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1.  Installer les sources

Choisir un noyau

Le cœur autour duquel sont bâties toutes les distributions est le noyau (en anglais « kernel ») Linux. Ce noyau est l'interface entre les programmes utilisateur et le matériel. Gentoo offre un choix de plusieurs noyaux à ses utilisateurs. Une liste complète, accompagnée de descriptions, est disponible dans le guide Kernel/Vue d'ensemble.

Pour les systèmes ${arch}, nous offrons, entre autres, les gentoo-sources (un noyau modifié par l'ajout de fonctionnalités supplémentaires.

Choisissez les sources à utiliser pour votre noyau et installez-les avec emerge.

Exemple de code 1.1 : installer les sources d'un noyau

# emerge gentoo-sources

Si vous examinez le contenu de /usr/src, vous devriez voir un lien symbolique nommé linux qui pointe vers les sources de votre noyau. L'exemple suivant pointe vers gentoo-sources-${kernel-version}, mais vous aurez sans doute installé une autre version.

Exemple de code 1.1 : examiner le lien symbolique vers le noyau

# ls -l /usr/src/linux
lrwxrwxrwx   1 root   root     12 Oct 13 11:04 /usr/src/linux -> linux-${kernel-version}

Il est maintenant temps de configurer et de compiler votre noyau. Vous pouvez utiliser genkernel. Cette commande construira un noyau générique tel que celui utilisé par le CD d'installation. Toutefois, nous expliquerons d'abord la configuration « manuelle », puisque c'est la meilleure façon d'optimiser votre environnement.

Si vous souhaitez configurer manuellement votre noyau, poursuivez votre lecture avec Par défaut : configuration manuelle. Si vous souhaitez utiliser genkernel, vous devriez plutôt lire Alternative : utiliser genkernel.

1.  Par défaut : configuration manuelle

Introduction

Configurer un noyau manuellement est parfois considéré comme la tâche la plus ardue que les utilisateurs de Linux doivent accomplir. Rien n'est moins vrai... Après avoir configuré quelques noyaux, vous ne vous rappellerez même plus que c'était difficile ;)

Toutefois, une chose est vraie : vous devez connaitre votre système pour configurer manuellement un noyau. La majeure partie des informations peut être obtenue en utilisant la commande lspci qui est dans le paquet pciutils (emerge pciutils). Vous pourrez désormais utiliser lspci depuis votre environnement en chroot. Vous pouvez ignorer les avertissements pcilib (comme par exemple : pcilib: cannot open /sys/bus/pci/devices) que vous obtiendrez avec lspci. Vous pouvez également exécuter lspci depuis un environnement non chrooté. Le résultat est le même. Vous pouvez également exécuter lsmod pour voir les modules du noyau utilisés par le CD-ROM d'installation (ce qui peut vous donner des indices sur les fonctionnalités nécessaires).

Maintenant, allez dans le dossier des sources du noyau et exécutez make menuconfig. Cela ouvrira un menu de configuration basé sur ncurses.

Exemple de code 1.1 : lancer menuconfig

# cd /usr/src/linux
# make menuconfig

Plusieurs sections d'options de configuration s'afficheront. Nous allons d'abord dresser la liste de certaines options que vous devez activer (sinon, Gentoo ne fonctionnera pas ou, du moins, pas sans quelques réglages additionnels). Nous tenons aussi à votre disposition le Guide de configuration du noyau de Gentoo sur le wiki de Gentoo pour vous aider de manière plus complète.

Activer les options requises

Veuillez vérifier que tous les pilotes nécessaires au démarrage de votre système tels que le pilote de votre carte SCSI sont compilés en dur et non comme modules, sinon le système ne démarrera pas.

Ensuite sélectionnez Maintenir un système de fichiers devtmpfs à monter sur /dev de telle manière que les fichiers de périphériques critiques soient déjà disponibles précocément dans le processus de démarrage.

Exemple de code 1.1 : activer le support devtmpfs

Device Drivers --->
  Generic Driver Options --->
    [*] Maintain a devtmpfs filesystem to mount at /dev
    [ ]   Automount devtmpfs at /dev, after the kernel mounted the rootfs

Ensuite allez à la section File Systems et activez le support nécessaire pour les systèmes de fichiers que vous utilisez. Ne compilez pas le système de fichiers que vous utilisez en tant que système de fichier racine sous forme de module, sinon votre système Gentoo ne pourra pas monter votre partition. Activez aussi Virtual memory et /proc file system.

Exemple de code 1.1 : sélection des systèmes de fichiers requis

File systems --->
(Sélectionner une option ou plus selon les besoins de votre système)
  <*> Second extended fs support
  <*> Ext3 journalling file system support
  <*> The Extended 4 (ext4) filesystem
  <*> Reiserfs support
  <*> JFS filesystem support
  <*> XFS filesystem support
  ...
  Pseudo Filesystems --->
    [*] /proc file system support
    [*] Virtual memory file system support (former shm fs)

(Activez le support des étiquettes de partition GPT si vous les avez utilisées précédemment)
-*- Enable the block layer --->
    ...
    Partition Types --->
    [*] Advanced partition selection
      ...
      [*] EFI GUID Partition support

Si vous utilisez PPPoE ou un modem classique pour vous connecter à Internet, vous aurez besoin des options du noyau suivantes :

Exemple de code 1.1 : sélection des pilotes PPPoE

Device Drivers --->
  Networking support --->
    <*> PPP (point-to-point protocol) support
    <*>   PPP support for async serial ports
    <*>   PPP support for sync tty ports

Les deux options de compression ne vous feront pas de mal, mais ne sont pas absolument nécessaires. L'option PPP over Ethernet n'est pas obligatoire non plus, considérant qu'elle pourrait n'être utilisée que par ppp lorsque ce dernier est configuré pour utiliser PPPoE en mode noyau.

Si vous en avez besoin, n'oubliez pas d'ajouter le support pour votre carte Ethernet.

Exemple de code 1.1 : activer le support pour SMP

Processor type and features  --->
  [*] Symmetric multi-processing support

Note : notez que chaque cœur compte pour un processeur.

Si vous utilisez des périphériques d'entrée USB (un clavier ou une souris par exemple), n'oubliez pas les options suivantes :

Exemple de code 1.1 : activer le support USB pour des périphériques d'entrée

Device Drivers --->
  [*] HID Devices --->
    <*> USB Human Interface Device (full HID) support

Compiler et installer

Maintenant que votre noyau est configuré, il est temps de le compiler et de l'installer. Quittez la configuration et lancez la compilation :

Exemple de code 1.1 : Compiler le noyau

# make && make modules_install

Lorsque la compilation est terminée, copiez l'image du noyau dans /boot. Ceci est pris en charge par la commande make install :

Exemple de code 1.1 : installer le noyau

# make install

Ceci va copier l'image du noyau dans /boot ainsi que le fichier System.map et les fichiers de configuration du noyau.

(Facultatif) Construire un disque virtuel de démarrage (initramfs)

Si vous utilisez un plan de partitionnement particulier dans lequel des emplacements majeurs (tels que /usr ou /var) se trouvent sur des partitions séparées, alors vous aurez besoin de créer un disