjà détaillé les différents CD disponibles, mais où pouvez-vous les trouver ?

Visitez l'un de nos miroirs et allez dans le sous-répertoire releases/sparc/2004.1/livecd. Vous y trouverez les sous-répertoires sparc32/ et sparc64/ qui contiennent plusieurs fichiers ISO. Ce sont des images de CD que vous pouvez utiliser pour graver un CD-R.

Pour vérifier que le fichier téléchargé n'a pas été corrumpu pendant le transfert, vous devriez vérifier son intégrité en calculant sa somme de vérification MD5 et en comparant le résultat avec la somme que nous publions sur notre site, par exemple dans le fichier install-sparc64-minimal-2004.1.iso.md5. Vous pouvez utiliser l'outil md5sum sous Linux ou md5sum for Windows.

Un autre moyen de vérifier la validité du fichier téléchargé est d'utiliser GnuPG pour tester la signature électronique que nous fournissons (le fichier qui se termine en .asc). Téléchargez le fichier avec la signature et procurez-vous la clé publique :

Exemple de code 3.1 : Obtenir la clé publique

$ gpg --keyserver pgp.mit.edu --recv-keys 17072058

Ensuite, vérifiez la signature :

Exemple de code 3.2 : Vérifier la signature

$ gpg --verify <fichier_signature> <fichier_iso_téléchargé>

Afin de graver le(s) ISO, vous devez utiliser la gravure brute (raw-burning). La manière de procéder dépend de votre programme. La manière de procéder avec cdrecord et K3B est décrite ci-dessous. Vous trouverez d'autres méthodes dans notre FAQ.

  • Avec cdrecord, tapez simplement cdrecord dev=/dev/hdc (remplacez /dev/hdc par le chemin d'accès du fichier matériel de votre graveur) suivi du chemin d'accès du fichier ISO :)
  • Avec K3B, sélectionnez Tools > CD > Burn Image. Dans la zone « Image to Burn », sélectionnez le fichier ISO et cliquez sur Start.

Démarrer le (les) LiveCD pour SPARC

Insérez le LiveCD Gentoo dans le lecteur de CD-ROM et amorcez votre système. Pendant le démarrage, tapez Stop-A pour accéder à OpenBootPROM (OBP). Une fois dans OBP, amorcez à partir du CD-ROM :

Exemple de code 3.3 : Amorcer à partir du LiveCD

ok boot cdrom

Vous accéderez alors au chargeur de démarrage SILO (sur le LiveCD). Tapez gentoo-2.4 (le noyau pour les machines à un CPU) ou gentoo-2.4-smp (un noyau pour les machines à plusieurs CPU) et tapez Entrée pour poursuivre le chargement du système. Dans l'exemple suivant, nous démarrons à partir du noyau gentoo-2.4.

Exemple de code 3.4 : Poursuivre le démarrage à partir du LiveCD

boot: gentoo-2.4

Lorsque le LiveCD est chargé, vous obtiendrez une invite. Connectez-vous comme utilisateur root. Il n'y a pas de mot de passe, aussi tapez simplement Entrée lorsque celui-ci vous est demandé.

Exemple de code 3.5 : Connexion au LiveCD

login: root
password: (Tapez Entrée.)

Vous devriez avoir une invite de commande root (« # ») sur la console active. Vous pouvez aussi passer aux autres consoles en tapant Alt+F2, Alt+F3 et Alt+F4. Retournez à la première console en tapant Alt+F1.

Poursuivez votre lecture avec la section Configuration du matériel supplémentaire.

Configuration du matériel supplémentaire

Étant donné que le LiveCD pour SPARC ne fait aucune auto-détection, vous devrez charger les modules appropriés manuellement en fonction de votre matériel.

Dans l'exemple suivant, nous tentons de charger le module 8139too (support de certaines interfaces réseau) :

Exemple de code 3.6 : Charger des modules du noyau

# modprobe 8139too

Facultatif : régler les performances des disques durs

Si vous êtes un utilisateur expérimenté, vous souhaitez peut-être régler les performances des disques durs IDE en utilisant hdparm. Avec les arguments -tT, vous pouvez tester les performances de vos disques (exécutez ce test plusieurs fois pour juger plus précisément des résultats).

Exemple de code 3.7 : Tester les performances des disques

# hdparm -tT /dev/hda

Pour régler les performances, vous pouvez utiliser les exemples suivants (ou expérimenter) qui utilisent /dev/hda comme disque dur (substituez par le chemin d'accès à votre disque) :

Exemple de code 3.8 : Régler les performances du disque dur

Activer DMA :                                                     # hdparm -d 1 /dev/hda
Activer DMA + des options sûres pour améliorer les performances : # hdparm -d 1 -A 1 -m 16 -u 1 -a 64 /dev/hda

Facultatif : comptes utilisateurs

Si vous souhaitez permettre à d'autres personnes d'accéder à votre environnement d'installation ou si vous voulez dialoguer en ligne avec irssi sans être root pour des raisons de sécurité, vous devez créer les comptes utilisateurs nécessaires et changer le mot de passe de root.

Pour changer le mot de passe de root, utilisez l'utilitaire passwd :

Exemple de code 3.9 : Changer le mot de passe de root

# passwd
New password: (Entrez votre nouveau mot de passe.)
Re-enter password: (Confirmez votre mot de passe.)

Pour créer un compte utilisateur, on saisit d'abord son nom, puis son mot de passe. Les programmes useradd et passwd sont utilisés pour ces tâches. Dans l'exemple suivant, nous créons un utilisateur nommé « john ».

Exemple de code 3.10 : Création d'un compte utilisateur

# useradd -m -G users john
# passwd john
New password: (Entrez le mot de passe de john.)
Re-enter password: (Confirmez le mot de passe de john.)

Vous pouvez passer de l'utilisateur root à l'utilisateur que vous venez de créer avec la commande su :

Exemple de code 3.11 : Devenir john

# su - john

Facultatif : consulter la documentation pendant l'installation

Si vous désirez consulter le Manuel Gentoo, sur le CD ou en ligne, vous devez avoir configuré un compte utilisateur. Ensuite, tapez Alt-F2 pour basculer sur un autre terminal et connectez-vous avec le compte utilisateur que vous avez créé.

Pour lire la documentation qui accompagne le CD, il vous suffit de lancer links2 :

Exemple de code 3.12 : Consulter la documentation sur le CD

# links2 /mnt/cdrom/docs/html/index.html

Cependant, quand cela est possible, il est préférable de lire le Manuel en ligne, car il est plus à jour. Vous pouvez utiliser links2, mais uniquement si vous avez configuré votre accès au réseau.

Exemple de code 3.13 : Consulter la documentation en ligne

# links2 http://www.gentoo.org/doc/fr/handbook/handbook-sparc.xml

Vous pouvez revenir à votre terminal initial en tapant Alt-F1.

Facultatif : démarrage du démon SSH

Si vous voulez permettre à d'autres utilisateurs d'accéder à votre ordinateur pendant le processus d'installation (peut-être que ces utilisateurs vous aideront à installer Gentoo ou même le feront pour vous), vous devez leur fournir un compte utilisateur ou le mot de passe de root. (Cette dernière option n'est envisageable que si vous faites entièrement confiance à cet utilisateur.)

Pour démarrer le démon SSH, exécutez la commande suivante :

Exemple de code 3.14 : Démarrer le démon SSH

# /etc/init.d/sshd start

Avant de pouvoir utiliser sshd, vous devez Configurer votre connexion réseau.

3. Configurer votre connexion réseau

3.a. Vous pouvez vous en passer, mais...

Qui peut faire sans ?

Selon le média à partir duquel vous avez choisi d'installer Gentoo, vous pourrez peut-être vous passer du réseau (et plus particulièrement d'Internet).

Dans la majorité des cas, l'installation de Gentoo a besoin du réseau (surtout d'Internet). Pourtant, dans certains cas, il est possible de faire une installation sans utiliser de connexion réseau. Cela ne peut se faire qu'en utilisant les LiveCD universels.

Pourquoi ai-je besoin d'une connexion réseau ?

Une installation de Gentoo par Internet vous offrira un système complètement à jour. Vous aurez une installation basée sur l'arbre actuel de Portage qui est l'ensemble des paquets que nous fournissons et les outils qui s'en occupent. C'est aussi pourquoi une installation par le réseau est préférable. Cependant, certaines personnes ne peuvent ou ne veulent pas installer Gentoo sur un système qui a une connexion Internet.

Si c'est votre cas, vous devrez utiliser un LiveCD universel. Un tel CD contient le code source, l'arbre de Portage et les outils nécessaires pour installer un système de base Gentoo. Cette méthode a un prix : vous n'aurez pas les toutes dernières versions, mais les différences seront minimes.

Si vous comptez procéder à une installation sans réseau, vous devez utiliser un LiveCD universel. Dans ce cas, vous pouvez sauter le reste de ce chapitre et continuer avec la section Préparer les disques. Sinon, continuez avec les sections de configuration du réseau ci-dessous.

Facultatif : configurer un mandataire

Si vous passez par un serveur mandataire (« proxy ») pour atteindre Internet, vous devrez spécifier les coordonnées de ce mandataire pendant l'installation. C'est très facile à faire : vous devez juste définir une variable d'environnement qui contiendra ces coordonnées.

Dans la plupart des cas, vous pouvez juste définir cette variable avec le nom du serveur. Pour illustrer, disons que le mandataire s'appelle proxy.gentoo.org et que le port soit 8080 :

Exemple de code 1.1 : Définition d'un serveur mandataire

(Si le mandataire gère le HTTP)
# export http_proxy="http://proxy.gentoo.org:8080"
(Si le mandataire gère le FTP)
# export ftp_proxy="ftp://proxy.gentoo.org:8080"
(Si le mandataire gère le RSYNC)
# export RSYNC_PROXY="rsync://proxy.gentoo.org:8080"

Si le mandataire a besoin d'un nom d'utilisateur et d'un mot de passe, utilisez la syntaxe suivante pour définir la variable :

Exemple de code 1.2 : Ajout d'un nom d'utilisateur et d'un mot de passe au mandataire

http://username:password@server:port

Par exemple, pour faire du HTTP avec notre serveur mandataire, le nom d'utilisateur « nico » et le mot de passe « f00b_r », vous ferez :

Exemple de code 1.3 : Utilisation d'un mandataire avec authentification

# export http_proxy="http://nico:f00b_r@proxy.gentoo.org:8080"

3.b. Détection automatique du réseau

Cela marche peut-être déjà ?

Si votre système est connecté à un réseau Ethernet avec un serveur DHCP, il est très probable que la configuration de votre carte réseau ait été faite automatiquement. Si c'est le cas, vous devriez pouvoir utiliser les nombreux outils réseau mis à votre disposition sur le LiveCD tels que ssh, scp, ping, irssi, wget et links, entre autres.

Si le réseau a été configuré, la commande /sbin/ifconfig devrait lister au moins une interface réseau à part lo, eth0 par exemple :

Exemple de code 2.1 : /sbin/ifconfig pour une carte réseau fonctionnelle

# /sbin/ifconfig
eth0      Link encap:Ethernet  HWaddr 00:50:BA:8F:61:7A
          inet addr:192.168.0.2  Bcast:192.168.0.255  Mask:255.255.255.0
          inet6 addr: fe80::50:ba8f:617a/10 Scope:Link
          UP BROADCAST RUNNING MULTICAST  MTU:1500  Metric:1
          RX packets:1498792 errors:0 dropped:0 overruns:0 frame:0
          TX packets:1284980 errors:0 dropped:0 overruns:0 carrier:0
          collisions:1984 txqueuelen:100
          RX bytes:485691215 (463.1 Mb)  TX bytes:123951388 (118.2 Mb)
          Interrupt:11 Base address:0xe800

Test du réseau

Vous pouvez essayer une connexion vers le serveur DNS de votre fournisseur d'accès (son adresse figure dans /etc/resolv.conf) et un site Web au choix, pour vérifier que vos paquets atteignent bien Internet et que la résolution de noms se fait bien.

Exemple de code 2.2 : Le test ultime

# ping -c 3 www.yahoo.com

Alors, êtes-vous connecté ? Si oui, vous pouvez pousuivre avec le chapitre Préparer les disques. Sinon, pas de chance, vous devrez rester assidu encore un petit moment :)

3.c. Configuration automatique du réseau

Si le réseau n'a pas marché tout de suite, certains supports d'installation vous permettent d'utiliser net-setup (pour les réseaux classiques) ou adsl-setup (pour les utilisateurs de l'ADSL) ou pptp (pour les utilisateurs de PPTP).

Si votre support d'installation ne contient pas ces outils ou si votre réseau ne fonctionne pas, veuillez continuer avec la Configuration manuelle du réseau.

Par défaut : utilisation de net-setup

Le plus simple pour activer une interface réseau, si cela n'a pas été fait automatiquement, est de lancer le script net-setup :

Exemple de code 3.1 : Lancement du script net-setup

# net-setup eth0

net-setup vous demandera des renseignements à propos de votre environnement réseau. Une fois terminé, vous devriez avoir une connexion réseau fonctionnelle. Testez votre connexion comme indiqué précédemment. Si le test est positif, alors bravo. Vous êtes maintenant fin prêt pour l'installation de Gentoo. Passez le reste de cette section et continuez avec la section Préparer les disques.

Si votre réseau ne marche toujours pas, continuez avec la section Configuration manuelle du réseau.

Alternative : utilisation RP-PPPoE

Si vous avez besoin de PPPoE pour vous connecter à Internet, le LiveCD (n'importe quelle version) contient de quoi vous faciliter la tâche grâce à rp-pppoe. Utilisez le script adsl-setup fourni pour configurer votre connexion. Il vous demandera le nom du périphérique qui est connecté à votre modem ADSL, votre nom d'utilisateur et votre mot de passe, les adresses IP de vos serveurs DNS et si vous voulez activer un pare-feu de base ou non.

Exemple de code 3.2 : Utilisation de rp-pppoe

# adsl-setup
# adsl-start

Si cela ne marche pas, vérifiez scrupuleusement que les noms d'utilisateur et mots de passe fournis ont été correctement tapés en regardant dans le fichier /etc/ppp/pap-secrets ou /etc/ppp/chap-secrets et assurez-vous d'utiliser le bon périphérique réseau. Si votre périphérique réseau n'existe pas, vous devez charger les modules réseau appropriés. Dans ce cas, continuez avec la Configuration manuelle du réseau puisque nous y expliquons comment charger les modules réseau nécessaires.

Si tout marche, continuez avec la section Préparer les disques.

Alternative : utilisation de PPTP

Si vous avez besoin du support PPTP, vous pouvez utiliser pptpclient fourni sur le LiveCD. Mais avant, vous devez vous assurer que votre configuration est correcte. Éditez /etc/ppp/pap-secrets ou /etc/ppp/chap-secrets afin qu'ils contiennent la bonne combinaison nom d'utilisateur/mot de passe :

Exemple de code 3.3 : Édition de /etc/ppp/chap-secrets

# nano -w /etc/ppp/chap-secrets

Ensuite, modifiez /etc/ppp/options.pptp si nécessaire :

Exemple de code 3.4 : Édition de /etc/ppp/options.pptp

# nano -w /etc/ppp/options.pptp

Une fois cela fait, lancez simplement pptp (avec les options que vous ne pouvez mettre dans options.pptp) pour vous connecter au serveur :

Exemple de code 3.5 : Connexion à un serveur PPTP

# pptp <ip du serveur>

Maintenant, continuez avec la section Préparer les disques.

3.d. Configuration manuelle du réseau

Chargement des modules réseau nécessaires

Quand le LiveCD démarre, il essaie de détecter tous vos périphériques et de charger les modules du noyau (les pilotes) appropriés pour faire marcher votre matériel. Dans la plupart des cas, cela marche très bien. Pourtant, dans certains cas, il peut ne pas charger certains modules dont vous avez besoin.

Si net-setup ou adsl-setup n'ont pas marché, alors vous pouvez commencer à vous dire que votre carte réseau n'a pas été détectée et que vous devrez charger les modules requis vous-même.

Pour savoir quels modules du noyau nous fournissons pour le réseau, utilisez simplement ls :

Exemple de code 4.1 : À la recherche des modules fournis

# ls /lib/modules/`uname -r`/kernel/drivers/net

Si vous trouvez un pilote pour votre carte réseau, utilisez modprobe pour le charger dans le noyau :

Exemple de code 4.2 : Utilisation de modprobe pour charger un module dans le noyau

(Dans cet exemple, nous chargeons le pilote pcnet32.)
# modprobe pcnet32

Pour vérifier si votre carte réseau est maintenant détectée, utilisez ifconfig. Une carte réseau détectée devrait provoquer ce genre d'affichage :

Exemple de code 4.3 : Test positif de la présence d'une carte réseau

# ifconfig eth0
eth0      Link encap:Ethernet  HWaddr FE:FD:00:00:00:00
          BROADCAST NOARP MULTICAST  MTU:1500  Metric:1
          RX packets:0 errors:0 dropped:0 overruns:0 frame:0
          TX packets:0 errors:0 dropped:0 overruns:0 carrier:0
          collisions:0 txqueuelen:0
          RX bytes:0 (0.0 b)  TX bytes:0 (0.0 b)

Par contre, si vous obtenez l'erreur suivante, alors la carte réseau n'a pas été détectée :

Exemple de code 4.4 : Test négatif de la présence d'une carte réseau

# ifconfig eth0
eth0: error fetching interface information: Device not found

Si votre machine dispose de plusieurs cartes réseau, elles sont nommées eth0, eth1, etc. Utilisez le nom qui correspond à la carte qui est connectée. Dans le reste de ce document, nous utiliserons eth0.

Si votre carte réseau est maintenant détectée, vous pouvez ré-essayer net-setup ou adsl-setup (ce qui devrait marcher). Pour les curieux, nous allons quand même expliquer comment configurer manuellement votre réseau.

Choisissez parmi les possibilités suivantes :

Utilisation de DHCP

DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol, Protocole Dynamique de Configuration d'un Hôte) sert à automatiser la récupération des informations réseau (adresse IP, masque de réseau, adresse de diffusion, passerelle, serveurs de noms, etc.) Cela ne marche que si vous disposez d'un serveur DHCP déjà configuré et actif dans votre réseau (ce peut être votre serveur ou celui de votre fournisseur d'accès). Pour qu'une interface réseau reçoive automatiquement ces informations, utilisez dhcpcd :

Exemple de code 4.5 : Utilisation de dhcpcd

# dhcpcd eth0
Certains administrateurs de réseau imposent l'utilisation des
noms de machine et de domaine attribués par le serveur DHCP.
Dans ce cas, utilisez :
# dhcpcd -HD eth0

Si cela marche (essayez d'envoyer un ping vers un serveur sur Internet, par exemple Google), alors vous êtes prêt à continuer. Sautez le reste de cette section et continuez avec la section Préparer les disques.

Configurer l'accès à un réseau sans fil

Note : Tous les LiveCD n'ont pas la commande iwconfig. Si le vôtre ne l'a pas, vous pouvez tout de même vous débrouiller en suivant les instructions relatives au projet linux-wlan-ng (en anglais).

Si vous utilisez un réseau sans fil (aussi nommé WiFi ou 802.11), vous devrez sans doute configurer votre carte réseau avant de poursuivre. Pour afficher la configuration de votre carte, utilisez la commande iwconfig. Elle affichera un texte semblable à ceci :

Exemple de code 4.6 : Afficher la configuration en cours

# iwconfig eth0
eth0     IEEE 802.11-DS  ESSID:"GentooNode"
         Mode:Managed  Frequency:2.442GHz  Access Point: 00:09:5B:11:CC:F2
         Bit Rate:11Mb/s   Tx-Power=20 dBm   Sensitivity=0/65535
         Retry limit:16   RTS thr:off   Fragment thr:off
         Power Management:off
         Link Quality:25/10  Signal level:-51 dBm  Noise level:-102 dBm
         Rx invalid nwid:5901 Rx invalid crypt:0 Rx invalid frag:0 Tx
         excessive retries:237 Invalid misc:350282 Missed beacon:84

Note : Remarquez que certaines cartes ont un nom de périphérique wlan0 au lieu de eth0.

Dans la plupart des cas, seuls deux paramètres doivent être définis : le code ESSID (aussi nommé « wireless network name » ou nom du réseau) et la clef WEP (cryptage). Si le code ESSID et l'adresse de votre point d'accès (« Access Point » ci-dessus) correspondent déjà à la configuration de votre réseau sans fil et que vous n'utilisez pas de clef WEP, alors votre connexion sans fil fonctionne déjà. Si vous devez modifier le code ESSID ou définir une clef WEP, utilisez les commandes suivantes :

Exemple de code 4.7 : Modifier le code ESSID et/ou définir une clef WEP

(Nommer votre réseau « GentooNode ».)
# iwconfig eth0 essid GentooNode

(Définir une clef WEP en hexadécimal.)
# iwconfig eth0 key 1234123412341234abcd

(Définir un clef WEP avec un code ASCII - préfixez-le avec « s: ».)
# iwconfig eth0 key s:le-mot-de-passe

Vous pouvez vérifier vos paramètres en lançant la commande iwconfig. Une fois que votre connexion sans fil est opérationnelle, vous pouvez poursuivre avec la section suivante (Comprendre la terminologie réseau) ou utiliser l'outil net-setup décrit précédemment.

Comprendre la terminologie réseau

Note : Si vous connaissez votre adresse IP, votre adresse de diffusion (broadcast), votre masque réseau et vos serveurs de noms, vous pouvez sauter cette sous-section et continuer avec l'Utilisation de ifconfig et route.

Si tout a échoué jusqu'à présent, vous allez devoir configurer votre réseau à la main. N'ayez pas peur, c'est loin d'être difficile. Nous allons vous expliquer un certain nombre de choses à propos des réseaux afin que vous puissiez configurer le vôtre proprement. Quand vous aurez fini cette partie, vous saurez ce qu'est une passerelle, à quoi sert un masque réseau, comment est construite l'adresse de diffusion et pourquoi vous avez besoin de serveurs de noms.

Dans un réseau, les machines sont identifiées par leur adresse IP (« Internet Protocol »). Ces adresses sont une suite de quatre nombres compris entre 0 et 255. Du moins, c'est comme cela qu'on le voit. En réalité, une adresse IP est une suite de 32 bits (des uns ou zéros). Voyons un exemple :

Exemple de code 4.8 : Exemple d'adresse IP

Adresse IP (nombres):   192.168.0.2
Adresse IP (bits):      11000000 10101000 00000000 00000010
                        -------- -------- -------- --------
                           192      168       0        2

Une adresse IP est unique dans un réseau donné, c'est-à-dire qu'il n'existe qu'une seule machine avec une certaine IP dans l'ensemble des réseaux connectés et accessibles. Pour faire la distinction entre les machines qui sont dans un réseau particulier et celles qui n'y sont pas, l'adresse IP est divisée en deux parties : la partie réseau et la partie hôte.

La séparation est faite grâce au masque réseau, une suite de 1 suivie d'une suite de 0. La partie de l'adresse IP qui correspond aux 1 est la partie réseau, l'autre est la partie hôte. Le masque réseau est souvent écrit sous la forme d'une adresse IP.

Exemple de code 4.9 : Exemple de séparation réseau/hôte

Adresse IP:       192      168      0         2
               11000000 10101000 00000000 00000010
Masque réseau  11111111 11111111 11111111 00000000
                  255      255     255        0
              +--------------------------+--------+
                      Partie Réseau         Hôte

Dans cet exemple, 192.168.0.14 fait toujours partie de notre réseau, mais pas 192.168.1.2.

L'adresse de diffusion (« broadcast ») d'une machine est une adresse IP spéciale qui a la même partie réseau que son adresse IP, avec que des 1 dans la partie hôte. Toutes les machines de votre réseau reçoivent les paquets émis à cette adresse ; elle est utilisée pour diffuser des paquets à tout le réseau.

Exemple de code 4.10 : Adresse de diffusion

Adresse IP:               192      168      0         2
                       11000000 10101000 00000000 00000010
Adresse de diffusion:  11000000 10101000 00000000 11111111
                          192      168      0        255
                      +--------------------------+--------+
                                 Réseau             Hôte

Pour pouvoir surfer sur Internet, vous devez savoir quelle machine partage sa connexion Internet. Cette machine est appelée la passerelle. Comme c'est une machine comme une autre, elle a une adresse IP (par exemple 192.168.0.1).

Nous avons dit précédemment que chaque machine avait sa propre adresse IP. Pour pouvoir accéder à une machine grâce à un nom (au lieu d'une adresse IP, plus dure à retenir), vous avez besoin d'un service qui traduit un nom (comme dev.gentoo.org) en une adresse IP (comme 64.5.62.82). Ce service s'appelle service de noms (N.D.T. : ou DNS, pour Service de Noms de Domaine). Pour utiliser ce service, vous avez besoin de définir un ou plusieurs serveurs de noms dans le fichier /etc/resolv.conf.

Dans certains cas, votre passerelle sert aussi de serveur de noms. Sinon, entrez les serveurs de noms de votre fournisseur d'accès.

Pour résumer, vous avez besoin des informations suivantes pour continuer :

Objet Exemple
Votre adresse IP 192.168.0.2
Masque réseau 255.255.255.0
Adresse de diffusion 192.168.0.255
Passerelle 192.168.0.1
Serveur(s) de noms 195.130.130.5, 195.130.130.133

Utilisation de ifconfig et route

La mise en place de votre réseau consiste en trois étapes. D'abord, nous nous assignons une adresse IP avec ifconfig. Ensuite, nous configurons le routage vers la passerelle avec route. Enfin, nous plaçons les adresses des serveurs de noms dans le fichier /etc/resolv.conf.

Pour assigner une adresse IP, vous avez besoin de votre adresse IP, de l'adresse de diffusion et du masque réseau. Ensuite, exécutez la commande suivante, en remplaçant ${IP_ADDR} par votre adresse IP, ${BROADCAST} par votre adresse de diffusion et ${NETMASK} par votre masque réseau :

Exemple de code 4.11 : Utilisation de ifconfig

# ifconfig eth0 ${IP_ADDR} broadcast ${BROADCAST} netmask ${NETMASK} up

Maintenant, nous mettons en place le routage avec route. Remplacez ${GATEWAY} par l'adresse de votre passerelle :

Exemple de code 4.12 : Utilisation de route

# route add default gw ${GATEWAY}

Ouvrez maintenant le fichier /etc/resolv.conf avec votre éditeur de texte favori (dans notre exemple, nous utilisons nano) :

Exemple de code 4.13 : Création du /etc/resolv.conf

# nano -w /etc/resolv.conf

Entrez maintenant vos serveurs de noms de la façon suivante. Remplacez bien les variables ${NAMESERVER1} et ${NAMESERVER2} avec les adresses appropriées :

Exemple de code 4.14 : /etc/resolv.conf

nameserver ${NAMESERVER1}
nameserver ${NAMESERVER2}

Et voilà. Maintenant, testez votre réseau en envoyant un ping vers un serveur Internet (Google par exemple). Si cela marche, toutes nos félicitations ! Vous êtes enfin prêt à installer Gentoo. Poursuivez avec le chapitre Préparer les disques.

4. Préparer les disques

4.a. Introduction aux périphériques de bloc

Les périphériques de bloc

Nous allons regarder de manière approfondie la question des disques sous Gentoo Linux et sous Linux en général, y compris les systèmes de fichiers de Linux, les partitions et les périphériques de bloc. Ensuite, une fois que vous serez familiarisé avec les entrées et sorties des disques et des systèmes de fichiers, vous serez guidé pour réaliser la mise en place des partitions et des systèmes de fichiers pour votre installation de Gentoo Linux.

Pour commencer, nous allons présenter les périphériques de bloc. Le plus célèbre étant certainement celui qui représente le premier disque SCSI connu sous le nom /dev/sda.

Les périphériques de bloc représentent une interface abstraite vers les disques. Les programmes utilisateur peuvent les utiliser pour interagir avec votre disque sans devoir se tracasser si vos périphériques sont IDE, SCSI ou autres. Le programme peut simplement utiliser l'espace sur le disque comme un groupe de blocs continus de 512 octets accessibles aléatoirement.

Partitions

Bien qu'il soit théoriquement possible d'utiliser un disque complet pour héberger votre système Linux, ceci n'est pratiquement jamais fait. À la place, les périphériques de bloc sont divisés pour être plus petits et plus facilement gérables. Ces subdivisions sont appelées partitions.

La première partition d'un disque SCSI se nomme /dev/sda1, la deuxième /dev/sda2 et ainsi de suite. Le même principe s'applique aux disques IDE. Les deux premières partitions d'un disque IDE sont /dev/hda1 et /dev/hda2.

La troisième partition d'un système Sun correspond au disque complet et ne doit contenir aucun système de fichiers.

Les utilisateurs familiers avec le système de partitionnement DOS remarqueront que les disques Sun n'ont pas de partition primaire ni étendue. Les disques d'un système Sun peuvent avoir jusqu'à huit partitions, et la troisième est réservée.

4.b. Concevoir un plan de partitionnement

Plan de partitionnement par défaut

Si vous ne voulez pas établir votre propre plan de partitionnement, utilisez le plan décrit dans le tableau ci-dessous. Si votre système utilise des disques IDE, remplacez les sda par hda.

Remarquez qu'il n'est pas recommandé d'utiliser une partition de démarrage séparée pour /boot, car cela complique la configuration du chargeur de démarrage.

Partition Système de fichiers Taille Point de montage Description
/dev/sda1 ext3 <2 Go / Partition racine. Sa taille doit être inférieure à 2 Go sur tous les systèmes Sparc32 et sur les Sparc64 avec une ancienne version de OBP.
/dev/sda2 Mémoire virtuelle 512 Mo Aucun Mémoire virtuelle (« swap »). L'installation initiale et les grosses compilations auront besoin d'au moins 512 Mo de mémoire totale (physique+virtuelle).
/dev/sda3 Aucun Tout le disque Aucune Partition correspondant à tout le disque. Indispensable sur tout système Sparc.
/dev/sda4 ext3 2 Go minimum /usr La partition /usr accueille les applications et l'arbre Portage.
/dev/sda5 ext3 1 Go minimum /var La partition /var sert à stocker les données générées par les programmes. Portage l'utilise aussi pendant les compilations. Les grosses compilations comme celles de Mozilla ou OpenOffice.org peuvent nécessiter plus d'un giga-octet.
/dev/sda6 ext3 Espace restant /home La partition /home accueille les répertoires personnels des utilisateurs.

4.c. Partitionner votre disque avec fdisk

Les parties suivantes expliquent comment créer le plan de partitionnement décrit précédemment :

Partition Description
/dev/sda1 /
/dev/sda2 Mémoire virtuelle
/dev/sda3 Tout le disque
/dev/sda4 /usr
/dev/sda5 /var
/dev/sda6 /home

Changez votre plan de partitionnement comme vous le souhaitez, mais d'oubliez pas que votre partition racine ne doit pas dépasser les deux premiers giga-octets de votre disque sur des anciens systèmes. Notez également qu'il y a une limite de 15 partitions par disque SCSI ou SATA.

Lancer fdisk

Lancez fdisk avec votre disque comme argument :

Exemple de code 3.1 : Lancement de fdisk

# fdisk /dev/sda

Vous devriez voir une invite de commande (« prompt ») qui ressemble à ceci :

Exemple de code 3.2 : L'invite de commande de fdisk

Command (m for help):

Pour voir les partitions disponibles, tapez p :

Exemple de code 3.3 : Affichage des partitions disponibles

Command (m for help): p

Disk /dev/sda (Sun disk label): 64 heads, 32 sectors, 8635 cylinders
Units = cylinders of 2048 * 512 bytes

   Device Flag    Start       End    Blocks   Id  System
/dev/sda1             0       488    499712   83  Linux native
/dev/sda2           488       976    499712   82  Linux swap
/dev/sda3             0      8635   8842240    5  Whole disk
/dev/sda4           976      1953   1000448   83  Linux native
/dev/sda5          1953      2144    195584   83  Linux native
/dev/sda6          2144      8635   6646784   83  Linux native

Notez l'affichage de Sun disk label. Si cette partie manque, le disque utilise le partitionnement DOS, et non pas le partitionnement SUN. Dans ce cas, utilisez s pour vous assurer que le disque a une table de partitions Sun.

Exemple de code 3.4 : Créer un disklabel Sun

Command (m for help): s
Building a new sun disklabel. Changes will remain in memory only,
until you decide to write them. After that, of course, the previous
content won't be recoverable.

Drive type
   ?   auto configure
   0   custom (with hardware detected defaults)
   a   Quantum ProDrive 80S
   b   Quantum ProDrive 105S
   c   CDC Wren IV 94171-344
   d   IBM DPES-31080
   e   IBM DORS-32160
   f   IBM DNES-318350
   g   SEAGATE ST34371
   h   SUN0104
   i   SUN0207
   j   SUN0327
   k   SUN0340
   l   SUN0424
   m   SUN0535
   n   SUN0669
   o   SUN1.0G
   p   SUN1.05
   q   SUN1.3G
   r   SUN2.1G
   s   IOMEGA Jaz
Select type (? for auto, 0 for custom): 0
Heads (1-1024, default 64):
Using default value 64
Sectors/track (1-1024, default 32):
Using default value 32
Cylinders (1-65535, default 8635):
Using default value 8635
Alternate cylinders (0-65535, default 2):
Using default value 2
Physical cylinders (0-65535, default 8637):
Using default value 8637
Rotation speed (rpm) (1-100000, default 5400): 10000
Interleave factor (1-32, default 1):
Using default value 1
Extra sectors per cylinder (0-32, default 0):
Using default value 0

Vous trouverez les valeurs correctes dans la fiche technique de votre disque. L'option « auto configure » ne fonctionne généralement pas.

Suppression des partitions existantes

Il est temps de supprimer toute partition existante. Pour ce faire, tapez d et appuyez sur Entrée. On vous demandera alors le numéro de la partition que vous souhaitez supprimer. Pour supprimer un /dev/sda1 pré-existant, vous tapez :

Exemple de code 3.5 : Suppression d'une partition

Command (m for help): d
Partition number (1-4): 1

Vous ne devez pas supprimer la troisième partition. Elle est indispensable sur un système Sparc. Si elle n'existe pas encore, suivez les instructions ci-dessus pour la créer.

Après avoir supprimé toutes les partitions, vous devriez avoir un plan de partitionnement similaire au suivant :

Exemple de code 3.6 : Affichage d'un plan de partition vide

Command (m for help): p

Disk /dev/sda (Sun disk label): 64 heads, 32 sectors, 8635 cylinders
Units = cylinders of 2048 * 512 bytes

   Device Flag    Start       End    Blocks   Id  System
/dev/sda3             0      8635   8842240    5  Whole disk

Création de la partition principale

Commençons par créer la partition principale. Pour ce faire, tapez n pour créer une nouvelle partition, puis 1 pour créer la partition. Quand on vous demande le premier cylindre, appuyez sur Entrée. Quand on vous demande le dernier cylindre, entrez +512M pour créer une partition de 512 Mo. Vérifiez que toute la partition tient dans les deux premiers giga-octets du disque.

Exemple de code 3.7 : Créer la partition racine

Command (m for help): n
Partition number (1-8): 1
First cylinder (0-8635): (Tapez Entrée.)
Last cylinder or +size or +sizeM or +sizeK (0-8635, default 8635): +512M

Tapez p pour afficher la table des partitions. Elle devrait ressembler à ceci :

Exemple de code 3.8 : Afficher la table des partitions

Command (m for help): p

Disk /dev/sda (Sun disk label): 64 heads, 32 sectors, 8635 cylinders
Units = cylinders of 2048 * 512 bytes

   Device Flag    Start       End    Blocks   Id  System
/dev/sda1             0       488    499712   83  Linux native
/dev/sda3             0      8635   8842240    5  Whole disk

Création d'une partition de mémoire virtuelle

A présent, créons la partition de mémoire virtuelle. Pour ce faire, tapez n pour créer une nouvelle partition, puis 2 pour créer la deuxième partition, /dev/sda2 dans notre cas. Quand on vous demande le premier cylindre, appuyez sur Entrée. Quand on vous demande le dernier cylindre, tapez +512M afin de créer une partition de 512 Mo. Après avoir fait ceci, tapez t pour définir le type de partition, ensuite tapez 82 pour choisir le type « Linux swap ». Après avoir accompli ces étapes, en tapant p, vous devriez avoir un affichage semblable à celui-ci :

Exemple de code 3.9 : Afficher la table des partitions

Command (m for help): p

Disk /dev/sda (Sun disk label): 64 heads, 32 sectors, 8635 cylinders
Units = cylinders of 2048 * 512 bytes

   Device Flag    Start       End    Blocks   Id  System
/dev/sda1             0       488    499712   83  Linux native
/dev/sda2           488       976    499712   82  Linux swap
/dev/sda3             0      8635   8842240    5  Whole disk

Création des partitions /usr, /var et /home

Ensuite, créons les partitions /usr, /var et /home. Comme précédemment, tapez n pour créer une nouvelle partition, puis tapez 4 pour créer la troisième partition, /dev/sda4 dans notre exemple. Quand on vous demande le premier cylindre, appuyez sur Entrée. Quand on vous demande le dernier cylindre, tapez +2048M pour créer une partition de 2 Go. Répétez ensuite pour les les partitions sda5 et sda6 en spécifiant les tailles souhaitées. Quand vous aurez terminé, votre table des partitions devrait ressembler à ceci :

Exemple de code 3.10 : Afficher la table des partitions complète

Command (m for help): p

Disk /dev/sda (Sun disk label): 64 heads, 32 sectors, 8635 cylinders
Units = cylinders of 2048 * 512 bytes

   Device Flag    Start       End    Blocks   Id  System
/dev/sda1             0       488    499712   83  Linux native
/dev/sda2           488       976    499712   82  Linux swap
/dev/sda3             0      8635   8842240    5  Whole disk
/dev/sda4           976      1953   1000448   83  Linux native
/dev/sda5          1953      2144    195584   83  Linux native
/dev/sda6          2144      8635   6646784   83  Linux native

Sauver et quitter

Pour sauver votre plan de partitionnement et quitter fdisk, tapez w :

Exemple de code 3.11 : Sauver et quitter fdisk

Command (m for help): w

Maintenant que vos partitions sont créées, vous pouvez continuer avec Création des systèmes de fichiers.

4.d. Création des systèmes de fichiers

Introduction

Maintenant que vos partitions sont créées, il est temps d'y installer un système de fichiers. Si vous ne vous souciez pas de quel système de fichiers choisir et êtes satisfait de ceux que nous utilisons par défaut dans ce manuel, continuez avec Application d'un système de fichiers à une partition. Sinon, continuez à lire pour en apprendre plus sur les systèmes de fichiers disponibles.

Systèmes de fichiers ?

De nombreux systèmes de fichiers sont disponibles. Ext2 et ext3 sont considérés stables sur des machines SPARC. Utilisez d'autres systèmes de fichiers si vous aimez le risque.

ext2 est le système de fichiers original de Linux mais n'a pas de metadonnées journalisées, ce qui signifie que la routine de vérification du système de fichiers ext2 au démarrage peut prendre beaucoup de temps. À présent, vous avez le choix entre plusieurs systèmes de fichiers journalisés qui peuvent être vérifiés très rapidement et sont généralement préférés à leurs homologues non journalisés. Les systèmes de fichiers journalisés évitent de devoir attendre longtemps quand vous démarrez votre système et que vos systèmes de fichiers sont dans un état instable.

ext3 est la version journalisée du système de fichiers ext2, qui fournit des metadonnées journalisées pour une récupération rapide en plus d'autres modes journalisés comme la journalisation de données complètes et ordonnées. ext3 est un très bon système de fichiers fiable. Il offre généralement des performances décentes dans la plupart des conditions. Il offre de bonnes performances dans la plupart des cas grâce à un arbre balancé indexé par clé de hachage. En résumé, ext3 est un excellent système de fichiers.

ReiserFS ne fonctionne que partiellement sur les systèmes sparc64 et n'est donc pas recommandé pour une utilisation généralisée. XFS devrait être évité, puisque de nombreux problèmes ont été rapportés lors de son utilisation avec des systèmes SPARC, problèmes qui peuvent causer des pertes de données. JFS, un autre système de fichiers journalisé, n'est pas supporté. Peut importe votre choix de système de fichiers, le chargeur de démarrage requiert toujours une partition racine ext2 ou ext3.

Application d'un système de fichiers à une partition

Pour créer un système de fichiers sur une partition ou un volume, chaque système de fichiers fournit ses propres outils :

Système de fichiers Commande de création
ext2 mke2fs
ext3 mke2fs -j
ext3 avec indexation en b-tree haché (uniquement noyaux 2.6.x) mke2fs -j -O dir_index
reiserfs mkreiserfs

Par exemple, pour formater la partition racine (/dev/sda1 dans notre exemple) en ext2 et les partitions /usr, /var et /home (respectivement /dev/sda4, /dev/sda5, /dev/sda6 dans notre exemple) en ext3, nous utiliserons :

Exemple de code 4.1 : Application d'un système de fichiers sur une partition

# mke2fs /dev/sda1
# mke2fs -j /dev/sda4
# mke2fs -j /dev/sda5
# mke2fs -j /dev/sda6

Activation de la partition de mémoire virtuelle

mkswap est la commande utilisée pour initialiser la partition de mémoire virtuelle :

Exemple de code 4.2 : Création d'une signature de mémoire virtuelle

# mkswap /dev/sda2

Pour activer la partition de mémoire virtuelle, utilisez swapon :

Exemple de code 4.3 : Activation de la partition de mémoire virtuelle

# swapon /dev/sda2

Créez et activez la partition de mémoire virtuelle maintenant.

4.e. Monter les partitions

Maintenant que nos partitions sont initialisées et contiennent un système de fichiers, il est temps de les monter avec la commande mount. N'oubliez pas de créer les points de montage nécessaires pour toutes les partitions que vous avez créées. Par exemple, pour monter les partitions de démarrage et racine :

Exemple de code 5.1 : Monter les partitions

# mount /dev/sda1 /mnt/gentoo
# mkdir /mnt/gentoo/usr
# mount /dev/sda4 /mnt/gentoo/usr
# mkdir /mnt/gentoo/var
# mount /dev/sda5 /mnt/gentoo/var
# mkdir /mnt/gentoo/home
# mount /dev/sda6 /mnt/gentoo/home

Note : Si vous installez /tmp sur une partition séparée, n'oubliez pas de définir les permissions nécessaires après avoir monté la partition. Utilisez la commande chmod 1777 /mnt/gentoo/tmp. La même remarque s'applique à /var/tmp.

Nous devrons également monter le système de fichiers proc (une interface virtuelle avec le noyau) sur /proc, mais nous devons d'abord placer nos fichiers sur les partitions.

Continuez avec Installer les fichiers d'installation de Gentoo.

5. Installer les fichiers d'installation de Gentoo

5.a. Installer une archive « stage »

Régler la date et l'heure

Avant de poursuivre, vous devez régler l'heure et la date de votre système. Si l'horloge de votre machine n'est pas à l'heure et surtout à la bonne date, des effets indésirables se produiront.

Pour afficher la date et l'heure, tapez date :

Exemple de code 1.1 : Afficher la date et l'heure

# date
Thu Apr 25 16:21:18 CEST 2004

Pour changer la date et l'heure de votre système, utilisez date MMJJhhmmAAAA (Mois, Jour, heure, minute, Année). Par exemple, pour le 25 avril 2004 à 16:21, utilisez :

Exemple de code 1.2 : Régler la date et l'heure

# date 042516212004

Faites votre choix

Vous devez maintenant installer Gentoo à partir de l'étape (stage) de votre choix. Vous pouvez soit télécharger l'archive du stage, soit la copier depuis un LiveCD universel. Si vous avez le LiveCD universel, télécharger le stage par Internet est une pure perte de bande passante car les fichiers stage sont les mêmes.

5.b. Méthode habituelle : télécharger une archive

Télécharger l'archive étape

Allez au point de montage Gentoo sur lequel vous avez monté vos systèmes de fichiers (probablement /mnt/gentoo) :

Exemple de code 2.1 : Aller au point de montage Gentoo

# cd /mnt/gentoo

En fonction de votre méthode d'installation, vous pouvez utiliser plusieurs outils pour télécharger une archive étape. Si links2 est disponible, vous pouvez immédiatement naviguer jusqu'à la liste des miroirs Gentoo et choisir un miroir proche de chez vous. Si links2 n'est pas disponible, lynx devrait l'être. Dans ce cas, veuillez remplacer les occurrences de links2 par lynx dans la suite de ce document.

Choisissez ensuite le répertoire releases suivi de l'architecture de votre machine (par exemple x86), puis de la version de Gentoo (2004.2) et du sous-répertoire stages/. Vous devriez y voir tous les fichiers d'étape disponibles pour votre architecture (ils peuvent se trouver dans des sous-répertoires dont les noms correspondent aux différentes sous-architectures). Sélectionnez-en un et appuyez sur D pour télécharger. Une fois terminé, appuyez sur Q pour quitter le navigateur.

Exemple de code 2.2 : Consulter la liste des miroirs avec links2

(Sans mandataire) # links2 http://www.gentoo.org/main/en/mirrors.xml
(Avec mandataire) # links2 -http-proxy proxy.server.com:8080 http://www.gentoo.org/main/en/mirrors.xml

Vous pouvez utiliser la commande md5sum pour vérifier l'intégrité de l'archive que vous venez de télécharger. Pour cela, comparez le résultat affiché par md5sum avec la somme de contrôle disponible sur le miroir. Par exemple, pour vérifier l'intégrité du fichier stage pour x86 :

Exemple de code 2.3 : Exemple de calcul de somme de contrôle d'une archive tarball

# md5sum -c stage1-x86-2004.2.tar.bz2.md5
stage1-x86-2004.2.tar.bz2: OK

Décompresser l'archive étape

Maintenant, décompressez l'étape que vous venez de télécharger sur votre système. Nous utilisons GNU tar, car c'est la méthode la plus simple :

Exemple de code 2.4 : Décompresser l'étape

# tar -xvjpf stage?-*.tar.bz2

Faites bien attention d'utiliser les mêmes options (-xvjpf). Le x signifie extraire, le v verbeux (bon d'accord, celui-ci est facultatif), le j décompresser avec bzip2, le p préserver les permissions et le f veut dire que nous désarchivons un fichier d'archive, pas l'entrée standard.

Maintenant que l'archive est installée, poursuivez avec Installer Portage.

5.c. Alternative : utiliser une archive du LiveCD

Décompresser l'archive étape

Les archives étape incluses sur le CD se trouvent dans le répertoire /mnt/cdrom/stages. Pour afficher la liste des étapes disponibles, utilisez ls :

Exemple de code 3.1 : Lister les étapes disponibles

# ls /mnt/cdrom/stages

Si le système répond par une erreur, vous avez peut-être besoin de monter le CD-ROM.

Exemple de code 3.2 : Monter le CD-ROM

# ls /mnt/cdrom/stages
ls: /mnt/cdrom/stages: No such file or directory
# mount /dev/cdroms/cdrom0 /mnt/cdrom
# ls /mnt/cdrom/stages

Rendez-vous maintenant au point de montage Gentoo (habituellement /mnt/gentoo) :

Exemple de code 3.3 : Changer de répertoire vers /mnt/gentoo

# cd /mnt/gentoo

Nous allons maintenant extraire l'archive étape de votre choix. Nous le ferons avec l'outil tar de GNU. Faites bien attention à utiliser les mêmes options (-xjvpf) ! Dans l'exemple suivant, nous décompressons l'archive étape stage3-<sous-architecture>-2004.2.tar.bz2. N'oubliez pas de substituer le nom de l'étape par celle que vous aurez choisie.

Exemple de code 3.4 : Décompresser l'étape

# tar -xvjpf /mnt/cdrom/stages/stage3-<sous-architecture>-2004.2.tar.bz2

Maintenant que l'archive est installée, poursuivez avec Installer Portage.

5.d. Installer Portage

Avec ou sans réseau ?

Si vous n'avez pas de connexion réseau, vous devez installer un instantané de Portage depuis un de nos LiveCD. Dans ce cas, vous devez obligatoirement installer Gentoo à partir d'une archive stage3 car c'est la seule qui permette l'installation sans réseau. Si vous comptez installer des paquets précompilés pour accélérer votre installation, vous devez utiliser un instantané de Portage copié depuis un LiveCD. Les autres utilisateurs téléchargerons l'arbre Portage le plus récent avec la commande emerge au chapitre suivant.

Vous avez maintenant 2 possibilités en fonction du type d'installation que vous avez choisi :

Installer un instantané de Portage et le code source depuis un LiveCD

Un instantané de Portage est disponible sur les LiveCD universels. Si vous lisez ceci, nous pouvons supposer que vous utilisez un tel LiveCD. Pour installer cet instantané, regardez dans /mnt/cdrom/snapshots/ pour voir quels instantanés sont disponibles :

Exemple de code 4.1 : Vérifier le contenu de /mnt/cdrom/snapshots

# ls /mnt/cdrom/snapshots

Décompressez maintenant l'archive avec la commande suivante. Encore une fois, assurez-vous de passer les bonnes options à tar. De plus, le -C est un C majuscule, pas un c. Dans l'exemple suivant, nous utilisons portage-20040710.tar.bz2 comme nom d'instantané. Utilisez le nom de votre archive.

Exemple de code 4.2 : Extraire un instantané de Portage

# tar -xvjf /mnt/cdrom/snapshots/portage-20040710.tar.bz2 -C /mnt/gentoo/usr

Vous devez aussi copier toutes les sources depuis le CD.

Exemple de code 4.3 : Copier les sources

# mkdir /mnt/gentoo/usr/portage/distfiles
# cp /mnt/cdrom/distfiles/* /mnt/gentoo/usr/portage/distfiles/

Poursuivez avec Configurer les options de compilation.

5.e. Configurer les options de compilation

Introduction

Pour optimiser Gentoo, vous pouvez définir quelques variables qui influencent le comportement de Portage. Toutes ces variables peuvent être définies comme des variables d'environnement (en utilisant export), mais elles ne sont dans ce cas pas permanentes. Pour conserver votre configuration, vous pouvez utiliser /etc/make.conf, un fichier de configuration de Portage. C'est ce fichier que nous allons éditer maintenant.

Note : Une liste commentée de toutes les variables de Portage se trouve dans le fichier /etc/make.conf(.example). Pour installer Gentoo avec succès, seules celles mentionnées ci-dessous sont indispensables.

Lancez votre éditeur préféré (dans ce guide, nous utiliserons nano) pour modifier les variables d'optimisation décrites ci-dessous.

Exemple de code 5.1 : Ouvrir /etc/make.conf

# nano -w /mnt/gentoo/etc/make.conf

Comme vous l'avez sans doute remarqué, le fichier make.conf.example est structuré de manière générique : les lignes de commentaires commencent par un "#", les autres définissent des variables en utilisant la syntaxe VARIABLE="contenu". Le fichier make.conf utilise la même syntaxe. Certaines variables sont décrites ci-dessous.

CHOST

Attention : Bien que cela puisse tenter les utilisateurs qui ne commencent pas par l'étape 1, ceux-ci ne doivent pas changer la variable CHOST dans make.conf. Le faire pourrait rendre leur système inutilisable. Une fois encore, ne changez la valeur de cette variable qui si vous faites l'installation à partir de l'étape 1.

La variable CHOST définit l'architecture pour laquelle gcc doit compiler des programmes. Les possibilités sont :

Architecture Sous-architecture Configuration de CHOST
x86 i386 i386-pc-linux-gnu
x86 i486 i486-pc-linux-gnu
x86 i586 i586-pc-linux-gnu
x86 i686 et plus (athlon inclus) i686-pc-linux-gnu
alpha alpha-unknown-linux-gnu
ppc powerpc-unknown-linux-gnu
ppc64 powerpc64-unknown-linux-gnu
sparc sparc-unknown-linux-gnu
hppa (générique) hppa-unknown-linux-gnu
hppa pa7000 hppa1.1-unknown-linux-gnu
hppa pa8000 et plus hppa2.0-unknown-linux-gnu
mips mips-unknown-linux-gnu
amd64 x86_64-pc-linux-gnu

CFLAGS et CXXFLAGS

Les variables CFLAGS et CXXFLAGS définissent les options d'optimisation pour le compilateur gcc, respectivement en C et C++. Bien que nous les définissions de manière générale ici, vous n'obtiendrez des performances maximales qu'en fixant les optimisations individuellement pour chaque programme. La raison en est que chaque programme est différent.

Dans make.conf, vous devriez fixer les options d'optimisation qui, selon vous, donneront plus de rapidité à votre système de manière générale. Ne mettez pas d'options expérimentales dans cette variable : trop d'optimisations peut engendrer des comportements anormaux dans certains programmes (plantage ou, pire, fonctionnement défectueux).

Nous n'allons pas expliquer toutes les options d'optimisations possibles. Pour les connaître toutes, consultez les manuels en ligne GNU ou la page d'info de gcc (info gcc -- ne marche que sur un système Linux fonctionnel). Le fichier make.conf lui-même contient de nombreux exemples et renseignements ; n'oubliez pas non plus de le lire.

Un premier paramètre est l'option -march= qui spécifie le nom de l'architecture cible. Les options possibles sont décrites dans le fichier make.conf (en commentaires). Par exemple pour l'architecture x86 Athlon XP :

Exemple de code 5.2 : Paramètre march de GCC

# Les utilisateurs d'AMD64 qui veulent un système 64 bits natif ne doivent pas utiliser athlon-xp.
-march=athlon-xp

Un deuxième paramètre est l'option -O (la lettre O majuscule) qui spécifie la classe d'optimisation de gcc. Les classes possibles sont s (pour optimiser en taille), 0 (zéro, pour ne pas optimiser), 1, 2, 3 pour plus d'optimisation de la vitesse d'exécution (chacune de ces classes a les mêmes options que celle qui la précède plus quelques autres). Par exemple, pour une optimisation de classe 2 :

Exemple de code 5.3 : Le paramètre O de GCC

-O2

Une autre option d'optimisation populaire est -pipe (utilise des tubes plutôt que des fichiers temporaires pour la communication entre les différentes étapes de la compilation).

Veuillez remarquer que l'option -fomit-frame-pointer (qui permet de ne pas garder le pointeur de cadre dans un registre pour les fonctions qui n'en ont pas besoin) peut rendre le dépistage d'erreurs très difficile.

Lorsque vous définissez les variables CFLAGS et CXXFLAGS, vous devez combiner plusieurs options d'optimisation, comme dans l'exemple suivant :

Exemple de code 5.4 : Définir les variables CFLAGS et CXXFLAGS

CFLAGS="-march=athlon-xp -pipe -O2"   # N'utilisez pas athlon-xp pour une machine AMD64.
CXXFLAGS="${CFLAGS}"                  # Utilise les mêmes paramètres pour les deux variables.

MAKEOPTS

Avec MAKEOPTS, vous pouvez définir le nombre de compilations à lancer en parallèle. Une valeur souvent utilisée est le nombre de processeurs dans votre système plus un, mais une autre valeur peut parfois mieux fonctionner.

Exemple de code 5.5 : MAKEOPTS pour un système classique à 1 processeur

MAKEOPTS="-j2"

À vos marques, prêts, partez !

Mettez à jour votre /mnt/gentoo/etc/make.conf comme vous le souhaitez, et sauvez (Ctrl-X avec nano). Vous êtes maintenant prêt à continuer avec Installer le système de base Gentoo.

6. Installer le système de base de Gentoo

6.a. Entrer dans le nouvel environnement (chroot)

Facultatif : sélection des miroirs

Si vous avez démarré à partir d'un LiveCD Gentoo, vous pouvez utiliser mirrorselect pour mettre /etc/make.conf à jour pour que Portage utilise des miroirs rapides si vous êtes connecté à Internet.

Attention : Un problème dans mirrorselect peut provoquer l'ajout de caractères indésirables sur la ligne GENTOO_MIRRORS. Veuillez éditer le fichier /mnt/gentoo/etc/make.conf et enlever ces caractères à la fin de la ligne si nécessaire.

Exemple de code 1.1 : Choisir des miroirs rapides

# mirrorselect -a -s4 -o | grep 'GENTOO_MIRRORS=' >> /mnt/gentoo/etc/make.conf

Si, pour quelque raison que ce soit, mirrorselect échoue, ne vous inquiétez pas. Cette étape est entièrement facultative. Si mirrorselect échoue, les valeurs par défaut suffiront.

Copier l'information DNS

Il reste une dernière chose à faire avant d'entrer dans le nouvel environnement. Il s'agit de copier l'information DNS de /etc/resolv.conf. Vous devez le faire afin d'assurer le bon fonctionnement du réseau dans le nouvel environnement. /etc/resolv.conf contient les serveurs de noms pour votre réseau.

Exemple de code 1.2 : Copier l'information DNS

(L'option -L garantit qu'on ne copie pas un lien symbolique.)
# cp -L /etc/resolv.conf /mnt/gentoo/etc/resolv.conf

Monter /proc

Monter le système de fichiers /proc dans /mnt/gentoo/proc permet à l'installation d'utiliser les informations fournies par le noyau, même lorsqu'on se trouve dans l'environnement chroot.

Exemple de code 1.3 : Montage de /proc

# mount -t proc none /mnt/gentoo/proc

Entrer dans le nouvel environnement

Maintenant que toutes les partitions sont initialisées et que l'environnement de base est installé, il est temps d'entrer dans notre nouvel environnement d'installation. Cela signifie que l'on passe de l'environnement d'installation actuel (LiveCD ou autre environnement d'installation) à l'environnement de votre système (soit les partitions initialisées).

L'entrée se fait en trois étapes. D'abord, on change la racine de / (sur l'environnement d'installation) en /mnt/gentoo (sur vos partitions) en utilisant chroot. Ensuite, on crée un nouvel environnement en utilisant env-update dont l'effet est essentiellement de créer les variables d'environnement. Finalement, ces variables sont chargées en mémoire en utilisant source.

Exemple de code 1.4 : Entrer dans le nouvel environnement

# chroot /mnt/gentoo /bin/bash
# env-update
 * Caching service dependencies...
# source /etc/profile

Félicitations ! Vous êtes maintenant dans votre propre environnement Gentoo Linux. Bien sûr, ce dernier est loin d'être complet. C'est pourquoi il reste encore quelques sections à ce guide d'installation :-)

Facultatif : mettre l'arbre de Portage à jour

Si vous n'avez pas installé un instantané de Portage au chapitre précédent, vous devez télécharger un instantané récent de Portage à partir d'Internet. emerge --sync le fera pour vous. Les autres utilisateurs devraient ignorer cette section et poursuivre avec la section Configurer la variable USE.

Exemple de code 1.5 : Mise à jour de l'arbre de Portage

# emerge --sync

Portage utilise le protocole RSYNC pour mettre son arbre à jour. Si la commande ci-dessus ne fonctionne pas à cause de votre pare-feu, veuillez utiliser emerge-webrsync qui télécharge et installe un instantané de Portage en utilisant le protocole HTTP.

Exemple de code 1.6 : Mise à jour de l'arbre de Portage avec emerge-webrsync

# emerge-webrsync

Si vous recevez un avertissement vous suggérant de mettre Portage à jour parce qu'une nouvelle version est disponible, vous devez l'ignorer. Portage sera mis à jour pour vous plus tard pendant l'installation.

Configurer la variable USE

USE est une des plus puissantes variables mises à la disposition des utilisateurs de Gentoo. Plusieurs programmes peuvent être compilés avec ou sans le support optionnel disponible pour certaines fonctionnalités. Par exemple, certains programmes peuvent être compilés avec un support pour gtk ou pour Qt. D'autres peuvent être compilés avec ou sans support pour SSL. Certains programmes peuvent même être compilés avec un support pour le « framebuffer » (svgalib) plutôt que pour X11 (serveur X).

La plupart des distributions compilent leurs paquets avec un support aussi complet que possible, augmentant ainsi la taille des programmes et le temps de chargement, sans mentionner le nombre énorme de dépendances qui en résulte. Avec Gentoo, vous pouvez définir les options à utiliser lors de la compilation d'un paquet. C'est ici que la variable USE entre en jeu.

La variable USE contient des mots-clés que vous choisissez et qui correspondent à des options de compilation. Par exemple, ssl compilera le support ssl dans les programmes qui le supportent. -X retirera le support pour le serveur X (remarquez le signe moins devant le mot-clé). gnome gtk -kde -qt compilera vos programmes avec le support pour GNOME (et gtk), mais sans le support pour KDE (et qt). Le résultat est un système complètement réglé pour GNOME.

Les options par défaut pour USE se trouvent dans /etc/make.profile/make.defaults. Vos modifications à /etc/make.conf sont jugées en fonction de ces options par défaut. Si vous ajoutez quelque chose aux options USE, cela est ajouté à la liste par défaut. Si vous retirez quelque chose des options USE (en le précédant du signe moins), cela est retiré de la liste par défaut (en supposant que cela s'y trouvait). Ne modifiez jamais quoi que ce soit dans le répertoire /etc/make.profile car ses fichiers sont écrasés lors des mises à jour de Portage !

Une description complète de USE peut être consultée dans la seconde partie du manuel Gentoo, La variable USE. Une description complète des options disponibles se trouve dans le fichier /usr/portage/profiles/use.desc qui devrait déjà être sur votre système.

Exemple de code 1.7 : Afficher les options de la variable USE disponibles

# less /usr/portage/profiles/use.desc
(Utilisez les flèches de votre clavier pour faire défiler le texte et
tapez 'q' pour quitter.)

L'exemple suivant montre les options de USE pour un système basé sur KDE avec support pour ALSA, pour les DVD et pour la gravure de CD :

Exemple de code 1.8 : Ouverture de /etc/make.conf

# nano -w /etc/make.conf

Exemple de code 1.9 : Options de USE

USE="-gtk -gnome qt kde dvd alsa cdr"

Vous n'utiliserez probablement qu'une ou deux « locales » sur votre système. Après avoir compilé glibc, toutes les définitions de zone sont créées. Vous pouvez éviter cela et ne créer que les définitions de zone qui vous intéressent. Ajoutez l'option userlocales à votre variable USE et définissez la liste des « locales » à créer dans le fichier /etc/locales.build.

Exemple de code 1.10 : Utiliser l'option userlocales uniquement pour glibc

# mkdir -p /etc/portage
echo "sys-libs/glibc userlocales" >> /etc/portage/package.use

Ensuite, définissez les « locales » qui vous intéressent :

Exemple de code 1.11 : Exemple de /etc/locales.build

en_US/ISO-8859-1
en_US.UTF-8/UTF-8
de_DE/ISO-8859-1
de_DE@euro/ISO-8859-15

Facultatif : utiliser la compilation distribuée

Si vous désirez utiliser un ensemble de systèmes pour aider à compiler les paquets du système où vous installez Gentoo, vous souhaiterez peut-être jeter un coup d'œil au Guide Distcc.

6.b. Les différences entre stage1, stage2 et stage3

Prenez maintenant le temps de réfléchir aux étapes précédentes. Nous vous avons guidé dans votre choix entre stage1, stage2 et stage3, et nous avons souligné que cela était important pour les étapes subséquentes. Le choix que vous avez fait définit maintenant les étapes à suivre.

  • Si vous avez choisi le stage1, vous devez suivre les deux étapes décrites dans ce chapitre. Débutez par Passer du stage1 au stage2.
  • Si vous avez choisi le stage2, vous devez ignorer la première étape et poursuivre avec Passer du stage2 au stage3.
  • Si vous avez choisi le stage3 (avec ou sans GRP), vous devez ignorer les deux étapes et passer à Configurer le noyau.

6.c. Passer du stage1 au stage2

Introduction au « bootstrap »

Alors, vous voulez tout compiler ex nihilo ? Pourquoi pas :-)

Dans cette étape, nous réalisons le « bootstrap » de votre système Gentoo. Cela prend un temps considérable, mais le résultat est un système optimisé dès le départ pour votre machine et vos besoins.

Le bootstrap signifie que la bibliothèque C GNU, l'ensemble des compilateurs GNU et d'autres programmes vitaux du système vont être construits.

Avant de débuter le « bootstrap », voici quelques options qui vous intéresseront peut-être. Si vous ne voulez pas vous en préoccuper, poursuivez avec « Bootstrap » du système.

Facultatif : télécharger les fichiers sources d'abord

À moins que vous n'ayez déjà copié toutes les sources, le script du « bootstrap » va télécharger les fichiers nécessaires. Il va sans dire que cela ne peut se faire qu'avec une connexion réseau :-) Si vous préférez télécharger les sources d'abord, puis ensuite faire le « bootstrap » du système (peut-être préférez-vous que votre connexion à Internet ne soit pas active pendant l'installation), utilisez l'option -f du script du « bootstrap », qui téléchargera alors toutes les sources pour vous. (N.D.T. : f réfère au terme anglais « fetch »).

Exemple de code 3.1 : Téléchargement des fichiers sources nécessaires

# cd /usr/portage
# scripts/bootstrap.sh -f

« Bootstrap » du système

Maintenant, tapez les commandes suivantes pour démarrer le « bootstrap ». Ensuite, trouvez une autre façon de vous amuser, car cette étape prend pas mal de temps.

Exemple de code 3.2 : « Bootstrap » du système

# cd /usr/portage
# scripts/bootstrap.sh

Maintenant, poursuivez avec la prochaine étape, Passer du stage2 au stage3.

6.d. Passer du stage2 au stage3

Introduction

Si vous lisez cette section, vous disposez d'un système dont le « bootstrap » est fait (soit parce que vous l'avez fait vous-même, soit parce que vous utilisez un stage2). Il est maintenant temps d'installer les paquets système.

Tous les paquets système ? Non, pas vraiment. Cette étape va installer les paquets système pour lesquels il n'existe pas d'alternative. Certains paquets offrent des alternatives (par exemple les « system loggers »), et, puisque l'essence même de Gentoo est d'offrir des choix, rien ne vous est imposé.

Facultatif : visualiser ce qui va être fait

Si vous voulez savoir quels paquets vont être installés, exécutez emerge --pretend system. Cela affiche une liste de tous les paquets qui seront installés. Comme cette liste est volumineuse, vous devriez utiliser un afficheur tel que less ou more pour la parcourir.

Exemple de code 4.1 : Visualiser ce que « emerge system » installera

# emerge --pretend system | less

Facultatif : télécharger les sources

Si vous voulez que emerge télécharge les sources avant l'installation (peut-être préférez-vous que votre connexion à Internet ne soit pas active pendant l'installation), utilisez l'option --fetchonly de emerge. Les sources seront alors téléchargées pour vous.

Exemple de code 4.2 : Télécharger les sources

# emerge --fetchonly system

Construire le système

Pour lancer la construction du système, exécutez emerge system. Ensuite, trouvez quelque chose pour vous tenir occupé, car cette étape est très longue.

Exemple de code 4.3 : Construire le système

# emerge system

Ignorez simplement les messages d'avertissement à propos de fichiers de configuration qui devraient être mis à jour avec la commande etc-update. Quand vous aurez redémarré votre nouvelle installation, veuillez consulter la documentation à propos de la protection des fichiers de configuration. Lorsque la compilation est terminée, poursuivez votre lecture avec Configurer le noyau.

7. Configurer le noyau

7.a. Fuseau horaire

Vous devez maintenant choisir votre fuseau horaire afin que votre système sache où il se trouve. Cherchez votre fuseau horaire dans /usr/share/zoneinfo, puis créez un lien symbolique nommé /etc/localtime en utilisant ln :

Exemple de code 1.1 : Définir l'information relative au fuseau horaire

# ls /usr/share/zoneinfo
(En supposant que vous utilisez l'heure de Paris.)
# ln -sf /usr/share/zoneinfo/Europe/Paris /etc/localtime

7.b. Installer les sources

Choisir un noyau

Le cœur autour duquel sont bâties toutes les distributions est le noyau (en anglais « kernel ») Linux. Ce noyau est l'interface entre les programmes utilisateur et le matériel. Gentoo offre un choix de plusieurs noyaux à ses utilisateurs. Une liste complète, accompagnée de descriptions, est disponible dans le Guide du noyau Gentoo Linux.

Pour les systèmes SPARC, nous offrons les vanilla-sources (le noyau par défaut produit par les développeurs du noyau Linux), les development-sources (le noyau 2.6 officiel) et les sparc-sources (un noyau optimisé pour les utilisateurs de systèmes SPARC). Pour une installation sans réseau, vous devez choisir vanilla-sources ou sparc-sources.

Choisissez les sources à utiliser pour votre noyau et installez-les avec emerge.

L'exemple suivant détaille l'installation des vanilla-sources Bien sûr, substituez ces sources par celles de votre choix.

Exemple de code 2.1 : Installer les sources du noyau

# emerge vanilla-sources

Si vous examinez le contenu de /usr/src, vous devriez voir un lien symbolique nommé linux pointant vers les sources de votre noyau :

Exemple de code 2.2 : Examiner le lien symbolique vers le noyau

# ls -l /usr/src/linux
lrwxrwxrwx    1 root     root           12 Oct 13 11:04 /usr/src/linux -> linux-2.4.26

Si ce n'est pas le cas (le lien symbolique pointe vers un noyau différent), changez le lien avant de continuer :

Exemple de code 2.3 : Changer le lien symbolique vers les sources du noyau

# rm /usr/src/linux
# cd /usr/src
# ln -s linux-2.4.26 linux

Il est maintenant temps de configurer et de compiler votre noyau.

7.c. Configuration manuelle

Introduction

Configurer un noyau est parfois considéré comme la tâche la plus ardue que les utilisateurs de Linux doivent accomplir. Rien n'est moins vrai... Après avoir configuré quelques noyaux, vous ne vous rappellerez même plus que c'était difficile ;)

Toutefois, une chose est vraie : vous devez connaître votre système pour configurer manuellement un noyau. La majeure partie de cette information peut être obtenue en examinant le contenu de /proc/pci (ou en utilisant lspci, s'il est disponible). Vous pouvez aussi exécuter lsmod pour voir quels modules du noyau sont utilisés par le LiveCD (ce qui peut vous donner des indices sur les fonctionnalités nécessaires).

Maintenant, allez dans le dossier des sources du noyau et exécutez make menuconfig. Cela ouvrira un menu de configuration basé sur ncurses.

Exemple de code 3.1 : Lancer menuconfig

# cd /usr/src/linux
# make menuconfig

Plusieurs sections d'options de configuration s'afficheront. Nous allons d'abord dresser la liste de certaines options que vous devez activer (sinon, Gentoo ne fonctionnera pas, ou du moins pas sans quelques réglages additionnels).

Activer les options requises

Avant toute chose, activez l'utilisation du code et des pilotes en développement ou expérimentaux. C'est absolument nécessaire ; si vous ne le faites pas, des options très importantes ne seront pas affichées.

Exemple de code 3.2 : Sélectionner le code et les pilotes expérimentaux

Code maturity level options --->
  [*] Prompt for development and/or incomplete code/drivers

Allez à la section File Systems et activez le support nécessaire pour les systèmes de fichiers que vous utilisez. Ne les compilez pas sous forme de modules, sinon votre système Gentoo ne pourra pas monter vos partitions. Activez aussi Virtual memory, /proc file system et /dev file system + Automatically mount at boot.

Exemple de code 3.3 : Activer le support pour les systèmes de fichiers

(Avec un noyau 2.4.x)
File systems --->
  [*] Virtual memory file system support (former shm fs)
  [*] /proc file system support
  [*] /dev file system support (EXPERIMENTAL)
  [*]   Automatically mount at boot
  [ ] /dev/pts file system for Unix98 PTYs

(Avec un noyau 2.6.x)
File systems --->
  Pseudo Filesystems --->
    [*] /proc file system support
    [*] /dev file system support (OBSOLETE)
    [*]   Automatically mount at boot
    [*] Virtual memory file system support (former shm fs)
 (Sélectionnez le(s) système(s) de fichiers dont vous avez besoin.)
  <*> Reiserfs support
  <*> Ext3 journalling file system support
  <*> JFS filesystem support
  <*> Second extended fs support
  <*> XFS filesystem support

Si vous utilisez PPPoE ou un modem classique pour vous connecter à Internet, vous aurez besoin des options du noyau suivantes :

Exemple de code 3.4 : Sélection des pilotes PPPoE

(Avec un noyau 2.4.x)
Network device support --->
  <*> PPP (point-to-point protocol) support
  <*>   PPP support for async serial ports
  <*>   PPP support for sync tty ports

(Avec un noyau 2.6.x)
Device Drivers --->
  Networking support --->
    <*> PPP (point-to-point protocol) support
    <*>   PPP support for async serial ports
    <*>   PPP support for sync tty ports

Les deux options de compression ne vous feront pas de mal, mais ne sont pas absolument nécessaires. L'option PPP over Ethernet n'est pas obligatoire non plus, considérant qu'elle pourrait n'être utilisée que par rp-pppoe lorsque ce dernier est configuré pour utiliser PPPoE en mode noyau.

Si vous en avez besoin, n'oubliez pas d'ajouter le support pour votre carte ethernet.

Ensuite, activez le support du bus approprié :

Exemple de code 3.5 : Activer SBUS/UPA

Console drivers --->
  Frame-buffer support --->
    [*] SBUS and UPA framebuffers
      [*] Creator/Creator3D support     (Seulement pour le « UPA slot adapter » souvent présent dans les machines Ultra.)
    [*] CGsix (GX,TurboGX) support      (Seulement pour le « SBUS slot adapter » souvent présent dans les machines SPARCStations.)

Bien sûr, vous désirerez activer le support pour OBP :

Exemple de code 3.6 : Activer le support OBP

Misc Linux/SPARC drivers --->
  [*]  /dev/openprom device support

Vous aurez aussi besoin de pilotes SCSI spécifiques :

Exemple de code 3.7 : Activer les pilotes SCSI spécifiques

SCSI support --->
  SCSI low-level drivers --->
    <*> Sparc ESP Scsi Driver             (Seulement pour l'adaptateur SCSI intégré SPARC ESP.)
    <*> PTI Qlogic, ISP Driver            (Seulement pour les contrôleurs SCSI SBUS de PTI et QLogic.)
    <*> SYM53C8XX Version 2 SCSI support  (Seulement pour l'adaptateur SCSI intégré Ultra 60.)

Pour le support de votre carte réseau, choisissez une des options suivantes :

Exemple de code 3.8 : Activer le support réseau

Network device support --->
  Ethernet (10 or 100Mbit) --->
    <*> Sun LANCE support                  (Seulement pour les SPARCStation, les vieux systèmes Ultra et comme option Sbus.)
    <*> Sun Happy Meal 10/100baseT support (Seulement pour les Ultra ; supporte aussi le « qfe quad-ethernet » sur PCI et Sbus.)

Lorsque vous aurez terminé la configuration de votre noyau, poursuivez avec la section Compiler et installer. Après la compilation, vérifiez la taille du noyau :

Exemple de code 3.9 : Vérifier la taille du noyau

# ls -lh vmlinux
-rw-r--r--    1 root     root         2.4M Oct 25 14:38 vmlinux

Si la taille (sans compression) est supérieure à 2,5 Mo (pour Sparc32) ou à 3,5 Mo (pour Sparc64), reconfigurez votre noyau jusqu'à ce que sa taille ne dépasse plus cette limite. Une des façons de faire est de compiler la plupart des pilotes du noyau comme des modules. Si vous ignorez cette étape, vous obtiendrez peut-être un noyau incapable de démarrer.

Note : À partir de la version 2.6.3, les noyaux pour Sparc64 peuvent avoir une taille maximale de 7,5 Mo.

Toutefois, si votre noyau est un tout petit peu trop gros, vous pouvez essayer la commande strip pour le raccourcir :

Exemple de code 3.10 : Raccourcir le noyau

# strip -R .comment -R .note vmlinux

Compiler et installer

Maintenant que votre noyau est configuré, il est temps de le compiler et de l'installer. Quittez la configuration et exécutez make dep && make vmlinux modules modules_install :

Exemple de code 3.11 : Compiler le noyau

(pour les noyaux 2.4)
(Noyau 2.4 sur sparc32)
# make dep && make clean vmlinux modules modules_install

(Noyau 2.4 sur sparc64)
# make dep && make clean vmlinux image modules modules_install

(Noyau 2.6 sur sparc32)
# make && make modules_install

(Noyau 2.6 sur sparc64)
# make && make image modules_install

Lorsque la compilation est terminée, copiez l'image du noyau dans /boot.

Exemple de code 3.12 : Installer le noyau

(Noyau 2.4 sur sparc32)
# cp vmlinux /boot/kernel-2.4.26

(Noyau 2.4 sur sparc64)
# cp arch/sparc64/boot/image /boot/kernel-2.4.26

(Noyau 2.6 sur sparc32)
# cp arch/sparc/boot/image /boot/kernel-2.6.5

(Noyau 2.6 sur sparc64)
# cp arch/sparc64/boot/image /boot/kernel-2.6.5

(N'oubliez pas de copier le fichier System.map.)
# cp System.map /boot

Il est également sage de copier la configuration du noyau dans /boot. Juste au cas où... :)

Exemple de code 3.13 : Faire une copie de sécurité de la configuration du noyau

# cp .config /boot/config-2.4.26

Maintenant, poursuivez votre lecture avec Installer des modules du noyau individuels.

7.d. Installer des modules du noyau individuels

Configurer les modules

Vous devriez indiquer la liste des modules que vous souhaitez charger automatiquement dans /etc/modules.autoload.d/kernel-2.4 (ou kernel-2.6). Vous pouvez également ajouter des options aux modules si vous le souhaitez.

Pour dresser la liste des modules disponibles, exécutez la commande find tel qu'indiqué ci-dessous. N'oubliez pas de substituer <kernel version> par la version du noyau que vous venez juste de compiler :

Exemple de code 4.1 : Consulter la liste des modules disponibles

# find /lib/modules/<kernel version>/ -type f -iname '*.o' -or -iname '*.ko'

Par exemple, pour charger automatiquement le module 3c59x.o, spécifiez-le dans le fichier kernel-2.4 ou kernel-2.6 selon le noyau que vous utilisez.

Exemple de code 4.2 : Modifier le fichier /etc/modules.autoload.d/kernel-2.4

(Exemple pour un noyau 2.4.x)
# nano -w /etc/modules.autoload.d/kernel-2.4

Exemple de code 4.3 : Exemple de fichier /etc/modules.autoload.d/kernel-2.4 ou kernel-2.6

3c59x

Exécutez maintenant modules-update pour incorporer vos changements au fichier /etc/modules.conf :

Exemple de code 4.4 : Exécuter modules-update

# modules-update

Poursuivez l'installation avec Configurer votre système.

8. Configurer le système

8.a. Information sur le système de fichiers

Qu'est-ce que fstab ?

Sous Linux, toutes les partitions utilisées par le système doivent être listées dans /etc/fstab. Ce fichier contient l'information relative aux points de montage de ces partitions (où elles se situent dans le système de fichiers de Linux), à la façon dont elles sont montées (décrite par des options spéciales) et aux circonstances de leur montage (qui peut être automatique ou non, sous le contrôle des utilisateurs ou non, etc.). (N.D.T. : Bien que l'on emploie fréquemment l'expression « monter une partition », il serait plus exact de dire que l'on monte le système de fichiers présent sur la partition, et non pas la partition elle-même.)

Créer /etc/fstab

/etc/fstab emploie une syntaxe particulière. Chaque ligne contient six champs séparés par des blancs (un ou plusieurs espaces ou tabulations, ou encore un mélange d'espaces et de tabulations). Chaque champ a une signification particulière :

  • Le premier champ indique la partition (il s'agit du chemin d'accès vers le fichier matériel).
  • Le second champ indique le point de montage où la partition sera montée.
  • Le troisième champ indique le type de système de fichiers présent sur la partition.
  • Le quatrième champ indique les options de montage utilisées par mount lorsque cette commande tente de monter la partition. Puisque chaque type de système de fichiers a ses propres options de montage, vous êtes encouragé à lire la page man de la commande mount (man mount) pour obtenir une liste complète de ces options. Des options de montage multiples doivent être séparées par des virgules.
  • Le cinquième champ est utilisé par dump pour déterminer si la partition doit être « dumpée » ou non. Vous pouvez généralement laisser cette valeur à 0 (zéro).
  • Le sixième champ est utilisé par fsck afin de déterminer l'ordre dans lequel les systèmes de fichiers doivent être vérifiés si le système n'a pas été mis hors tension de façon appropriée. Pour le système de fichiers racine, la valeur devrait être 1. Pour les autres systèmes de fichiers, la valeur devrait être 2 (ou 0 s'il n'est pas nécessaire de vérifier le système de fichiers).

Vous devez modifier le fichier /etc/fstab qui a été installé par Gentoo, car celui-ci n'est qu'un exemple et votre système ne démarrera pas si vous le laissez tel quel. Ouvrez nano (ou votre éditeur favori) pour créer votre /etc/fstab :

Exemple de code 1.1 : Ouvrir /etc/fstab

# nano -w /etc/fstab

Jetons un coup d'œil à la façon d'écrire l'entrée correspondant à la partition /boot. Il ne s'agit que d'un exemple, aussi ne le copiez pas si votre architecture ne requiert pas de partition /boot (par exemple sur un PPC).

Dans notre exemple de stratégie de partitionnement par défaut pour les systèmes x86, /boot est sur la partition /dev/hda1 dans un système de fichiers ext2. Il doit être vérifié au démarrage. Nous écrivons donc :

Exemple de code 1.2 : Exemple d'une ligne pour /boot dans /etc/fstab

/dev/hda1   /boot     ext2    defaults        1 2

Certains utilisateurs ne désirent pas que leur partition /boot soit montée automatiquement au démarrage pour des raisons de sécurité. Dans ce cas, il convient de remplacer defaults par noauto. Ceci signifie que la partition /boot devra être montée manuellement avant chaque usage, par exemple pour installer un nouveau noyau et configurer grub.

Afin d'améliorer les performances, la plupart des utilisateurs devraient ajouter l'option noatime au champ options de montage, ce qui donnera un système plus rapide puisque les temps d'accès ne seront pas consignés. De toute façon, vous n'en avez généralement pas besoin.

Exemple de code 1.3 : Une ligne améliorée pour /boot dans /etc/fstab

/dev/hda1   /boot     ext2    defaults,noatime     1 2

Poursuivons l'exemple avec ces trois lignes qui détaillent les partitions montées sur /boot et sur /, et la partition de la mémoire virtuelle :

Exemple de code 1.4 : Trois lignes de /etc/fstab

/dev/hda1   /boot     ext2    noauto,noatime       1 2
/dev/hda2   none      swap    sw                   0 0
/dev/hda3   /         ext3    noatime              0 1

Pour terminer, vous devriez ajouter des entrées pour /proc, tmpfs (nécessaire) et pour votre lecteur de CD-ROM (et, bien sûr, pour vos autres partitions et vos autres disques, si vous en avez).

Exemple de code 1.5 : Un exemple complet de /etc/fstab

/dev/hda1   /boot     ext2    noauto,noatime       1 2
/dev/hda2   none      swap    sw                   0 0
/dev/hda3   /         ext3    noatime              0 1

none        /proc     proc    defaults             0 0
none        /dev/shm  tmpfs   nodev,nosuid,noexec  0 0

/dev/cdroms/cdrom0    /mnt/cdrom    auto      noauto,user    0 0

L'option auto indique à mount de tenter de deviner le type du système de fichiers (ce qui est recommandé pour les périphériques amovibles puisqu'ils peuvent contenir différents types de systèmes de fichiers). L'option user permet aux utilisateurs (autres que root) de monter le système de fichiers (en l'occurrence celui présent sur le CD-ROM).

Utilisez l'exemple ci-dessus pour créer votre /etc/fstab. Si vous utilisez un système SPARC, vous devriez également ajouter la ligne suivante à /etc/fstab :

Exemple de code 1.6 : Ajouter le système de fichiers openprom à /etc/fstab

none        /proc/openprom  openpromfs    defaults      0 0

Si vous avez besoin de usbfs, ajoutez la ligne suivante à votre /etc/fstab :

Exemple de code 1.7 : Ajouter le système de fichiers usbfs à /etc/fstab

none        /proc/bus/usb   usbfs         defaults      0 0

Relisez votre /etc/fstab, sauvegardez, puis quittez l'éditeur.

8.b. Information réseau

Nom d'hôte, nom de domaine, etc.

Une des choses que chaque utilisateur doit faire est nommer son PC. Cela peut sembler aisé, mais de nombreux utilisateurs ont bien du mal à trouver un nom approprié pour leur PC-Linux. Afin d'accélérer les choses, dites-vous que le nom que vous choisissez maintenant pourra être changé plus tard. Si vous êtes embêté, nommez temporairement votre système tux et choisissez homenetwork comme nom de domaine.

Nous utiliserons ces valeurs dans les exemples suivants. Premièrement, définissons le nom d'hôte :

Exemple de code 2.1 : Définir le nom d'hôte

# echo tux > /etc/hostname

Deuxièmement, définissons le nom de domaine :

Exemple de code 2.2 : Définir le nom de domaine

# echo homenetwork > /etc/dnsdomainname

Si vous avez un domaine NIS, vous devez également le définir : (Si vous ne savez pas ce qu'est un domaine NIS, vous n'en avez certainement pas.)

Exemple de code 2.3 : Définir le domaine NIS

# echo nis.homenetwork > /etc/nisdomainname

Maintenant, ajoutez le script domainname au niveau d'exécution « default » :

Exemple de code 2.4 : Ajouter domainname au niveau d'exécution « default »

# rc-update add domainname default

Configurer le réseau

Si vous éprouvez une sensation de déjà-vu, souvenez-vous que les paramètres réseau que vous avez définis au début de l'installation ne concernaient que l'installation elle-même. Vous devez maintenant vous attarder à la configuration permanente du réseau pour votre système Gentoo.

Toute l'information réseau est rassemblée dans /etc/conf.d/net. Ce fichier utilise une syntaxe simple mais pas nécessairement intuitive si vous ne savez pas comment paramétrer manuellement un réseau. Pas d'inquiétude, tout vous sera expliqué :)

D'abord, ouvrez /etc/conf.d/net avec votre éditeur favori : (nano est utilisé dans cet exemple.)

Exemple de code 2.5 : Ouvrir /etc/conf.d/net afin de l'éditer

# nano -w /etc/conf.d/net

La première variable que vous rencontrerez est iface_eth0. Elle utilise la syntaxe suivante :

Exemple de code 2.6 : Syntaxe de iface_eth0

iface_eth0="<votre adresse IP> broadcast <votre adresse de diffusion> netmask <votre masque réseau>"

Si vous utilisez DHCP (attribution automatique de l'adresse IP), vous devriez simplement attribuer la valeur dhcp à la variable iface_eth0. Si vous utilisez rp-pppoe (pour l'ADSL par exemple), attribuez-lui la valeur up. Si vous devez paramétrer votre réseau manuellement et que vous n'êtes pas familier avec les termes ci-dessus, lisez la section Comprendre la terminologie des réseaux (si ne n'est déjà fait).

Voici trois exemples : le premier utilise DHCP, le deuxième une adresse IP statique (192.168.0.2) avec le masque réseau 255.255.255.0, l'adresse de diffusion 192.168.0.255 et la passerelle 192.168.0.1, et le troisième active l'interface pour une connexion rp-pppoe.

Exemple de code 2.7 : Exemples pour /etc/conf.d/net

(Avec DHCP)
iface_eth0="dhcp"
# Certains administrateurs de réseau imposent l'utilisation des
# noms de machine et de domaine attribués par le serveur DHCP.
# Dans ce cas, utilisez les options -HD pour les prendre en compte.
# Ces valeurs seront utilisés à la place des valeurs que vous avez définies.
dhcpcd_eth0="-HD"
# Si vous comptez utiliser NTP pour garder votre système à l'heure, utilisez
# l'option -N pour empêcher dhcpcd d'écraser votre fichier /etc/ntp.conf.
dhcpcd_eth0="-N"

(Avec une adresse IP statique)
iface_eth0="192.168.0.2 broadcast 192.168.0.255 netmask 255.255.255.0"
gateway="eth0/192.168.0.1"

(Pour rp-pppoe)
iface_eth0="up"

Si vous avez plusieurs interfaces réseau, créez des variables iface_eth supplémentaires telles que iface_eth1, iface_eth2, etc. La variable gateway ne devrait pas être dupliquée puisque vous ne pouvez avoir qu'une seule passerelle par ordinateur.

Sauvegardez votre configuration, puis quittez l'éditeur afin de poursuivre.

Activer les connexions réseau automatiquement au démarrage

Pour que vos interfaces réseau soient activées automatiquement lors du démarrage, vous devez les ajouter au niveau d'exécution « default ». Si vous avez des interfaces PCMCIA, vous devriez ignorer cette section puisque les interfaces PCMCIA sont activées par le script PCMCIA.

Exemple de code 2.8 : Ajouter net.eth0 au niveau d'exécution « default »

# rc-update add net.eth0 default

Si vous avez plusieurs interfaces réseau, vous devez créer les scripts appropriés (net.eth1, net.eth2 etc.). Pour ce faire, utilisez ln :

Exemple de code 2.9 : Créer des scripts d'initialisation supplémentaires

# cd /etc/init.d
# ln -s net.eth0 net.eth1
# rc-update add net.eth1 default

Noter l'information relative au réseau

Vous devez maintenant fournir à Linux l'information relative à votre réseau. Cela est défini dans /etc/hosts et permet de faire le lien entre les noms d'hôtes et les adresses IP pour les hôtes qui ne sont pas gérés par le serveur de noms. Par exemple, si votre réseau interne consiste en trois ordinateurs nommés jenny (192.168.0.5), benny (192.168.0.6) et tux (192.168.0.7 - le présent système), vous devriez ouvrir /etc/hosts et y inscrire :

Exemple de code 2.10 : Ouvrir /etc/hosts

# nano -w /etc/hosts

Exemple de code 2.11 : Noter l'information réseau

127.0.0.1     localhost
192.168.0.5   jenny.homenetwork jenny
192.168.0.6   benny.homenetwork benny
192.168.0.7   tux.homenetwork   tux

Si votre système est le seul système en présence (ou si votre serveur de noms gère la résolution de tous les noms d'hôtes), une seule ligne suffit. Par exemple, si vous voulez appeler votre système tux.homenetwork :

Exemple de code 2.12 : /etc/hosts pour les PC solitaires ou complètement intégrés

127.0.0.1     tux.homenetwork tux localhost

Sauvegardez et quittez l'éditeur afin de poursuivre.

Si vous n'avez pas de PCMCIA, vous pouvez maintenant poursuivre avec Information système. Les utilisateurs de PCMCIA devraient lire ce qui suit :

Facultatif : Activer PCMCIA

Note : pcmcia-cs est uniquement disponible sur les plates-formes x86, AMD64 et PPC.

Les utilisateurs de PCMCIA devraient d'abord installer le paquet pcmcia-cs. Les utilisateurs de noyaux 2.6.x doivent aussi installer ce paquet même si les pilotes installés par ce paquet ne seront pas utilisés. L'ajout de USE="-X" est nécessaire pour éviter d'installer xorg-x11 en même temps :

Exemple de code 2.13 : Installer pcmcia-cs

# USE="-X" emerge pcmcia-cs

Lorsque pcmcia-cs est installé, ajoutez pcmcia au niveau d'exécution « default ».

Exemple de code 2.14 : Ajouter pcmcia au niveau d'exécution « default »

# rc-update add pcmcia default

8.c. Information système

Mot de passe root

Pour commencer, définissons le mot de passe root en tapant :

Exemple de code 3.1 : Définition du mot de passe root

# passwd

Si vous voulez pouvoir vous identifier en tant que root en passant par la console série, ajoutez tts/0 à /etc/securetty :

Exemple de code 3.2 : Ajout de tts/0 à /etc/securetty

# echo "tts/0" >> /etc/securetty

Informations sur le système

Gentoo utilise /etc/rc.conf pour la configuration générale qui s'applique à l'ensemble du système. Ouvrez /etc/rc.conf et appréciez les commentaires qui s'y trouvent :)

Exemple de code 3.3 : Ouvrir /etc/rc.conf

# nano -w /etc/rc.conf

Comme vous pouvez le voir, ce fichier est généreusement commenté afin de vous aider à paramétrer les différentes variables relatives à la configuration. Faites particulièrement attention à la variable KEYMAP qui définit la disposition des touches de votre clavier. Si vous sélectionnez une mauvaise valeur, votre clavier ne fonctionnera pas correctement, c'est-à-dire que les touches ne correspondront pas aux caractères que vous taperez.

Note : Si vous utilisez un système SPARC avec USB ou un clone de SPARC, vous devrez peut-être sélectionner une disposition clavier « i386 » (par exemple « us ») au lieu de « sunkeymap ».

La plupart des systèmes PPC utilisent des définitions de clavier x86. Si vous voulez utiliser une disposition ADB, vous devez l'activer quand vous compilez votre noyau et ensuite définir une disposition mac/ppc dans rc.conf.

Lorsque vous aurez fini de configurer /etc/rc.conf, sauvegardez puis quittez l'éditeur. Poursuivez ensuite votre lecture avec l'installation des outils systèmes.

9. Installer les outils système

9.a. Système de journalisation des événements

Quand nous avons expliqué ce qu'est l'étape3, nous avons dit qu'elle contient tous les outils système que nous imposons aux utilisateurs. Nous avons ajouté que nous installerons les autres plus tard. Eh bien, nous y voilà :)

Le premier outil que vous devez choisir devra enregistrer les étapes du démarrage du système. Unix et Linux ont une histoire riche en systèmes de journalisation. Si vous le voulez, vous pouvez enregistrer tous ce qui se passe sur votre système dans des fichiers de journalisation. Cela se passe via le système de journalisation.

Gentoo offre le choix entre différents systèmes de journalisation. Il y a sysklogd qui est l'ensemble d'utilitaires traditionel, syslog-ng, un système de journalisation avancé, et metalog qui est un système de journalisation hautement configurable. D'autres sont peut-être disponibles, car le nombre de paquets dans Portage ne cesse de croître.

Si vous ne savez pas lequel prendre, utilisez metalog car il très puissant et il fournit une excellente configuration par défaut.

Pour installer le système de journalisation de votre choix, utilisez emerge puis ajoutez-le au niveau d'exécution « default » avec la commande rc-update. L'exemple suivant installe metalog. Bien sûr, n'oubliez pas d'y substituer le nom de votre système de journalisation.

Attention : L'archive du stage3 de la version 2004.2 de Gentoo contient par erreur le système de journalisation sysklogd. Vous devrez le désinstaller si vous souhaitez en utiliser un autre.

Exemple de code 1.1 : Installer un système de journalisation

(D'abord, enlevez sysklogd si vous avez utilisé une archive stage3.)
# emerge unmerge sysklogd
(Vous devez aussi enlever le script de démarrage de sysklogd.)
# rm /etc/init.d/sysklogd

(Maintenant, installez le système de journalisation de votre choix.)
# emerge metalog
# rc-update add metalog default

9.b. Facultatif : le démon Cron

Bien qu'il ne soit pas nécessaire pour votre système, il est judicieux d'installer un démon « cron ». Mais qu'est-ce qu'un tel démon ? Un démon « cron » exécute des commandes planifiées. Il est très utile si vous avez besoin de lancer des commandes régulièrement (par exemple journalièrement, hebdomadairement, mensuelement).

La Gentoo offre trois possibilités de démon cron : dcron, fcron et vixie-cron. En installer un est similaire à installer un système de journalisation. Cependant, dcron et fcron requièrent une commande de configuration supplémentaire, crontab /etc/crontab. Si vous ne savez pas lequel choisir, utilisez vixie-cron.

Seul le paquet vixie-cron est disponible lors d'une installation sans réseau. Si vous préférez en installer un autre, vous pouvez attendre et l'installer quand vous le pourrez.

Exemple de code 2.1 : Installer un démon cron

# emerge vixie-cron
# rc-update add vixie-cron default
(Seulement si vous avez choisi dcron ou fcron.) # crontab /etc/crontab

9.c. Facultatif : indexation des fichiers

Si vous voulez indexer vos fichiers pour pouvoir les retrouver rapidement grâce à l'outil locate, vous devez installer le paquet sys-apps/slocate.

Note : Si vous n'utilisez pas les profils en cascade, slocate fait déjà partie de votre système. Les profils en cascade ne sont pas encore utilisés par défaut ; si vous ne savez pas de quoi il s'agit, vous pouvez ignorer ceci, car vous n'utilisez pas les profils en cascade.

Exemple de code 3.1 : Installer slocate

# emerge slocate

9.d. Outils du système de fichiers

En fonction du système de fichiers que vous utilisez, vous devez installer ses utilitaires (pour vérifier l'intégrité du système de fichiers, pour ajouter des systèmes de fichiers, etc.).

La table suivante liste les outils à installer en fonction du système de fichiers.

Système de fichiers Outil Commande d'installation
XFS xfsprogs emerge xfsprogs
ReiserFS reiserfsprogs emerge reiserfsprogs
JFS jfsutils emerge jfsutils

Si vous n'avez pas besoin d'outils supplémentaires relatif au réseau tels que rp-pppoe ou un client DHCP, continuez avec la Configuration du chargeur de démarrage.

9.e. Outils réseau

Facultatif : installer un client DHCP

Si vous voulez que votre système acquière une adresse IP automatiquement, vous devez installer dhcpcd (ou tout autre client DHCP). Si vous ne le faites pas, vous risquez de ne pas pouvoir vous connecter à internet après avoir fini l'installation.

Note : Si vous n'installez pas Gentoo en utilisant des profils en cascade, dhcpcd est déjà inclus dans votre système. Les profils en cascade ne sont pas encore utilisés par défaut ; si vous ne savez pas de quoi il s'agit, vous ne les utlisez pas et dhcpcd est déjà installé sur votre système.

Exemple de code 5.1 : Installer dhcpcd

# emerge dhcpcd

Facultatif : installer un client PPPoE

Si vous avez besoin de rp-pppoe pour vous connecter à Internet, vous devrez l'installer.

Exemple de code 5.2 : Installer rp-pppoe

# USE="-X" emerge rp-pppoe

La variable USE="-X" désactivera l'installation de xorg-x11 en temps que dépendance (rp-pppoe a des outils graphiques ; si vous voulez les activer, vous pourrez recompiler rp-pppoe plus tard ou vous pouvez installer xorg-x11 maintenant -- cela prendra alors beaucoup de temps).

Poursuivez avec la configuration du chargeur de démarrage.

10. Configurer le chargeur de démarrage

10.a. Faites votre choix

Introduction

Maintenant que votre noyau est configuré et compilé et que les fichiers de configuration du système sont correctement renseignés, il est temps d'installer le programme qui charge le noyau au démarrage de votre machine. Un tel programme est appelé un chargeur de démarrage (« bootloader » en anglais).

10.b. Installer le chargeur de démarrage pour SPARC : SILO

Installons le chargeur de démarrage amélioré pour Sparc SILO (Sparc Improved boot LOader).

Exemple de code 2.1 : Installer SILO

# emerge silo

Ensuite, créez le fichier /etc/silo.conf avec votre éditeur favori (notre exemple utilise nano).

Exemple de code 2.2 : Créer le fichier /etc/silo.conf

# nano -w /etc/silo.conf

Vous trouverez un exemple de fichier silo.conf ci-dessous. Nous utilisons les partitions telles que créées plus tôt dans ce manuel et une image de noyau nommée kernel-2.4.24.

Exemple de code 2.3 : Exemple de /etc/silo.conf

partition = 1         # Partition de démarrage
root = /dev/hda4      # Partition principale (root)
timeout = 150         # Délai de 15 secondes avant de démarrer l'entrée par défaut

image = /boot/kernel-2.4.24
  label = linux

Si vous utilisez l'exemple silo.conf installé par Portage, mettez toutes les lignes que vous n'utilisez pas en commentaire.

Si le disque physique sur lequel vous installez SILO comme chargeur de démarrage n'est pas le même disque que celui qui contient /etc/silo.conf, vous devez copier ce fichier sur une partition de ce disque. En supposant que /boot est une partition séparée de ce disque, copiez le fichier de configuration dans /boot et lancez /sbin/silo :

Exemple de code 2.4 : Uniquement /boot et SILO sont sur le même disque

# cp /etc/silo.conf /boot
# /sbin/silo -C /boot/silo.conf
/boot/silo.conf appears to be valid

Sinon, lancez simplement /sbin/silo :

Exemple de code 2.5 : Exécuter silo

# /sbin/silo
/etc/silo.conf appears to be valid

Vous pouvez maintenant poursuivre avec le redémarrage du système.

10.c. Redémarrage du système

Sortez de l'environnement chroot et démontez toutes les partitions montées. Ensuite, tapez la commande magique tant attendue : reboot.

Exemple de code 3.1 : Sortie du chroot, démontage des partitions et redémarrage

# exit
cdimage ~# cd
cdimage ~# umount /mnt/gentoo/boot /mnt/gentoo/proc /mnt/gentoo
cdimage ~# reboot

Bien entendu, n'oubliez pas de retirer le CD du lecteur car sinon le système redémarrera dessus au lieu de démarrer sur votre nouveau système Gentoo.

Une fois le système Gentoo démarré, concluez avec la finalisation de l'installation.

11. Finaliser votre installation

11.a. Administration des utilisateurs

Ajouter un utilisateur pour une utilisation quotidienne

Travailler en temps que root sur un système Unix/Linux est dangereux et devrait être évité aussi souvent que possible. Par conséquent, il est vivement recommandé d'ajouter un utilisateur pour une utilisation quotidienne.

Les actions qu'un utilisateur a le droit de faire sont définies par les groupes dont l'utilisateur est membre. Le tableau ci-dessous liste quelques groupes importants :

Groupe Description
audio accès autorisé aux périphériques audio
cdrom accès autorisé aux lecteurs de CD-ROM
floppy accès autorisé au lecteur de disquettes
games accès aux jeux
usb accès autorisé aux périphériques USB
video accès autorisé au matériel de capture vidéo et à l'accélération matérielle
wheel commande su utilisable

Par exemple, pour créer un utilisateur nommé john qui est membre des groupes wheel , users et audio, identifiez-vous en tant qu'utilisateur root (seul root peut créer des comptes) et faites  :

Exemple de code 1.1 : Ajouter un compte pour une utilisation de tous les jours

Login: root
Password: (votre mot de passe root)

# useradd -m -G users,wheel,audio,tty -s /bin/bash john
# passwd john
Password: (tapez le mot de passe pour john)
Re-enter password: (retapez-le pour vérifier)

Si cet utilisateur à besoin d'utiliser le compte root, il peut utiliser su - pour obtenir les privilèges root. Un autre moyen est d'utiliser le paquet sudo qui est, s'il est configuré correctement, très sécurisé.

11.b. Facultatif : installation de paquets supplémentaires

Important : Cette partie est réservée aux utilisateurs de GRP. Les autres utilisateurs devraient passer cette étape et continuer avec Et que faire ensuite ?

Maintenant que votre système a démarré, connectez-vous avec le compte utilisateur que vous avez créé précédemment (par exemple, john) et utilisez su - pour obtenir les privilèges root :

Exemple de code 2.1 : Obtenir les privilèges root

$ su -
Password: (Tapez le mot de passe de root.)

Maintenant, nous devons indiquer à Portage que les binaires précompilés se trouvent sur le second CD-ROM (le « Packages CD » qui contient les paquets). Tout d'abord, montez celui-ci :

Exemple de code 2.2 : Monter le CD qui contient les paquets précompilés

(Mettez le « PackageCD » dans le lecteur.)
# mount /mnt/cdrom

Maintenant, indiquez à Portage que les paquets précompilés se trouvent sur le CD-ROM dans /mnt/cdrom.

Exemple de code 2.3 : Configurer Portage pour utiliser /mnt/cdrom

# ls /mnt/cdrom
(Si vous voyez un répertoire /mnt/cdrom/packages.)
# export PKGDIR="/mnt/cdrom/packages"

(Sinon)
# export PKGDIR="/mnt/cdrom"

Maintenant, installez les paquets que vous voulez. Le « Packages CD » contient plusieurs binaires précompilés, par exemple pour KDE :

Exemple de code 2.4 : Installer KDE

# emerge --usepkg kde

Assurez-vous d'installer les binaires maintenant. Quand vous ferez un emerge --sync pour mettre l'arbre de Portage à jour (vous apprendrez cela plus tard), les binaires précompilés ne correspondront plus avec les ebuilds du nouvel arbre de Portage. Vous pouvez essayer d'empêcher cela en utilisant emerge --usepkgonly à la place de emerge --usepkg.

Félicitations, votre système est maintenant totalement installé ! Continuez avec Et que faire ensuite ? pour en apprendre plus à propos de Gentoo.

12. Et que faire ensuite ?

12.a. Documentation

Félicitations ! Vous avez maintenant un système Gentoo utilisable. Mais que pouvez-vous en faire ? Quelle sont les options ? Que pouvez-vous explorer maintenant ? Gentoo donne beaucoup de possibilités à ses utilisateurs, et donc beaucoup de fonctionnalités documentées (et d'autres qui le sont moins).

Vous devriez vraiment regarder la partie suivante du manuel Gentoo : Utiliser Gentoo qui explique comment garder votre système à jour, installer des logiciels supplémentaires, quelles sont les options de USE, comment le système d'initialisation de Gentoo fonctionne, etc.

Si vous êtes intéressé par l'optimisation de votre système pour une utilisation graphique ou que vous voulez apprendre comment configurer votre système pour qu'il soit entièrement fonctionnel en mode graphique, consultez la Documentation Gentoo relative au bureau.

Pour une liste complète de la documentation disponible, regardez notre Centre de documentation Gentoo.

12.b. Gentoo en Ligne

Vous êtes bien sûr invité sur les Forums Gentoo (en anglais) et sur le Forum Gentoo francophone, ou sur un de nos nombreux canaux IRC Gentoo en anglais, en français, et bien d'autres langues.

Nous avons aussi quelques listes de diffusion (N.D.T. : surtout en anglais, mais il y a aussi des listes francophones) ouvertes à tous les utilisateurs. Cette page vous explique comment y participer.

Nous nous taisons et vous laissons apprécier votre installation :)

B. Utiliser Gentoo

1. Introduction à Portage

1.a. Bienvenue dans le monde de Portage

Portage est probablement l'innovation de Gentoo la plus remarquable en ce qui concerne la gestion des logiciels. Sa grande flexibilité et ses nombreuses fonctionnalités font parfois dire de Portage qu'il est le meilleur outil de gestion des logiciels pour Linux.

Portage a été écrit en Python et en Bash qui sont tous les deux des langages scriptés, c'est-à-dire que 100 % du code source est installé et consultable sur tous les systèmes Gentoo.

La plupart des utilisateurs interagiront avec Portage via la commande emerge. Ce chapitre n'a pas pour vocation de dupliquer toute l'information disponible dans la page man de emerge. Pour consulter la page man, faites :

Exemple de code 1.1 : Consulter la page man de emerge

$ man emerge

1.b. L'arbre Portage

Les ebuilds

Quand nous parlons de paquets, nous parlons des logiciels qui sont disponibles dans Gentoo grâce à l'arbre de Portage. Celui-ci est un ensemble d'ebuilds qui sont en fait des fichiers qui donnent toutes les informations nećessaires à Portage pour installer un logiciel. Par défaut, ces ebuilds se trouvent dans /usr/portage.

Dès que vous employez Portage pour une action relative aux paquets, il utilisera les ebuilds de votre système. Il est donc important de maintenir les ebuilds de votre système à jour pour que Portage puisse installer des nouvelles versions des logiciels que vous utilisez ou des correctifs de failles de sécurité.

Mise à jour de l'arbre Portage

L'arbre Portage est généralement mis à jour avec rsync, qui est un outil de transfert de fichiers incrémental. La mise à jour se fait simplement avec la commande emerge. L'utilisation de rsync est tout à fait transparente :

Exemple de code 2.1 : Mettre l'arbre Portage à jour

# emerge --sync

Si vous ne pouvez pas utiliser rsync à cause, par exemple, d'un pare-feu, vous pouvez quand même mettre votre arbre Portage à jour avec la commande emerge-webrsync. Celle-ci télécharge le dernier instantané de l'arbre Portage et l'installe sur votre système. Un instantané est généré automatiquement chaque jour sur les miroirs de Gentoo.

Exemple de code 2.2 : Utiliser emerge-webrsync

# emerge-webrsync

1.c. Gérer vos logiciels

Rechercher un paquet

Pour rechercher un logiciel dans l'arbre Portage, vous pouvez utiliser emerge. En effet, la commande emerge search affiche la liste des paquets dont le titre correspond plus ou moins au terme recherché.

Par exemple, pour trouver tous les paquets dont le nom contient « pdf », vous utiliseriez :

Exemple de code 3.1 : Trouver les paquets dont le nom contient « pdf »

$ emerge search pdf

Si vous voulez aussi chercher dans les descriptions, utilisez l'option --searchdesc (ou -S) :

Exemple de code 3.2 : Trouver les paquets relatifs à « pdf »

$ emerge --searchdesc pdf

La liste des paquets affichés contient quelques informations utiles pour chaque paquet. Les libellés sont explicites et nous n'en dirons pas plus ici.

Exemple de code 3.3 : Exemple de résultat d'une recherche

*  net-print/cups-pdf
      Latest version available: 1.5.2
      Latest version installed: [ Not Installed ]
      Size of downloaded files: 15 kB
      Homepage:    http://cip.physik.uni-wuerzburg.de/~vrbehr/cups-pdf/
      Description: Provides a virtual printer for CUPS to produce PDF files.
      License:     GPL-2

Installer des logiciels

Une fois que vous avez identifié un paquet que vous voulez installer, il vous suffit d'utiliser la commande emerge suivie du nom du paquet pour l'installer. Par exemple, pour installer gnumeric :

Exemple de code 3.4 : Installer gnumeric

# emerge gnumeric

De nombreuses applications dépendent d'autres paquets. Par conséquent, quand vous installez un logiciel, il se peut que Portage en installe d'autres qui sont nécessaires au bon fonctionnement du paquet que vous installez. Si vous voulez connaître la liste des paquets que Portage installerait si vous installiez un paquet donné, vous pouvez utiliser l'option --pretend. Un exemple :

Exemple de code 3.5 : Lister les paquets à installer pour gnumeric

# emerge --pretend gnumeric

Quand vous installez un paquet avec Portage, il télécharge les sources nécessaires et les sauve dans le répertoire /usr/portage/distfiles. Ensuite, Portage décompresse l'archive, compile son contenu et installe le logiciel. Si vous voulez télécharger les sources sans installer le paquet, utilisez l'option --fetchonly. Par exemple, pour télécharger les sources de gnumeric :

Exemple de code 3.6 : Télécharger les sources de gnumeric

# emerge --fetchonly gnumeric

Supprimer un paquet

Pour désinstaller un paquet de votre système, utilisez emerge unmerge. Cette commande supprime les fichiers qui avaient été installés par Portage, mais ne supprime pas les fichiers de configuration si vous les avez modifiés après l'installation. Cela vous permet de réutiliser vos fichiers de configuration si vous réinstallez le paquet plus tard.

Cependant, un avertissement est de mise :Portage ne vérifie pas que le paquet que vous supprimez est nécessaire au bon fonctionnement d'un autre paquet. Toutefois, un message s'affichera si vous essayez de supprimer un paquet important dont la disparition causerait de graves problèmes.

Exemple de code 3.7 : Supprimer gnumeric de votre système

# emerge unmerge gnumeric

Quand vous supprimez un paquet, les paquets dont il dépend qui avaient été installés initialement ne seront pas désinstallés automatiquement. Pour que Portage recherche les dépendances qui peuvent être supprimées, utilisez l'option depclean. Nous en reparlerons plus loin.

Mettre votre système à jour

Pour maintenir votre système en bon état et disposer des correctifs de failles de sécurité, vous devriez le mettre à jour régulièrement. Puisque Portage ne se base que sur les ebuilds de votre machine, vous devez vous assurez que votre arbre Portage est à jour. Une foir votre arbre Portage à jour, vous pouvez mettre votre système à jour avec la commande emerge --update world :

Exemple de code 3.8 : Mettre votre système à jour

# emerge --update world

Portage recherche alors des versions plus récentes des logiciels que vous avez installés explicitement et uniquement ceux-là. Portage ignorera les paquets qui ont été installés automatiquement pour qu'un paquet que vous avez demandé puisse être installé. Si vous voulez que Portage prenne ces paquets en considération, utilisez l'option --deep :

Exemple de code 3.9 : Mettre tout votre système à jour

# emerge --update --deep world

Si vous avez modifié les otions de la variable USE, vous devriez également ajouter l'option --newuse pour que Portage vérifie si certains paquets ne doivent pas être recompilés. Par exemple :

Exemple de code 3.10 : Une mise à jour complète

# emerge --update --deep --newuse world

Les paquets sans contenu

Certains paquets ne contiennent aucun logiciel, mais servent à installer un ensemble de paquets. Par exemple, le paquet kde sert à installer un environnement KDE complet et provoque l'installation d'un grand nombre de paquets relatifs à KDE.

Supprimer un tel paquet avec la commande emerge unmerge n'aurait aucune influence sur votre système puisque tous les paquets dépendants resteraient installés.

Portage permet de supprimer les dépendances orphelines, mais, pour cela, vous devez d'abord mettre votre système complètement à jour en tenant compte d'éventuelles modifications apportées à votre variable USE. Vous pouvez ensuite utiliser emerge depclean pour supprimer les dépendances orphelines. Par après, vous devriez recompiler les applications qui étaient liées dynamiquement avec les paquets que vous venez de supprimer. Les paquets désinstallés ne sont plus nécessaires à la bonne marche de ces applications.

Tout cela peut être résumé en trois commandes :

Exemple de code 3.11 : Supprimer les dépendances orphelines

# emerge --update --deep --newuse world
# emerge depclean
# revdep-rebuild

La commande revdep-rebuild fait partie du paquet gentoolkit ; n'oubliez pas de l'installer :

Exemple de code 3.12 : Installer gentoolkit

# emerge gentoolkit

1.d. Quand Portage se plaint...

À propos des « SLOTs », paquets virtuels, branches, architectures et profils

Comme nous l'avons déjà dit, Portage est très puissant et offre de nombreuses fonctionnalités que d'autres gestionnaires de logiciels n'ont pas. Survolons les différents aspects de Portage.

Portage permet à plusieurs versions d'un même paquet de cohabiter sur le même système. D'autres distributions ont tendance à renommer les paquets en fonction de la version (par exemple freetype et freetype2) alors que Portage utilise des « SLOTs ». Un ebuild peut placer chaque version du logiciel dans un slot et des versions qui sont dans des slots différents peuvent être installées en même temps. Par exemple, le paquet freetype a des versions avec SLOT="1" et SLOT="2".

Dans certains cas, différents paquets installent la même fonctionnalité. Par exemple, metalogd, sysklogd et syslog-ng gèrent tous le jounal du système, mais un logiciel qui dépendrait du journal système ne peut pas dépendre directement de metalogd ou d'un autre. Le système doit aussi fonctionner si l'utilisateur a choisi un autre gestionnaire de journal. Portage permet de définir des paquets virtuels. Les trois paquets cités ci-dessus fournissent la fonctionnalité virtual/syslog et les paquets qui ont besoin d'un journal système dépendent de celle-ci.

Portage classe les paquets dans plusieurs branches. Par défaut, votre système n'accepte que les paquets que Gentoo considère stables. Bien souvent, quand une nouvelle version d'un logiciel sort, elle est d'abord ajoutée à la branche dite « instable », ce qui signifie que plus de tests sont nécessaires avant de considérer le logiciel comme stable. Vous verrez les paquets dits instables dans votre arbre, mais Portage ne les installera pas automatiquement avant qu'ils ne soient stabilisés.

Certains logiciels ne sont disponibles que pour certaines architectures ou ne fonctionnent pas du tout sur d'autres. Parfois, un logiciel a besoin de plus de tests sur une architecture donnée ou les développeurs responsables d'un paquet n'ont pas la possibilité de le valider pour d'autres processeurs.

Chaque installation de Gentoo appartient à un profil qui contient la liste des paquets qui forment un système minimal.

Paquets bloqués

Exemple de code 4.1 : Avertissement à propos d'un paquet bloquant (avec --pretend)

[blocks B     ] gnome-base/bonobo-activation (from pkg gnome-base/libbonobo-2.4.0)

Exemple de code 4.2 : Avertissement à propos d'un paquet bloquant (sans --pretend)

!!! Error: the gnome-base/bonobo-activation package conflicts with another package.
!!!        both can't be installed on the same system together.
!!!        Please use 'emerge --pretend' to determine blockers.

Les ebuilds contiennent des informations relatives aux dépendances des logiciels entre eux. Il y a deux sortes de dépendances : les dépendances à l'installation définies par DEPEND et les dépendances à l'utilisation définies dans RDEPEND. Un blocage peut se produire quand un paquet est considéré incompatible avec une dépendance.

Pour résoudre un tel blocage, vous pouvez soit ne pas installer le logiciel en question, soit désinstaller le paquet qui bloque. Dans l'exemple ci-dessus, vous auriez le choix entre ne pas installer libbonobo ou d'abord désinstaller bonobo-activation.

Les paquets masqués

Exemple de code 4.3 : Avertissement à propos de paquets masqués

!!! all ebuilds that could satisfy "bootsplash" have been masked.

Exemple de code 4.4 : Avertissement à propos de paquets masqués avec la raison

!!! possible candidates are:

- gnome-base/gnome-2.8.0_pre1 (masked by: ~x86 keyword)
- lm-sensors/lm-sensors-2.8.7 (masked by: -sparc keyword)
- sys-libs/glibc-2.3.4.20040808 (masked by: -* keyword)
- dev-util/cvsd-1.0.2 (masked by: missing keyword)
- media-video/ati-gatos-4.3.0 (masked by: package.mask)
- sys-libs/glibc-2.3.2-r11 (masked by: profile)

Quand vous essayez d'installer un paquet qui n'est pas disponible pour votre système, vous recevez ce type d'erreur. Vous devriez essayer d'installer une autre application qui est disponible pour votre environnement ou attendre que le paquet devienne disponible. Un paquet est toujours masqué pour une bonne raison :

  • ~arch keyword indique que le paquet n'a pas été suffisamment testé et n'est pas encore dans la branche stable. Vous devriez essayer à nouveau quelques jours ou quelques semaines plus tard.
  • -arch keyword ou -* keyword indique que l'application ne fonctionne pas sur votre architecture. Si vous pensez le contraire, veuillez le signaler via bugzilla.
  • missing keyword indique que l'application n'a pas été testée sur votre architecture. Vous pouvez demander à l'équipe en charge de celle-ci de tester l'application qui vous intéresse ou la tester vous-même et soumettre vos résultats sur bugzilla.
  • package.mask indique que le paquet est cassé, instable, voire pire et qu'il a été masqué pour que vous ne l'utilisiez pas.
  • profile indique que le paquet n'est pas compatible avec votre profil. L'application pourrait abîmer votre système.

Dépendances manquantes

Exemple de code 4.5 : Avertissement à propos de dépendances manquantes

emerge: there are no ebuilds to satisfy ">=sys-devel/gcc-4.2-r4".

!!! Problem with ebuild sys-devel/gcc-3.4.2-r2
!!! Possibly a DEPEND/*DEPEND problem.

L'application que vous essayez d'installer dépend d'autres paquets qui ne sont pas disponibles pour votre système. Veuillez vérifier sur bugzilla si le problème est déjà connu et veuillez le signaler dans le cas contraire. À moins que vous ne mélangiez les branches stables et instables, cela de doit pas arriver et peut être considéré comme un bogue.

Noms d'ebuilds ambigus

Exemple de code 4.6 : Avertissement à propos de noms d'ebuilds ambigus

!!! The short ebuild name "aterm" is ambiguous.  Please specify
!!! one of the following fully-qualified ebuild names instead:

    dev-libs/aterm
    x11-terms/aterm

Le paquet que vous essayez d'installer a un nom qui désigne plusieurs paquets dans des catégories différentes. Vous devez mentionner la catégorie du paquet que vous voulez installer. Portage affiche les différentes possibilités.

Dépendances circulaires

Exemple de code 4.7 : Avertissement à propos de dépendances circulaires

!!! Error: circular dependencies:

ebuild / net-print/cups-1.1.15-r2 depends on ebuild / app-text/ghostscript-7.05.3-r1
ebuild / app-text/ghostscript-7.05.3-r1 depends on ebuild / net-print/cups-1.1.15-r2

Deux (ou plus) paquets dépendent l'un de l'autre et ne peuvent pas être installés. Il est très probable que cela soit un bogue. Veuillez synchroniser votre arbre Portage. Si le problème persiste, veuillez vérifier si le problème est connu dans bugzilla et le signaler dans le cas contraire.

Problèmes lors du téléchargement

Exemple de code 4.8 : Avertissement à propos d'un problème au téléchargement

!!! Fetch failed for sys-libs/ncurses-5.4-r5, continuing...
(...)
!!! Some fetch errors were encountered.  Please see above for details.

Portage n'a pas pu télécharger les sources de l'application et essaie éventuellement d'installer les autres paquets que vous auriez spécifiés avec la commande emerge. Ce problème peut être dû à un miroir qui n'est pas encore synchronisé ou à un ebuild qui référence un serveur de sources incorrect. Il se peut aussi que le serveur soit momentanément indisponible.

Veuillez réessayer après quelques heures.

Protection des paquets du profil système

Exemple de code 4.9 : Avertissement à propos du profil système

!!! Trying to unmerge package(s) in system profile. 'sys-apps/portage'
!!! This could be damaging to your system.

Vous avez demandé à Portage de supprimer un paquet qui fait partie du profil système. Le supprimer pourrait rendre votre système inutilisable.

2. La variable USE

2.a. Que sont les paramètres USE ?

Les notions sous-jacentes aux paramètres USE

Losque vous installez Gentoo (ou n'importe quelle autre distribution, voire système d'exploitation), vous faites des choix qui dépendent de l'environnement dans lequel vous travaillez. La configuration d'un serveur est différente de celle d'une station de travail. Une machine destinée aux jeux diffère d'une station de travail pour du rendu 3D.

Cela s'applique non seulement au choix des paquets que vous comptez installer, mais aussi aux fonctionnalités que chaque paquet devrait supporter. Si vous n'avez pas besoin d'OpenGL, pourquoi prendre la peine d'installer OpenGL et de construire la plupart de vos paquets avec support pour OpenGL ? Si vous ne souhaitez pas utiliser KDE, pourquoi compiler des paquets avec le support KDE alors qu'ils fonctionneraient parfaitement sans ce support ?

Pour aider les utilisateurs à déterminer ce qu'ils veulent installer ou activer, nous souhaitions que l'utilisateur spécifie son environnement de manière simple. Il est ainsi obligé de décider ce qu'il veut vraiment, et cela facilite la tâche de Portage, notre gestionnaire de paquets, pour prendre les décisions utiles.

Définition des paramètres USE

C'est ici qu'interviennent les paramètres USE. Un tel paramètre est un mot-clé qui définit le support et les dépendances pour un concept donné. Si vous définissez un paramètre USE donné, Portage saura que vous voulez avoir le support correspondant au mot-clé choisi. Bien entendu, cela affecte aussi les dépendances des paquets.

Considérons un exemple spécifique : le mot-clé kde. Si vous n'avez pas ce mot-clé dans votre variable USE, tous les paquets qui offrent un support optionnel pour KDE seront compilés sans ce support. Tous les paquets qui possèdent des dépendances KDE optionnelles seront installés sans installer les bibliothèques KDE (en tant que dépendances). Si vous avez le mot-clé kde, alors ces paquets seront compilés avec le support KDE et les bibliothèques KDE seront installées en tant que dépendances.

Définir correctement ces mots-clés vous donnera finalement un système adapté spécifiquement à vos besoins.

Quels sont les paramètres USE disponibles ?

On distingue deux types de paramètres USE : les paramètres globaux et locaux.

  • Un paramètre USE global est utilisé par plusieurs paquets dans l'ensemble du système. C'est ce que la plupart des gens considèrent comme les paramètres USE.
  • Un paramètre USE local n'est utilisé que par un seul paquet et n'est utilisé que pour des décisions spécifiques à ce paquet.

Une liste des paramètres USE peut être trouvée en ligne ou localement dans /usr/portage/profiles/use.desc. Un court extrait (très incomplet) :

Exemple de code 1.1 : Court extrait des paramètres USE disponibles

gtk     - Adds support for x11-libs/gtk+ (The GIMP Toolkit)
gtk2    - Use gtk+-2.0.0 over gtk+-1.2 in cases where a program supports both.
gtkhtml - Adds support for gnome-extra/gtkhtml
guile   - Adds support for dev-util/guile (interpreter for Scheme)
icc     - Use the Intel C++ Compiler if the package supports it
icc-pgo - Enable PGO data generation or use when use icc.
imap    - Adds support for IMAP

La liste des paramètres USE locaux se trouve dans le fichier /usr/portage/profiles/use.local.desc.

2.b. Utiliser les paramètres USE

Déclarer des paramètres USE permanents

Nous allons maintenant vous expliquer comment déclarer des paramètres USE, en espérant que vous soyez convaincu de leur importance.

Comme mentionné plus haut, tous les paramètres USE sont déclarés dans la variable USE. Pour permettre aux utilisateurs de trouver et choisir facilement les paramètres USE, nous fournissons une configuration par défaut de USE. Cette configuration est un ensemble de paramètres USE dont nous pensons qu'ils sont communément employés par les utilisateurs de Gentoo. Cette configuration par défaut est déclarée dans le fichier /etc/make.profile/make.defaults. Jetons-y un coup d'oeil :

Exemple de code 2.1 : Variable USE de /etc/make.profile/make.defaults sur un système x86

USE="x86 oss apm arts avi berkdb crypt cups encode foomaticdb gdbm gif gpm
     gtk gtk2 imlib jpeg kde gnome libg++ libwww mad mikmod motif mpeg ncurses
     nls oggvorbis opengl pam pdflib png python qt quicktime readline sdl
     slang spell ssl svga tcpd truetype X xml2 xmms xv zlib"

Comme vous pouvez le voir, cette variable contient déjà un bon nombre de mots-clés. Ne modifiez pas le fichier /etc/make.profile/make.defaults pour adapter la variable USE à vos besoins : les changements effectués dans ce fichier seront effacés lorsque vous mettrez Portage à jour !

Pour modifier cette configuration par défaut, vous devrez ajouter ou enlever des mots-clés dans la variable USE. Cela est fait de manière globale en définissant la variable USE dans /etc/make.conf. Dans cette variable, vous ajouterez les paramètres USE que vous désirez et enlèverez ceux que vous ne voulez pas. Cette dernière action est réalisée en préfixant le mot-clé d'un signe moins ("-").

Par exemple, pour enlever le support pour KDE et QT, et ajouter le support pour ldap, vous pourriez définir USE comme suit dans /etc/make.conf :

Exemple de code 2.2 : Exemple de configuration USE dans /etc/make.conf

USE="-kde -qt ldap"

Déclarer des paramètres USE spécifiques à des paquets

Parfois, vous voudrez déclarer certains paramètres USE pour une ou plusieurs applications particulières mais pas pour l'ensemble du système. Pour cela, vous devez créer le répertoire /etc/portage (s'il n'existe pas déjà) et éditer le fichier /etc/portage/package.use.

Par exemple, si vous ne voulez pas du support global berkdb mais si vous le voulez tout de même pour mysql, vous devrez y ajouter la ligne suivante :

Exemple de code 2.3 : Exemple de /etc/portage/package.use

dev-db/mysql berkdb

Vous pouvez également désactiver explicitement un paramètre USE pour une application particulière. Par exemple, si vous ne voulez pas du support java dans PHP :

Exemple de code 2.4 : Second exemple de /etc/portage/package.use

dev-php/php -java

Déclarer des paramètres USE temporaires

Il peut arriver que vous ne souhaitiez définir un paramètre USE donné qu'en une seule occasion. Plutôt qu'éditer /etc/make.conf deux fois (pour faire puis défaire les changements), vous pouvez simplement déclarer USE comme une variable d'environnement. Gardez toutefois à l'esprit que cette modification de l'environnement sera probablement perdue lorsque vous réinstallerez ou mettrez à jour cette application (soit explicitement, soit lors d'une mise à jour du système).

Par exemple, nous allons retirer temporairement le support java de notre configuration USE pendant l'installation de mozilla.

Exemple de code 2.5 : Utilisation de USE comme une variable d'environnement

# USE="-java" emerge mozilla

Héritage des paramètres USE

Certains paquets ne se contentent pas de lire les paramètres USE, mais en définissent eux-mêmes. Lorsque vous installez un tel paquet, le paramètre USE qu'il fournit est ajouté à votre configuration USE. Pour voir la liste des paquets qui fournissent un nouveau paramètre USE, consultez /etc/make.profile/use.defaults :

Exemple de code 2.6 : Extrait de /etc/make.profile/use.defaults

gnome           gnome-base/gnome
gtk             x11-libs/gtk+
qt              x11-libs/qt
kde             kde-base/kdebase
motif           x11-libs/openmotif

Ordre de priorité

Les différentes configurations de USE se conforment évidemment à un certain ordre de priorité. Vous ne souhaitez sans doute pas déclarer USE="-java" pour vous rendre compte après coup que java était déclaré malgré tout. Les priorités dans les déclarations USE sont ordonnées comme suit (la première déclaration a la plus faible priorité) :

  1. Déclaration par défaut dans /etc/make.profile/make.defaults
  2. Déclaration héritée si un paquet de /etc/make.profile/use.defaults est installé
  3. Déclaration par l'utilisateur dans /etc/make.conf
  4. Déclaration par l'utilisateur dans /etc/portage/package.use
  5. Déclaration par l'utilisateur comme une variable d'environnement

Pour voir la configuration finale de USE telle qu'elle est vue par Portage, exécutez emerge info. Cela listera toutes les variables significatives (dont la variable USE) avec leur contenu tel qu'il est vu par Portage.

Exemple de code 2.7 : Exécuter emerge info

# emerge info

Reconfigurer votre système pour tenir compte des options USE

Si vous avez modifié vos options de la variable USE et que vous voulez reconfigurer votre système pour tenir compte de ces nouvelles options, utilisez l'option --newuse :

Exemple de code 2.8 : Recompiler tout le système

# emerge --update --deep --newuse world

Ensuite, utilisez l'option depclean pour supprimer les dépendances conditionnelles qui ne seraient plus utilisées.

Attention : Exécuter emerge depclean est une opération risquée qui ne devrait pas être lancée à la légère. Vérifiez bien que la liste des paquets qui vont être supprimés ne contient pas de paquet dont vous avez encore besoin. Dans l'exemple ci-dessous, nous utilisons l'option -p pour afficher la liste sans rien supprimer.

Exemple de code 2.9 : Supprimer les paquets inutiles

# emerge -p depclean

Quand cette opération est terminée, lancez revdep-rebuild pour recompiler les applications qui avaient été liées dynamiquement avec les paquets que vous venez de supprimer. La commande revdep-rebuild fait partie du paquet gentoolkit ; n'oubliez pas de l'installer.

2.c. Paramètres USE spécifiques à un paquet

Savoir quels paramètres USE influencent un paquet

Prenons l'exemple de mozilla : à quels paramètres USE est-il sensible ? Pour le savoir, nous utilisons emerge avec les options --pretend et --verbose :

Exemple de code 3.1 : Afficher les paramètres USE qui influencent un paquet

# emerge --pretend --verbose mozilla
These are the packages that I would merge, in order:

Calculating dependencies ...done!
[ebuild  N    ] net-www/mozilla-1.5-r1 +java +crypt -ipv6 -gtk2 +ssl +ldap
+gnome -debug +mozcalendar -mozaccess -mozxmlterm -moznoirc -moznomail
-moznocompose -moznoxft

emerge n'est pas le seul outil utilisable à cette fin. En effet, nous disposons d'un outil dédié pour obtenir des informations sur les paquets. Il s'appelle etcat et appartient au paquet gentoolkit. Commencez par installer gentoolkit :

Exemple de code 3.2 : Installer gentoolkit

# emerge gentoolkit

Exécutez maintenant etcat avec l'argument uses pour afficher les paramètres USE d'un paquet donné. Par exemple, pour le paquet gnumeric :

Exemple de code 3.3 : Utiliser etcat pour afficher les paramètres USE

# etcat uses gnumeric
[ Colour Code : set unset ]
[ Legend      : (U) Col 1 - Current USE flags        ]
[             : (I) Col 2 - Installed With USE flags ]

 U I [ Found these USE variables in : app-office/gnumeric-1.2.0 ]
 - - libgda  : Adds GNU Data Access (CORBA wrapper) support for gnumeric
 - - gnomedb : unknown
 + + python  : Adds support/bindings for the Python language
 + + bonobo  : Adds support for gnome-base/bonobo (Gnome CORBA interfaces)

3. Portage et ses fonctionnalités

3.a. Les caractéristiques de Portage

Portage offre un ensemble de fonctionnalités qui vous aident à mieux utiliser Gentoo. Certaines fonctionnalités sont basées sur des outils tiers qui permettent d'améliorer les performances, la fiabilité, la sécurité, etc.

Pour activer ou désactiver certaines fonctionnalités, vous devez modifier la variable FEATURES dans le fichier /etc/make.conf. Souvent, vous devrez aussi installer l'outil requis pour utiliser la fonctionnalité souhaitée.

Toutes les fonctionnalités disponibles ne sont pas reprises ici. Veuillez lire la page man de make.conf pour en savoir plus.

Exemple de code 1.1 : Lire la page man de make.conf

$ man make.conf

Pour connaître les fonctionnalités qui sont actives sur votre système, utilisez la commande emerge info et regardez le contenu de la variable « FEATURES ».

Exemple de code 1.2 : Afficher les fonctionnalités actives

$ emerge info | grep FEATURES

3.b. Compilation distribuée

Utiliser distcc

distcc est un programme qui permet de distribuer des compilations sur plusieurs machines, pas nécessairement identiques, d'un réseau. Le client distcc envoie toutes les données nécessaires aux serveurs distcc (qui exécutent distccd) disponibles afin qu'ils puissent compiler des parties du code source au profit du client. Le résultat est une compilation plus rapide.

Vous trouverez une description plus élaborée de distcc (et des informations sur la manière de le faire fonctionner avec Gentoo) dans notre Documentation Gentoo pour distcc.

Installation de distcc

Distcc est fourni avec une interface graphique qui permet de suivre les tâches de compilation que votre ordinateur envoie. Si vous utilisez Gnome, ajoutez « gnome » à votre variable USE. Mais si vous n'utilisez pas Gnome et souhaitez tout de même avoir une interface graphique, vous pouvez ajouter « gtk » à votre variable USE.

Exemple de code 2.1 : Installer distcc

# emerge distcc

Activer le support distcc pour Portage

Ajoutez le mot-clé distcc à la variable FEATURES du fichier /etc/make.conf. Ensuite, modifiez la variable MAKEOPTS pour y ajouter -jXX est le nombre de processeurs qui exécutent distccd (l'hôte actuel inclus) plus un. Cette valeur donne en général les meilleurs résultats, mais vous pouvez en essayer d'autres.

Ensuite, exécutez distcc-config et entrez la liste des serveurs distcc disponibles. Pour donner un exemple simple, nous supposerons que les serveurs distcc disponibles sont 192.168.1.102 (l'hôte actuel), 192.168.1.103 et 192.168.1.104 (deux hôtes « distants ») :

Exemple de code 2.2 : Configurer distcc pour qu'il utilise trois serveurs distcc

# distcc-config --set-hosts "192.168.1.102 192.168.1.103 192.168.1.104"

Bien entendu, n'oubliez pas de lancer le démon distccd :

Exemple de code 2.3 : Lancer le démon distccd

# rc-update add distccd default
# /etc/init.d/distccd start

3.c. Utiliser un cache pour la compilation

À propos de ccache

ccache est un cache rapide pour compilateur. Lorsque vous compilez un programme, il mettra les résultats intermédiaires en cache afin que, s'il vous arrive de recompiler le même programme, le temps de compilation soit largement réduit. Avec des applications communes, cela peut entraîner des compilations 5 à 10 fois plus rapides.

Si vous êtes intéressé par le fonctionnement interne de ccache, veuillez visiter le site de ccache.

Installation de ccache

Utilisez la commande emerge ccache pour installer ccache :

Exemple de code 3.1 : Installer ccache

# emerge ccache

Activer le support ccache pour Portage

Ajoutez le mot-clé ccache à la variable FEATURES du fichier /etc/make.conf. Ensuite, ajoutez la variable CCACHE_SIZE qui définit la taille par défaut du cache utilisé par ccache. Une valeur de 2 Go est recommandée.

Exemple de code 3.2 : Editer CCACHE_SIZE dans /etc/make.conf

CCACHE_SIZE="2G"

Pour vérifier que ccache fonctionne, vous pouvez exécuter ccache -s pour afficher les statistiques de ccache :

Exemple de code 3.3 : Afficher les statistiques de ccache

# ccache -s

Utilisation de ccache en dehors de Portage

Si vous souhaitez utiliser ccache pour les compilations en dehors de celles de Portage, vous pouvez ajouter /usr/lib/ccache/bin au début de votre variable PATH (ou tout au moins avant /usr/bin). Pour cela, éditez le fichier /etc/env.d/00basic :

Exemple de code 3.4 : Modifier le fichier /etc/env.d/00basic

PATH="/usr/local/bin:/opt/bin:/usr/lib/ccache/bin"

3.d. Paquets binaires

Créer des paquets binaires

Nous avons déjà parlé de l'utilisation de paquets précompilés, mais comment crée-t-on son propre paquet précompilé ?

Si le paquet est déjà installé, vous pouvez utiliser la commande quickpkg. Si ce n'est pas le cas, utilisez les options --buildpkg ou --buildpkgonly avec la commande emerge. La deuxième option prépare un paquet binaire sans l'installer sur votre machine.

Si vous souhaitez que Portage construise par défaut des paquets binaires pour tous les paquets que vous installez sur votre système, vous pouvez mettre le mot-clé builpkg dans la variable FEATURES dans le fichier /etc/make.conf.

Vous trouverez plus de détails à propos de la création de paquets binaires dans la documentation de catalyst (en anglais) : Catalyst Reference Manual et Catalyst Howto.

Installer des paquets précompilés

Bien que Gentoo ne fournisse pas de système centralisé de distribution de paquets binaires, rien ne vous empêche d'en créer un. Vous pourriez très bien stocker tous vos paquets binaires sur un serveur et utiliser celui-ci pour mettre plusieurs machines à jour. Pour utiliser un tel serveur, vous devez le définir dans la variable PORTAGE_BINHOST. Si vous avez stocké vos paquets sur un serveur ftp ftp://buildhost/gentoo, utilisez :

Exemple de code 4.1 : Définir PORTAGE_BINHOST dans /etc/make.conf

PORTAGE_BINHOST="ftp://buildhost/gentoo"

Quand vous voulez utliser un paquet binaire pour installer une application, spécifiez l'option --getbinpkg en plus de --usepkg avec la commande emerge. La première option indique à Portage de télécharger le paquet binaire depuis le serveur que vous avez défini plus tôt et la seconde indique d'utiliser le même paquet binaire plutôt que de compiler l'application.

Par exemple, pour installer gnumeric à partir de paquets binaires précompilés :

Exemple de code 4.2 : Installer gnumeric en utilisant un paquet précompilé

# emerge --usepkg --getbinpkg gnumeric

La page man de emerge décrit l'utilisation des paquets précompilés plus en détail.

Exemple de code 4.3 : Lire la page man de emerge

$ man emerge

4. Les scripts d'initialisation

4.a. Les niveaux d'exécution

Démarrer votre système

Quand vous démarrez votre système, vous voyez beaucoup de texte défiler à l'écran. Vous remarquerez sans doute que ce texte est le même à chaque démarrage. La séquence d'actions qui se déroule devant vos yeux s'appelle la séquence de démarrage et elle est définie de façon plus ou moins statique.

D'abord, votre chargeur de démarrage charge l'image du noyau que vous avez définie dans son fichier de configuration et ensuite, il exécute ce noyau. Ce dernier s'initialise, démarre les tâches spécifiques au noyau et lance le processus init.

Ce processus monte les systèmes de fichiers définis dans /etc/fstab et exécute quelques scripts placés dans le répertoire /etc/init.d qui, à leur tour, démarrent les services nécessaires au bon fonctionnement du système.

Finalement, quand tous les scripts ont été exécutés, init active les terminaux (en général, les consoles virtuelles que vous obtenez avec les touches Alt-F1, Alt-F2, etc.) et attache un processus appelé agetty à chacun. Ce processus vous permet de vous identifier sur ces terminaux avec login.

Les scripts d'initialisation

En fait, init n'exécute pas les scripts du répertoire /etc/init.d n'importe comment. De plus, il n'exécute pas non plus tous les scripts, mais seulement ceux qui doivent l'être. Les scripts à exécuter sont définis dans /etc/runlevels.

Le processus init exécute d'abord les scripts de /etc/init.d vers lesquels un lien symbolique existe dans /etc/runlevels/boot. Les scripts sont généralement exécutés par ordre alphabétique, mais certains contiennent des dépendances qui indiquent quels scripts doivent être exécutés en premier.

Quand tous les scripts liés dans /etc/runlevels/boot ont été exécutés, init poursuit avec ceux liés dans /etc/runlevels/default. Ici aussi, les scripts sont généralement exécutés par ordre alphabétique, sauf quand ils contiennent des informations sur des dépendances qui spécifient une séquence d'exécution particulière.

Comment init fonctionne-t-il ?

Évidemment, init ne décide pas tout seul de ce qu'il doit faire. Il a besoin d'un fichier de configuration qui lui indique quelles actions il doit effectuer. Ce fichier est /etc/inittab.

Dans la séquence de démarrage que nous venons d'expliquer, nous avons dit que la première action de init était de monter les systèmes de fichiers. La ligne du fichier /etc/inittab qui provoque cela est la suivante :

Exemple de code 1.1 : La ligne d'initialisation du système dans /etc/inittab

si::sysinit:/sbin/rc sysinit

En fait, cette ligne indique à init qu'il doit exécuter /sbin/rc sysinit pour initialiser le système. C'est le script /sbin/rc qui fait vraiment le travail d'initialisation et pas init qui ne fait que déléguer les tâches.

Ensuite, init exécute tous les scripts vers lesquels un lien symbolique est défini dans /etc/runlevels/boot. La ligne suivante provoque cela :

Exemple de code 1.2 : L'initialisation du système, suite

rc::bootwait:/sbin/rc boot

Encore une fois, le script rc fait le travail. Remarquez que l'option boot passée au script rc correspond au nom du sous-répertoire qui se trouve dans /etc/runlevels.

Ensuite, init lit son fichier de configuration pour savoir quel runlevel il doit exécuter (N.D.T. : un « runlevel », ou niveau d'exécution, correspond à l'état dans lequel il faut amener la machine). La ligne suivante définit le niveau d'exécution :

Exemple de code 1.3 : La ligne initdefault

id:3:initdefault:

Dans ce cas (la majorité des utilisateurs de Gentoo sont dans ce cas), le niveau d'exécution est le numéro 3. Avec ce numéro, init trouve ce qu'il doit exécuter pour lancer le niveau d'exécution 3 :

Exemple de code 1.4 : Les définitions des niveaux d'exécution

l0:0:wait:/sbin/rc shutdown
l1:S1:wait:/sbin/rc single
l2:2:wait:/sbin/rc nonetwork
l3:3:wait:/sbin/rc default
l4:4:wait:/sbin/rc default
l5:5:wait:/sbin/rc default
l6:6:wait:/sbin/rc reboot

La ligne qui définit le niveau 3 utilise à nouveau le script rc pour démarrer les services, cette fois avec le paramètre default. Remarquez que, encore une fois, le paramètre correspond au nom du sous-répertoire dans /etc/runlevels.

Quand le script rc a terminé, init trouve la liste des consoles virtuelles à activer et quelles commandes il doit utiliser dans son fichier de configuration :

Exemple de code 1.5 : La définition des consoles virtuelles

c1:12345:respawn:/sbin/agetty 38400 tty1 linux
c2:12345:respawn:/sbin/agetty 38400 tty2 linux
c3:12345:respawn:/sbin/agetty 38400 tty3 linux
c4:12345:respawn:/sbin/agetty 38400 tty4 linux
c5:12345:respawn:/sbin/agetty 38400 tty5 linux
c6:12345:respawn:/sbin/agetty 38400 tty6 linux

Qu'est-ce qu'un niveau d'exécution ?

Vous avez constaté que init numérote les niveaux d'exécution qu'il doit activer. Un niveau d'exécution définit un état dans lequel votre système se trouve et contient les scripts nécessaires pour entrer dans ou quitter cet état.

Dans Gentoo, sept niveaux d'exécution sont définis :trois internes et quatre définis par l'utilisateur. Les niveaux d'exécution internes sont sysinit, shutdown et reboot et sont utilisés respectivement pour initialiser, éteindre et redémarrer le système.

Les niveaux d'exécution définis par l'utilisateur sont ceux qui correspondent à un sous-répertoire dans /etc/runlevels : boot, default, nonetwork et single. Le niveau d'exécution boot est utilisé pour démarrer tous les services système utilisés par les autres niveaux d'exécution. Les autres niveaux d'exécution se différencient par les services qu'ils activent : default est utilisé en temps normal, nonetwork est utilisé quand aucune connexion réseau n'est souhaitée et single est utilisé pour résoudre d'éventuels problèmes du système.

Utiliser les scripts d'initialisation

Les scripts que rc exécute sont appelés des scripts d'initialisation. Chaque script peut être exécuté avec les options start, stop, restart, pause, zap, status, ineed, iuse, needsme, usesme ou broken.

Pour démarrer, arrêter ou relancer un service (et les autres services nécessaires éventuels), utilisez start, stop et restart.

Exemple de code 1.6 : Démarrer postfix

# /etc/init.d/postfix start

Note : Seuls les services qui ont besoin du service spécifié sont arrêtés ou redémarrés. Les services qui l'utilisent ne sont pas affectés.

Pour stopper un service sans toucher aux services qui l'utilisent, utilisez l'option pause :

Exemple de code 1.7 : Stopper postfix sans toucher aux services qui l'utilisent

# /etc/init.d/postfix pause

Pour afficher le statut d'un service (démarré, arrêté, en pause), utilisez l'option status :

Exemple de code 1.8 : Afficher le statut du service postfix

# /etc/init.d/postfix status

Si le système affirme qu'un service est actif, mais que vous savez qu'il ne l'est pas, utilisez l'option zap pour réinitialiser son statut à « arrêté ».

Exemple de code 1.9 : Réinitialiser le statut de postfix

# /etc/init.d/postfix zap

Vous pouvez aussi afficher les services dont un service a besoin avec les options iuse ou ineed. Avec l'option ineed, les services réellement nécessaires sont affichés. Avec iuse, ce sont les services qui peuvent être utilisés sans être indispensables qui sont affichés.

Exemple de code 1.10 : Afficher la liste des services dont Postfix a besoin

# /etc/init.d/postfix ineed

De la même façon, vous pouvez afficher la liste des services qui ont besoin (needsme) ou qui utilisent (usesme) un service particulier :

Exemple de code 1.11 : Afficher la liste des services qui ont besoin de Postfix

# /etc/init.d/postfix needsme

Enfin, vous pouvez aussi demander la liste des services requis qui manquent :

Exemple de code 1.12 : Afficher la liste des services manquants dont Postfix a besoin

# /etc/init.d/postfix broken

4.b. Utiliser rc-update

Qu'est-ce que rc-update ?

Gentoo construit un arbre de dépendances pour déterminer l'ordre d'exécution des services. Cela est loin d'être trivial et nous avons donc créé des outils qui facilitent l'administration des niveaux d'exécution et des scripts d'initialisation.

La commande rc-update permet d'ajouter ou d'enlever un script d'un niveau d'exécution. Cette commande utilise automatiquement le script depscan.sh qui reconstruit l'arbre des dépendances.

Ajouter et enlever des services

Vous avez déjà ajouté des scripts d'initialisation au niveau d'exécution « default » pendant l'installation de Gentoo. Vous ignoriez alors la signification de « default », mais maintenant, vous la connaissez. Le script rc-update a besoin d'un second argument qui spécifie l'action à effectuer : add, del ou show pour respectivement ajouter, supprimer ou afficher.

Pour ajouter ou supprimer un service, ajoutez simplement add ou del à la commande rc-update et spécifiez ensuite le nom du script d'initialisation et le niveau d'exécution. Par exemple :

Exemple de code 2.1 : Supprimer Postfix du niveau d'exécution « default »

# rc-update del postfix default

La commande rc-update show affiche la liste des scripts d'initialisation disponibles et les niveaux d'exécution dans lesquels ils ont été ajoutés :

Exemple de code 2.2 : Afficher la liste des scripts d'initialisation

# rc-update show

4.c. Configurer les services

Pourquoi encore configurer ?

Les scripts d'initialisation peuvent être complexes. Il vaut donc mieux éviter que les utilisateurs ne doivent les modifier. Cela évite bien des problèmes. Cependant, les services ont parfois besoin d'être configurés ou de recevoir certaines options.

Une autre raison pour séparer les scripts de leur configuration est que cela vous permet de mettre à jour les scripts sans que leur configuration ne soit perdue.

Le répertoire /etc/conf.d

Gentoo offre un système facile pour configurer les services. Chaque script d'initialisation qui peut être configuré a un fichier de configuration dans le répertoire /etc/conf.d. Par exemple, le script d'initialisation d'apache2 (/etc/init.d/apache2) a un fichier de configuration /etc/conf.d/apache2 qui contient les options à passer au serveur Apache 2 quand ce dernier est lancé.

Exemple de code 3.1 : Variables définies dans /etc/conf.d/apache2

APACHE2_OPTS="-D PHP4"

Un tel fichier de configuration ne contient que des définitions de variables (tout comme /etc/make.conf), ce qui permet de configurer facilement un service. Cela permet aussi de fournir des explications sur ces options sous forme de commentaires.

4.d. Écrire un script d'initialisation

Dois-je faire cela ?

Non. Rédiger un script d'initialisation n'est généralement pas nécessaire puisque Gentoo fournit des scripts complets pour tous les services supportés. Cependant, si vous avez installé un service sans l'aide de Portage, vous devrez sans doute écrire un tel script.

N'utilisez pas le script fourni avec le logiciel à moins qu'il ne soit écrit spécifiquement pour Gentoo, car les scripts d'initialisation de Gentoo ne sont pas compatibles avec ceux des autres distributions.

Structure

La structure de base d'un script d'initialisation est décrite ci-dessous.

Exemple de code 4.1 : Structure de base d'un script d'initialisation

#!/sbin/runscript

depend() {
  (Information sur les dépendances)
}

start() {
  (Commandes à exécuter pour démarrer le service)
}

stop() {
  (Commandes à exécuter pour arrêter le service)
}

restart() {
  (Commandes à exécuter pour redémarrer le service)
}

La partie start() est indispensable, les autres sont facultatives.

Dépendances

Il existe deux types de dépendances : use et need. Comme mentionné précédemment, la dépendance need est plus stricte que use. Vous devez faire suivre le type de dépendance par le nom du service dont votre service dépend, ou par une dépendance virtuelle.

Une dépendance virtuelle est une dépendance qui peut être satisfaite par plusieurs services différents. Par exemple, votre service pourrait dépendre du système de journalisation qui peut être fourni par plusieurs services différents (metalogd, syslog-ng, sysklogd...) Étant donné que votre service ne peut pas dépendre de tous ces services (on ne peut installer qu'un seul système de journalisation), nous avons défini une seule dépendance virtuelle que chacun de ces services satisfait.

Jetons un œil aux dépendances du service postfix.

Exemple de code 4.2 : Dépendances de Postfix

depend() {
  need net
  use logger dns
  provide mta
}

Comme vous pouvez le voir, postfix :

  • a besoin du service virtuel net qui est fourni par /etc/init.d/net.eth0, par exemple ;
  • utilise un système de journalisation (service virtuel logger) qui est fourni par /etc/init.d/syslog-ng, par exemple ;
  • utilise le service (virtuel) dns qui est fourni par /etc/init.d/named, par exemple ;
  • fournit le service virtuel mta qui indique qu'un serveur de courrier est disponible.

Ordonner la séquence d'exécution

Dans certains cas, vous voudrez peut-être démarrer un service avant ou après un autre, pour autant que cet autre service soit disponible. Notez qu'il ne s'agit plus d'une dépendance, mais simplement d'une demande de lancement de services dans un ordre défini au sein d'un même niveau d'exécution. Pour définir une séquence d'exécution, utilisez les mots-clefs before ou after.

Voyez, par exemple, le service portmap :

Exemple de code 4.3 : La fonction depend() du service Portmap

depend() {
  need net
  before inetd
  before xinetd
}

Vous pouvez aussi remplacer le nom de service par une étoile ("*") pour spécifier tous les services d'un niveau d'exécution, mais cela n'est pas recommandé.

Exemple de code 4.4 : Lancer un script avant tous les autres dans un niveau d'exécution

depend() {
  before *
}

Fonctions standard

En plus de la fonction depend(), vous devez définir la fonction start() qui doit contenir les commandes nécessaires pour activer le service. Il est conseillé d'utiliser les fonctions ebegin et eend pour afficher des messages à l'écran et ainsi informer l'utilisateur que le service démarre.

Exemple de code 4.5 : Exemple de fonction start()

start() {
  ebegin "Gentoo démarre le_service"
  start-stop-daemon --start --quiet --exec /chemin/vers/le_service
  eend $?
}

Vous trouverez plus d'exemples de fonctions start() dans les scripts d'initialisation qui se trouvent dans le répertoire /etc/init.d. La commande start-stop-daemon est documentée sous la forme d'une page man :

Exemple de code 4.6 : Afficher l'aide de la commande start-stop-daemon

# man start-stop-daemon

Vous pouvez aussi définir les fonctions facultatives stop() et restart() pour respectivement arrêter et relancer un service, mais Gentoo est capable de s'en passer si vous avez utilisé la commande start-stop-daemon.

Ajouter une option non prévue

Si vous voulez utiliser une option non prévue par nos scripts, vous devez l'ajouter à la variable opts et créer une fonction qui a le même nom. Par exemple, pour ajouter une option restartdelay :

Exemple de code 4.7 : Ajouter une option restartdelay

opts="${opts} restartdelay"

restartdelay() {
  stop()
  sleep 3    # Temporisation de 3 secondes
  start()
}

Variables de configuration d'un service

Vous ne devez rien faire de particulier pour utiliser un fichier de configuration dans /etc/conf.d : avant que votre script d'initalisation ne soit exécuté, les variables des fichiers suivants sont initialisées dans cet ordre :

  • /etc/conf.d/<votre_script>
  • /etc/conf.d/basic
  • /etc/rc.conf

De plus, si votre script fournit un service virtuel (comme net), le fichier de configuration correspondant (comme /etc/conf.d/net) sera également lu.

4.e. Modifier le comportement des niveaux d'exécution

Quel intérêt et pour qui ?

Les utilisateurs d'ordinateurs portables connaissent bien le problème : vous devez démarrer net.eth0 à la maison, mais pas lorsque vous êtes en vadrouille puis que vous n'êtes alors plus connecté à votre réseau. Vous pouvez adapter le comportement de Gentoo.

Par exemple, vous pouvez créer un second niveau d'exécution similaire au niveau « default », mais sans les options réseau. Vous pourrez ensuite sélectionner le niveau d'exécution au démarrage de votre machine.

Utiliser « SOFTLEVEL »

Créez votre second niveau d'exécution similaire à « default ». Dans notre exemple, nous créons un niveau « offline ».

Exemple de code 5.1 : Créer le répertoire du nouveau niveau d'exécution

# mkdir /etc/runlevels/offline

Ajoutez les scripts d'initialisation à votre nouveau niveau d'exécution. Par exemple, pour copier le niveau « default » sans le script net.eth0 :

Exemple de code 5.2 : Recopier les scripts d'initialisation

# ls /etc/runlevels/default
acpid  domainname  local  net.eth0  netmount  postfix  syslog-ng  vixie-cron
# rc-update add acpid offline
# rc-update add domainname offline
# rc-update add local offline
# rc-update add syslog-ng offline
# rc-update add vixie-cron offline

Ensuite, modifiez la configuration de votre chargeur de démarrage pour y ajouter une nouvelle option pour le niveau offline. Par exemple, pour grub, modifiez /boot/grub/grub.conf :

Exemple de code 5.3 : Ajouter une entrée dans le menu de démarrage

title Gentoo Linux Offline
  root (hd0,0)
  kernel (hd0,0)/kernel-2.4.25 root=/dev/hda3 softlevel=offline

Voilà, c'est terminé. Si vous redémarrez votre machine et que vous choisissez la nouvelle entrée, le niveau d'exécution offline sera utilisé au lieu du niveau default.

Utiliser BOOTLEVEL

Vous pouvez aussi remplacer le niveau d'exécution « boot » avec l'option bootlevel exactement de la même façon qu'avec softlevel.

5. Variables d'environnement

5.a. Variables d'environnement ?

Que sont-elles ?

Une variable d'environnement est un objet nommé qui contient des informations utilisées par une ou plusieurs applications. Beaucoup d'utilisateurs (particulièrement les nouveaux Linuxiens) trouvent que c'est un peu trop compliqué et ingérable. C'est bien sûr faux : en utilisant des variables d'environnement, on peut changer facilement la valeur d'une configuration pour une ou plusieurs applications.

Exemples importants

Le tableau suivant liste un certain nombre de variables utilisées par le système Linux et décrit leur utilisation. Des exemples de valeurs seront présentés après le tableau.

Variable Description
PATH Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des deux-points dans lesquels le système cherche des fichiers exécutables. Si vous entrez le nom d'un exécutable (tel que ls, rc-update ou emerge), mais que cet exécutable n'est pas situé dans un des répertoires listés, votre système ne l'exécutera pas (tant que vous n'aurez pas spécifié le chemin complet avec ligne de commande, tel que /bin/ls).
ROOTPATH Cette variable a la même fonction que PATH, mais celle-ci liste les répertoires qui doivent être parcourus lorsque l'utilisateur root entre une commande.
LDPATH Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des deux-points dans lesquels l'éditeur de liens dynamique cherche les bibliothèques.
MANPATH Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des deux-points dans lesquels la commande man cherche les pages man.
INFODIR Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des deux-points dans lesquels la commande info cherche les pages info.
PAGER Cette variable contient le chemin vers le programme utilisé pour lister le contenu des fichiers (tel que less ou more).
EDITOR Cette variable contient le chemin vers le programme utilisé pour éditer le contenu des fichiers (tel que nano ou vi).
KDEDIRS Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des deux-points qui contiennent les éléments spécifiques à KDE.
CLASSPATH Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des deux-points qui contiennent les classes Java.
CONFIG_PROTECT Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des espaces qui doivent être préservés par Portage pendant les mises à jour.
CONFIG_PROTECT_MASK Cette variable contient une liste de répertoires séparés par des espaces qui ne doivent pas être préservés par Portage pendant les mises à jour.

Voici un exemple de définition de toutes ces variables :

Exemple de code 1.1 : Exemple de définitions

PATH="/bin:/usr/bin:/usr/local/bin:/opt/bin:/usr/games/bin"
ROOTPATH="/sbin:/bin:/usr/sbin:/usr/bin:/usr/local/sbin:/usr/local/bin"
LDPATH="/lib:/usr/lib:/usr/local/lib:/usr/lib/gcc-lib/i686-pc-linux-gnu/3.2.3"
MANPATH="/usr/share/man:/usr/local/share/man"
INFODIR="/usr/share/info:/usr/local/share/info"
PAGER="/usr/bin/less"
EDITOR="/usr/bin/vim"
KDEDIRS="/usr"
CLASSPATH="/opt/blackdown-jre-1.4.1/lib/rt.jar:."
CONFIG_PROTECT="/usr/X11R6/lib/X11/xkb /opt/tomcat/conf \
                /usr/kde/3.1/share/config /usr/share/texmf/tex/generic/config/ \
                /usr/share/texmf/tex/platex/config/ /usr/share/config"
CONFIG_PROTECT_MASK="/etc/gconf

5.b. Définir des variables globalement

Le répertoire /etc/env.d

Pour centraliser les définitons de ces variables, la distribution Gentoo utilise le répertoire /etc/env.d. Dans ce répertoire, vous trouverez un certain nombre de fichiers tels que 00basic, 05gcc, etc. qui contiennent les variables requises par les applications mentionnées dans leurs noms.

Par exemple, quand vous installez gcc, un fichier nommé 05gcc est créé par l'ebuild et contient les définitions des variables suivantes :

Exemple de code 2.1 : /etc/env.d/05gcc

PATH="/usr/i686-pc-linux-gnu/gcc-bin/3.2"
ROOTPATH="/usr/i686-pc-linux-gnu/gcc-bin/3.2"
MANPATH="/usr/share/gcc-data/i686-pc-linux-gnu/3.2/man"
INFOPATH="/usr/share/gcc-data/i686-pc-linux-gnu/3.2/info"
CC="gcc"
CXX="g++"
LDPATH="/usr/lib/gcc-lib/i686-pc-linux-gnu/3.2.3"

Les autres distributions vous disent de changer ou d'ajouter ces variables d'environnement dans /etc/profile ou ailleurs. Par contre, Gentoo vous facilite la maintenance et l'administration de ces variables d'environnement, ce qui vous évite de vous soucier des nombreux fichiers qui peuvent contenir ces variables d'environnement. (Cela profite également au système Portage.)

Par exemple, lorsque gcc est mis à jour, le fichier /etc/env.d/05gcc est aussi mis à jour sans que l'utilisateur ne fasse quoi que se soit.

Cela n'est pas uniquement profitable à Portage, mais aussi à vous, en tant qu'utilisateur. Occasionnellement, vous serez amené à définir des variables d'environnement pour tout le système. Par exemple, avec la variable http_proxy. Au lieu de vous embêter avec /etc/profile, vous devez juste créer un fichier (/etc/env.d/99local) et y entrer vos définitions :

Exemple de code 2.2 : /etc/env.d/99local

http_proxy="proxy.server.com:8080"

En utilisant le même fichier pour toutes vos variables, vous avez une vue d'ensemble aisée de toutes les variables que vous avez définies.

Le script env-update

Plusieurs fichiers dans /etc/env.d définissent la variable PATH. Ce n'est pas une erreur : quand vous lancez env-update, celui-ci combinera les définitions avant de mettre à jour les variables d'environement. Ainsi, il aide les paquets (et les utilisateurs) à ajouter leurs propres variables d'environnement sans interférer avec les valeurs déjà définies.

Le script env-update liste les valeurs des fichiers de /etc/env.d par ordre alphabétique. C'est pourquoi beaucoup de fichiers dans /etc/env.d commencent par un nombre.

Exemple de code 2.3 : Ordre de mise à jour par env-update

         00basic        99kde-env       99local
     +-------------+----------------+-------------+
PATH="/bin:/usr/bin:/usr/kde/3.2/bin:/usr/local/bin"

Quand vous lancez env-update, le script crée toutes les variables d'environnement et les place dans /etc/profile.env (qui est utilisé par /etc/profile). Il extrait aussi les informations de la variable LDPATH et les utilise pour créer /etc/ld.so.conf. Après cela, il lance ldconfig pour créer le fichier /etc/ld.so.cache utilisé par l'éditeur de liens dynamique.

Si vous voulez connaître le résultat de env-update immédiatement après son exécution, lancez la commande suivante pour mettre votre système à jour. Les utilisateurs qui ont installé Gentoo eux-même se souviendront sûrement que cela se trouvait dans les instructions d'installation :

Exemple de code 2.4 : Mettre l'environnement à jour

# env-update && source /etc/profile

5.c. Définir des variables localement

Spécifiques à un utilisateur

Vous n'avez pas toujours besoin de définir des variables d'environnement globalement. Par exemple, vous pourriez avoir besoin d'ajouter /home/my_user/bin à la variable PATH, mais vous ne voulez pas que les autres utilisateurs de votre système l'aient aussi dans PATH. Si vous voulez définir une variable d'environnement localement, vous devriez utiliser ~/.bashrc ou ~/.bash_profile :

Exemple de code 3.1 : Étendre PATH pour un usage local avec ~/.bashrc

PATH="${PATH}:/home/my_user/bin"

Quand vous vous réidentifierez, votre variable PATH sera mise à jour.

Spécifiques à une session

Quelquefois, une définition plus spécifique est requise. Vous voudriez être capable d'utiliser des binaires d'un répertoire temporaire que vous avez créé sans utiliser le chemin complet ou éditer ~/.bashrc qui vous prendrait trop de temps.

Dans ce cas-ci, vous pouvez juste définir la variable PATH dans votre session courante en utilisant la commande export. Tant que vous ne vous serez pas déconnecté, la variable PATH utilisera la valeur temporaire.

Exemple de code 3.2 : Définir une variable d'environnement spécifique à une session

# export PATH="${PATH}:/home/my_user/tmp/usr/bin"

C. Utiliser Portage

1. Fichiers et répertoires

1.a. Les fichiers utilisés par Portage

Configurer portage

La configuration par défaut de Portage se trouve dans le fichier /etc/make.globals. Vous remarquerez que toute la configuration de Portage se fait grâce à des variables. Les variables et leur utilisation sont décrites ci-dessous.

Puisque certaines directives de configuration diffèrent d'une architecture à l'autre, Portage utilise aussi un fichier de configuration de votre profil : /etc/make.profile/make.defaults. Nous aborderons les profils et le répertoire /etc/make.profile plus loin dans ce document.

Pour modifier une variable de configuration, ne modifiez ni le fichier /etc/make.globals ni /etc/make.profile/make.defaults. Modifiez plutôt /etc/make.conf qui a priorité sur les autres fichiers. Vous trouverez aussi un fichier /etc/make.conf.example. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un exemple que vous pouvez utiliser pour configurer votre propre /etc/make.conf.

Vous pouvez aussi définir ces variables dans votre environnement, mais Gentoo ne recommande pas cette pratique.

Informations spécifiques au profil

Nous avons déjà mentionné le répertoire /etc/make.profile. Ce n'est pas vraiment un répertoire, mais un lien symbolique vers un profil qui se trouve, par défaut, dans /usr/portage/profiles ; vous pouvez créer des profils ailleurs. Ce lien symbolique définit le profil utilisé par votre système.

Un profil contient des informations spécifiques pour chaque architecture telles que la liste des paquets qui forment un système de base, une liste de paquets qui ne fonctionnent pas ou qui sont masqués pour ce profil, etc.

Configuration par l'utilisateur

Pour influencer le comportement de Portage, vous devrez modifier des fichiers dans le répertoire /etc/portage. Il est vivement recommandé d'utiliser ces fichiers et de ne pas utiliser de variables d'environnement.

Vous pouvez créer les fichiers suivants dans le répertoire /etc/portage :

  • package.mask contient la liste des paquets que vous voulez ne jamais installer.
  • package.unmask contient la liste des paquets que vous voulez installer bien qu'ils aient été masqués par les développeurs Gentoo.
  • package.keywords contient la liste des paquets que vous voulez installer même s'ils ne sont pas (encore) considérés stables pour votre architecture ou votre système.
  • package.use contient la liste des options de la variable USE que vous voulez appliquer à certains paquets, mais que vous ne voulez pas utiliser pour tout votre système.

La page man contient une liste exhaustive des fichiers qui influencent le comportement de Portage.

Exemple de code 1.1 : Lire la page man de Portage

$ man portage

Déplacer les fichiers & répertoires de Portage

Les fichiers de configuration mentionnés ci-dessus ne peuvent pas se trouver ailleurs. Portage les recherche toujours au même endroit. Cependant, Portage peut être configuré pour utiliser d'autres répertoires pour certains fichiers : le répertoire temporaire d'installation, les sources, l'arbre Portage, etc.

Par défaut, tous ces fichiers sont stockés dans des répertoires bien connus, mais ils peuvent être stockés ailleurs en fonction de variables définies dans le fichier /etc/make.conf. Ce qui suit est consacré aux différents répertoires utilisés par Portage et à la methode à utiliser pour les déplacer.

Ce document n'est pas une liste exhaustive de tous les répertoires disponibles. Cette liste est disponible dans les pages man de Portage et de make.conf :

Exemple de code 1.2 : Lire les pages man de Portage et de make.conf

$ man portage
$ man make.conf

1.b. Emplacemements des fichiers

L'arbre Portage

Le répertoire par défaut pour l'arbre Portage est /usr/portage. La variable PORTDIR peut être utilisée pour définir un autre emplacement. N'oubliez pas de rediriger le lien symbolique /etc/make.profile vers le répertoire ad hoc.

Si vous redéfinissez la variable PORTDIR, vous devriez sans doute redéfinir les variables PKGDIR, DISTDIR et RPMDIR, car elles ne prendront pas la valeur de PORTDIR en compte.

Binaires précompilés

Bien que Portage n'utilise pas de binaires précompilés par défaut, il peut très bien en utiliser. Quand vous utilisez des paquets précompilés, Portage les recherche dans le répertoire /usr/portage/packages. La variable PKGDIR définit cet emplacement.

Code source

Le code source des applications est conservé dans /usr/portage/distfiles. Cet emplacement est défini par la variable DISTDIR.

Fichiers RPM

Bien que Portage ne puisse pas utiliser les fichiers RPM, il peut en générer avec la commande ebuild (cf. le programme ebuild). Les fichiers RPM sont générés dans /usr/portage/rpm. La variable RPMDIR définit cet emplacement.

1.c. Compiler les paquets

Fichiers temporaires

Portage sauve ses fichiers temporaires dans /var/tmp par défaut. La variable PORTAGE_TMPDIR définit cet emplacement.

Si vous redéfinissez la variable PORTAGE_TMPDIR, vous devriez aussi redéfinir BUILD_PREFIX, car elle ne tient pas compte du changement automatiquement.

Répertoire de compilation

Portage crée un répertoire de compilation pour chaque paquet dans le répertoire /var/tmp/portage. Cet emplacement est défini par la variable BUILD_PREFIX.

Localisation du système de fichiers principal

Par défaut, Portage installe tous les fichiers sur le système de fichiers courant (/), mais il peut copier les fichiers ailleurs si vous redéfinissez la variable ROOT. Cela peut être utile si vous voulez construire des nouvelles images d'installation pour d'autres systèmes.

1.d. Enregistrement des messages (« logs »)

Les messages des ebuilds

Portage peut enregistrer les messages des ebuilds en utilisant un fichier pour chaque ebuild, mais uniquement si la variable PORT_LOGDIR contient le nom d'un répertoire dans lequel Portage peut écrire (l'utilisateur portage doit disposer des permissions nécessaires). Par défaut, cette variable n'est pas définie.

2. Les variables de configuration

2.a. Configuration de Portage

Portage peut être configuré grâce à de nombreuses variables que vous définissez dans le fichier /etc/make.conf. Vous trouverez une description complète de ces variables dans la page man de make.conf. Pour la consulter, faites :

Exemple de code 1.1 : Lire la page man de make.conf

$ man make.conf

2.b. Options relatives à la compilation

Les options de configuration et de compilation

Quand Portage compile une application, il passe les variables suivantes au script de configuration et au compilateur :

  • CFLAGS et CXXFLAGS définissent les options des compilateurs C et C++.
  • CHOST définit le type d'hôte pour le script de configuration.
  • MAKEOPTS est passé au programme make et sert à définir le nombre de tâches de compilation maximum à lancer en parallèle. Vous trouverez plus d'information sur le programme make dans sa page man.

La variable USE est aussi utilisée par les processus de configuration et de compilation et a déjà été documentée dans des chapitres précédents.

Options d'intégration

Quand Portage a fini d'intégrer une nouvelle version d'un paquet au système, il supprime les fichiers des versions précédentes. Portage attend cinq secondes avant de supprimer ces fichiers. Ce délai est paramétrable grâce à la variable CLEAN_DELAY.

2.c. Protection des fichiers de configuration

Répertoires protégés

Portage remplace les fichiers des anciennes versions des logiciels par ceux des nouvelles versions qu'il installe sauf si ceux-ci se trouvent dans un répertoire protégé. La liste de ces répertoires est définie par la variable CONFIG_PROTECT. Les répertoires sont séparés par des espaces. Ceux-ci sont généralement des répertoires qui accueillent des fichiers de configuration.

Un fichier qui devrait être installé dans un répertoire protégé est renommé et l'utilisateur est averti de la présence d'un nouveau fichier de configuration.

Vous pouvez afficher la liste des répertoires protégés avec la commande emerge info :

Exemple de code 3.1 : Afficher la variable CONFIG_PROTECT

$ emerge info | grep 'CONFIG_PROTECT='

Pour afficher l'aide intégrée dans Portage à propos de la protection des fichiers de configuration, utilisez la commande emerge comme suit :

Exemple de code 3.2 : Afficher l'aide de Portage sur la protection des fichiers

$ emerge --help config

Exclure des répertoires

Vous pouvez exclure certains répertoires de cette protection en les définissant dans la variable CONFIG_PROTECT_MASK.

2.d. Options de téléchargement

Les serveurs

Quand Portage a besoin de fichiers qui ne sont pas sur votre machine, il essaie de les télécharger. Les serveurs qu'il contacte sont définis dans les variables suivantes :

  • GENTOO_MIRRORS définit la liste des serveurs qui contiennent les sources des paquets (les « distfiles »).
  • PORTAGE_BINHOST définit les serveurs qui offrent des paquets binaires précompilés.

Une troisième variable contient le nom du serveur que Portage contacte quand il doit synchroniser son arbre :

  • SYNC définit le serveur utilisé pour synchroniser l'arbre Portage.

Les variables GENTOO_MIRRORS et SYNC peuvent être définies automatiquement par le programme mirrorselect. Vous devez l'installer avec la commande emerge mirrorselect si vous comptez l'utiliser. Vous pouvez consulter l'aide de mirrorselect avec la commande suivante :

Exemple de code 4.1 : Plus d'information sur mirrorselect

# mirrorselect --help

Si vous devez utiliser un serveur mandataire (« proxy server »), vous devez définir son nom dans les variables HTTP_PROXY, FTP_PROXY et RSYNC_PROXY.

Outils de téléchargement

Quand Portage doit télécharger les sources d'un paquet, il utilise wget par défaut. Vous pouvez lui faire utiliser une autre commande grâce à la variable FETCHCOMMAND.

Portage est capable de reprendre un téléchargement interrompu. Il utilise aussi la commande wget par défaut, mais vous pouvez changer cela grâce à la variable RESUMECOMMAND.

Veuillez vérifier que les commandes que vous définissez dans les variables FETCHCOMMAND et RESUMECOMMAND sauvent les fichiers téléchargés à la bonne place. Utilisez les valeurs \${URI} et \${DISTDIR} pour indiquer respectivement l'origine des sources et le répertoire dans lequel les enregistrer.

Vous pouvez même définir des commandes spécifiques par protocole grâce aux variables FETCHCOMMAND_HTTP, FETCHCOMMAND_FTP, RESUMECOMMAND_HTTP, RESUMECOMMAND_FTP.

Options de rsync

Vous ne pouvez pas utiliser une autre commande que rsync pour mettre l'arbre Portage à jour, mais vous pouvez configurer cette commande avec les variables suivantes :

  • RSYNC_EXCLUDEFROM définit le fichier qui contient une liste de paquets ou de catégories à exclure de la synchronisation.
  • RSYNC_RETRIES définit le nombre de tentatives de synchronisation avec un serveur avant de renoncer. La valeur par défaut est 3.
  • RSYNC_TIMEOUT définit le nombre maximum de secondes d'inactivité avant de considérer que la connexion avec le serveur a été interrompue. La valeur par défaut est 180, mais il peut être judicieux d'utiliser 300 ou plus si vous utilisez une connexion lente, avec un modem par exemple.

2.e. Configuration de Gentoo

Choix de la branche

Vous pouvez définir la branche à utiliser avec la variable ACCEPT_KEYWORDS. La valeur par défaut est la branche stable pour votre architecture. Vous trouverez plus de détails à ce sujet dans le chapitre suivant.

Fonctionnalités de Portage

Vous pouvez activer certaines fonctionnalités de Portage grâce à la variable FEATURES. Celles-ci ont déjà été abordées dans des chapitres précédents tels que Portage et ses fonctionnalités.

2.f. Comportement de Portage

Gestion des ressources

La variable PORTAGE_NICENESS permet de réduire ou d'augmenter la valeur « nice » avec laquelle Portage s'exécute. La valeur de PORTAGE_NICENESS est ajoutée à la valeur « nice » en cours. Cette valeur permet de rendre le processus de compilation plus ou moins prioritaire. Une valeur élevée rend Portage moins prioritaire par rapport aux autres processus et laisse le système plus disponible.

Pour plus d'information à propos de nice, veuillez consulter sa page man :

Exemple de code 6.1 : La page man de nice

$ man nice

Configuration de l'affichage

La variable NOCOLOR, dont la valeur par défaut est « false », indique à Portage de ne pas utiliser de couleurs dans son affichage.

3. Faire cohabiter des branches différentes

3.a. Choisir sa branche

La branche stable

La variable ACCEPT_KEYWORDS définit quelle branche vous voulez utiliser. La valeur par défaut est la branche stable pour votre architecture, par exemple x86.

Il est recommandé de n'utiliser que la branche stable. Cependant, si la stabilité des logiciels n'est pas votre première préoccupation ou si vous souhaitez aider Gentoo et envoyer des rapports de bogues sur http://bugs.gentoo.org, alors lisez ce qui suit.

La branche de test

Si vous désirez utiliser les versions les plus récentes des logiciels, vous pouvez envisager de passer à la branche de test. Pour cela, ajoutez un ~ (tilde) devant le nom de votre architecture.

Par exemple, pour utiliser la branche de test sur une machine x86, modifiez le fichier /etc/make.conf comme suit :

Exemple de code 1.1 : Modifier la variable ACCEPT_KEYWORDS

ACCEPT_KEYWORDS="~x86"

Si vous mettez votre système à jour maintenant, vous constaterez que beaucoup de paquets vont être mis à jour. Veuillez noter qu'une fois passé à la branche de test, il est pratiquement impossible de revenir à la branche stable.

3.b. Mélanger les branches

Le fichier package.keywords

Il est possible d'indiquer à Portage d'utiliser les versions de test pour certains paquets tout en restant dans la branche stable. Pour cela, ajoutez le nom du paquet dont vous voulez la version instable et sa catégorie dans le fichier /etc/portage/package.keywords. Par exemple, pour utiliser la version instable de gnumeric, ajoutez :

Exemple de code 2.1 : Ajouter gnumeric dans /etc/portage/package.keywords

app-office/gnumeric

Le même résultat peut être obtenu en ajoutant le mot-clé à la fin de la ligne comme ceci :

Exemple de code 2.2 : Ajouter gnumeric dans /etc/portage/package.keywords, ligne complète

app-office/gnumeric ~x86

Tester une version donnée

Si vous voulez tester une version donnée, mais ne voulez pas que Portage mette cette version à jour par la suite, vous pouvez spécifier le numéro de version désiré. Dans ce cas, vous devez utiliser l'opérateur =, mais les autres opérateurs, à savoir <=, <, > ou >=, sont également disponibles.

Si vous spécifiez un numéro de version, vous devez utiliser un opérateur. Sans numéro de version, vous ne pouvez pas utiliser d'opérateur.

Dans l'exemple suivant, demandons à Portage d'accepter la version 1.2.13 de gnumeric :

Exemple de code 2.3 : Utiliser une version précise de gnumeric

=app-office/gnumeric-1.2.13

3.c. Utiliser des paquets masqués

Le fichier package.unmask

Si un paquet a été masqué par les développeurs Gentoo et que vous voulez l'installer malgré les raisons précisées dans le fichier package.mask (par défaut dans le répertoire /usr/portage/profiles), ajoutez exactement la même ligne dans le fichier /etc/portage/package.unmask.

Par exemple, si =net-mail/hotwayd-0.8 a été masqué, vous pouvez le rendre disponible en ajoutant la même ligne dans package.unmask :

Exemple de code 3.1 : Exemple de /etc/portage/package.unmask

=net-mail/hotwayd-0.8

Le fichier package.mask

Si vous voulez empêcher Portage d'installer un paquet ou une version particulière d'un paquet, vous pouvez ajouter son nom dans le fichier /etc/portage/package.mask.

Par exemple, pour empêcher Portage d'installer des sources de noyaux plus récentes que development-sources-2.6.8.1, ajoutez la ligne suivante dans package.mask :

Exemple de code 3.2 : Exemple de /etc/portage/package.mask

>sys-kernel/development-sources-2.6.8.1

4. Outils supplémentaires

4.a. etc-update

L'outil etc-update vous aide à intégrer les fichiers ._cfg0000_<nom>. Il permet de comparer et de copier les nouveaux fichiers que Portage a installés sans modifier les fichiers qui existaient déjà. Il peut aussi intégrer des modifications simples qui n'ont aucune incidence sur votre système. Les fichiers ._cfg0000_<nom> sont créés par Portage quand un nouveau fichier devrait en remplacer un autre dans un répertoire protégé par la variable CONFIG_PROTECT.

Utiliser etc-update est plutôt trivial :

Exemple de code 1.1 : Démarrer etc-update

# etc-update

Après avoir intégré les modifications triviales, le programme affiche une liste des fichiers protégés qui n'ont pas été remplacés et pour lesquels une mise à jour est peut-être souhaitable. Les choix suivants sont indiqués au bas de la liste :

Exemple de code 1.2 : Menu etc-update

Please select a file to edit by entering the corresponding number.
              (-1 to exit) (-3 to auto merge all remaining files)
                           (-5 to auto-merge AND not use 'mv -i'):

Si vous entrez -1, etc-update quitte et ne change rien aux fichiers. Si vous entrez -3 ou-5, tous les fichiers seront remplacés par les nouvelles versions. Il est donc très important de sélectionner les fichiers qui ne doivent pas être remplacés automatiquement avant de choisir cette option. Il suffit d'entrer le numéro du fichier dans la liste.

Par exemple, si vous sélectionnez le fichier /etc/pear.conf :

Exemple de code 1.3 : Mettre un fichier de configuration à jour

Beginning of differences between /etc/pear.conf and /etc/._cfg0000_pear.conf
[...]
End of differences between /etc/pear.conf and /etc/._cfg0000_pear.conf
1) Replace original with update
2) Delete update, keeping original as is
3) Interactively merge original with update
4) Show differences again

Vous pouvez voir les différences entre le fichiers. Si vous pensez que la nouvelle version peut être utilisée sur votre système, tapez 1. Si vous pensez que la nouvelle version n'apporte rien qui ne vous soit utile ou qu'elle n'est pas nécessaire, tapez 2. Si vous voulez intégrer des parties de la nouvelle version de façon interactive, tapez 3.

Pendant l'intégration interactive, vous devez choisir entre les anciennes et les nouvelles lignes. Les commandes suivantes vous permettent d'indiquer votre choix :

Exemple de code 1.4 : Commandes disponibles pendant l'intégration interactive

ed:     Modifier et garder les deux versions avec un en-tête.
eb:     Modifier et garder les deux versions.
el:     Modifier et garder la version de gauche.
er:     Modifier et garder la version de droite.
e:      Saisir une nouvelle version.
l:      Garder la version de gauche.
r:      Garder la version de droite.
s:      Garder les deux lignes, sans commentaire.
v:      Garder les deux lignes, avec commentaire.
q:      Quitter.

Après avoir traité les fichiers que vous jugez importants, vous pouvez laisser Portage intégrer les fichiers restants. Le programme etc-update n'insistera pas s'il n'y a plus de fichiers à intégrer.

4.b. dispatch-conf

Le programme dispatch-conf permet de garder une trace des modifications apportées à vos fichiers de configuration. En effet, il stocke les différences grâce au système de contrôle de versions RCS.

Comme etc-update, il peut laisser les fichiers intacts, utiliser les nouvelles versions, modifier les fichiers actuels ou intégrer les différences interactivement. Cependant, dispatch-conf a quelques atouts supplémentaires :

  • Il intégre automatiquement les fichiers où seuls des commentaires ont été modifiés.
  • Il intégre automatiquement les fichiers qui ne varient que par des espaces, des tabulations ou autres caractères « blancs ».

Veuillez vérifier le fichier /etc/dispatch-conf.conf et créer le répertoire défini par la variable « archive-dir ».

La page man de dispatch-conf contient plus de détails :

Exemple de code 2.1 : Lire la page man de dispatch-conf

$ man dispatch-conf

4.c. quickpkg

Le programme quickpkg permet de créer un paquet binaire à partir d'un paquet qui est déjà installé sur votre système. Un tel paquet binaire peut être réinstallé sans devoir le recompiler. Il suffit de taper la liste des paquets à construire.

Par exemple, pour créer des paquets binaires pour curl, arts et procps :

Exemple de code 3.1 : Exemple d'utilisation de quickpkg

# quickpkg curl arts procps

Les paquets seront placés dans le répertoire /usr/portage/packages/All et des liens symboliques vers ceux-ci seront créés dans /usr/portage/packages/<catégorie>.

5. Diverger de l'arbre officiel

5.a. Utiliser un sous-ensemble de l'arbre Portage

Exclure des paquets ou des catégories

Vous pouvez mettre certains paquets ou certaines catégories à jour et en ignorer d'autres. Portage fait exclure ces catégories ou paquets par la commande rsync qu'il utilise pour l'action emerge --sync.

Par défaut, rsync utilise le contenu du fichier /etc/portage/rsync_excludes (s'il existe) qui indique les catégories ou les paquets que doit exclure la commande rsync.

Veuillez remarquer que cela peut causer des problèmes dans la gestion des dépendances puisque de nouveaux paquets pourraient dépendre de paquets que vous avez exclus.

5.b. Ajouter des ebuilds non officiels

Définir un répertoire superposé

Portage peut utiliser des ebuilds qui ne se trouvent pas dans l'arbre Portage de Gentoo. Pour cela, créez un répertoire, par exemple /usr/local/portage, dans lequel vous pourrez copier des ebuilds d'origines diverses. Vous devrez utiliser la même structure que pour l'arbre officiel.

Ensuite, définissez la variable PORTDIR_OVERLAY dans le fichier /etc/make.conf et attribuez-lui le nom du répertoire que vous avez créé. Portage utilisera alors les ebuilds qui se trouvent dans ce répertoire, mais ne les modifiera pas lors de l'opération de synchronisation emerge --sync.

5.c. Paquets gérés hors de Portage

Utiliser Portage avec des paquets gérés manuellement

Dans certains cas, vous voudrez peut-être configurer, installer et maintenir des paquets vous-même sans que Portage ne s'en mêle même si le paquet est disponible dans l'arbre Portage. Des cas typiques sont le noyau et les pilotes nvidia. Vous pouvez configurer Portage pour qu'il sache que certains paquets ont été installés manuellement. On appelle cela « injecter un paquet » et cela se fait grâce au fichier /etc/portage/profile/package.provided.

Par exemple, pour informer Portage que vous avez installé le noyau development-sources-2.6.8.1 manuellement, ajoutez la ligne suivante au fichier /etc/portage/profile/package.provided :

Exemple de code 3.1 : Une ligne dans package.provided

sys-kernel/development-sources-2.6.8.1

6. Le programme ebuild

6.a. Les commandes emerge et ebuild

Le programme ebuild est une interface de plus bas niveau avec le système Portage. Vous pouvez l'utiliser pour exécuter des actions spécifiques pour un ebuild donné. Par exemple, vous pouvez installer un paquet en réalisant les étapes une à la fois.

Le programme ebuild est surtout destiné aux développeurs. Par conséquent, vous trouverez tous les détails à son sujet dans le Developers' Handbook (en anglais). Cependant, il est utile d'expliquer les étapes par lesquelles passe Portage quand il installe un paquet et comment lancer les étapes d'après-installation que certains ebuilds proposent.

6.b. Installer des paquets manuellement

Télécharger et & valider les sources

À chaque fois que vous lancez le programme ebuild pour un ebuild, il vérifie que les sommes de validation de tous le fichiers correspondent à celles qui se trouvent dans le fichier Manifest ou files/digest-<nom>-<version>. Cela se passe après avoir téléchargé les sources.

Pour télécharger les sources avec ebuild, utilisez la commande suivante :

Exemple de code 2.1 : Télécharger les sources

# ebuild chemin/vers/ebuild fetch

Si la somme de validation md5 ne correspond pas à celle qui figure dans le fichier Manifest ou que celle d'un des fichiers téléchargés ne correspond pas à celle qui figure dans le fichier files/digest-<paquet>, un message d'erreur semblable au suivant sera affiché :

Exemple de code 2.2 : Mauvaise somme de validation d'un ebuild

!!! File is corrupt or incomplete. (Digests do not match)
>>> our recorded digest: db20421ce35e8e54346e3ef19e60e4ee
>>>  your file's digest: f10392b7c0b2bbc463ad09642606a7d6

La ligne qui suit ce message donne le nom du fichier qui pose problème.

Si vous êtes certain que les fichiers téléchargés sont corrects et que l'ebuild l'est aussi, vous pouvez générer les fichiers Manifest et digest-<paquet> avec le programme ebuild :

Exemple de code 2.3 : Générer les fichiers Manifest et digest

# ebuild chemin/vers/ebuild digest

Décompresser les sources

Pour décompresser les sources dans /var/tmp/portage (ou dans le répertoire de votre choix si vous en avez spécifié un autre dans /etc/make.conf), utilisez la commande suivante :

Exemple de code 2.4 : Décompresser les sources

# ebuild chemin/vers/ebuild unpack

Cela exécutera la fonction src_unpack() de l'ebuild ou, simplement, décompressera les sources si la fonction n'est pas définie. C'est aussi lors de cette étape que les correctifs sont appliqués aux sources.

Compiler les sources

L'étape suivante dans le processus d'installation est la compilation des sources. Lors de cette étape, la fonction src_compile() de l'ebuild est exécutée. Cela inclut l'étape de configuration du paquet (le célèbre ./configure).

Exemple de code 2.5 : Compiler les sources

# ebuild chemin/vers/ebuild compile

Si vous voulez modifier la manière de compiler, vous devez modifier le fonction src_compile() dans l'ebuild, mais vous pouvez aussi faire croire à Portage que la compilation a été réalisée en créant le fichier .compiled dans le répertoire de travail. Si vous utilisez ce truc, vous pouvez compiler l'application manuellement.

Exemple de code 2.6 : Indique à Portage que la compilation a eu lieu

# touch .compiled

Installer le paquet dans un répertoire temporaire

Après avoir compilé le paquet, Portage installe tous les fichiers dans un répertoire temporaire avant de les intégrer à votre système. À la fin de cette étape, ce répertoire contient tous les fichiers qui vont être copiés dans votre système. Lors de cette étape, la fonction src_install() de l'ebuild est exécutée. Vous pouvez l'exécuter vous-même avec la commande suivante :

Exemple de code 2.7 : Installer les fichiers

# ebuild chemin/vers/ebuild install

Intégrer les fichiers d'un paquet au système

L'étape finale consiste à intégrer tous les fichiers copiés dans le répertoire temporaire vers les répertoires du système et à les enregistrer dans la base de données de Portage. Le programme ebuild appelle cette étape « qmerge ». Elle peut être décomposée en plusieurs parties :

  • Exécuter la fonction pkg_preinst() si elle a été définie.
  • Copier les fichiers dans le système.
  • Enregistrer la liste des fichiers copiés dans la base de données de Portage.
  • Exécuter la fonction pkg_postinst() si elle a été définie.

Pour réaliser cette étape, lancez la commande suivante :

Exemple de code 2.8 : Intégrer les fichiers au système

# ebuild chemin/vers/ebuild qmerge

Faire le ménage dans le répertoire temporaire

Finalement, vous pouvez supprimer les fichiers du répertoire temporaire avec la commande suivante :

Exemple de code 2.9 : Faire le ménage dans le répertoire temporaire

# ebuild chemin/vers/ebuild clean

6.c. Fonctionnalités supplémentaires

Exécuter toutes les étapes d'installation en une fois

Vous pouvez réaliser toutes les étapes (téléchargement, décompression, compilation, installation, intégration) en une seule commande :

Exemple de code 3.1 : Installer un paquet

# ebuild chemin/vers/ebuild merge

Configurer un paquet

Certaines applications contiennent des instructions qui permettent de configurer un paquet plus en détail. Ces instructions peuvent être interactives et ne sont donc pas exécutées automatiquement. Pour les exécuter, utilisez la commande suivante qui utilise la fonction config() de l'ebuild :

Exemple de code 3.2 : Configurer un paquet

# ebuild chemin/vers/ebuild config

Construire un paquet (RPM)

Portage peut aussi créer des paquets binaires, même au format RPM si vous le souhaitez. Les options package et rpm permettent de créer des paquets binaires. Les différences entre les deux sont :

  • package est très similaire à la fonction merge. Elle télécharge, décompresse, compile et installe avant de créer le paquet ;
  • rpm contruit le paquet RPM après avoir avoir installé le paquet.

Exemple de code 3.3 : Créer des paquets binaires

(Pour créer un paquet utilisable par Portage)
# ebuild chemin/vers/ebuild package

(Pour créer un paquet RPM)
# ebuild chemin/vers/ebuild rpm

Les paquets RPM ne contiennent pas les informations relatives aux dépendances.

6.d. Plus d'information

Veuillez consulter les pages man suivantes pour en savoir plus à propos de Portage, du programme ebuild et des ebuilds :

Exemple de code 4.1 : Les pages man

$ man portage    (Portage lui-même)
$ man emerge     (La commande emerge)
$ man ebuild     (Le programme ebuild)
$ man 5 ebuild   (La syntaxe d'un ebuild)

Vous trouverez aussi plus d'information destinée aux développeurs dans le Developers' Handbook (en anglais).

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Dernière mise à jour le 9 novembre 2004

Cette traduction n'est plus maintenue

Résumé : Le manuel Gentoo est le résultat d'un effort de centralisation des informations sur Gentoo Linux.

Sven Vermeulen
Auteur

Daniel Robbins
Auteur

Chris Houser
Auteur

Jerry Alexandratos
Auteur

Seemant Kulleen
Développeur Gentoo x86

Tavis Ormandy
Développeur Gentoo Alpha

Jason Huebel
Développeur Gentoo AMD64

Guy Martin
Développeur Gentoo HPPA

Pieter Van den Abeele
Développeur Gentoo PPC

Joe Kallar
Développeur Gentoo SPARC

John P. Davis
Correcteur

Pierre-Henri Jondot
Correcteur

Eric Stockbridge
Correcteur

Rajiv Manglani
Correcteur

Jungmin Seo
Correcteur

Stoyan Zhekov
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Jared Hudson
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Colin Morey
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Jorge Paulo
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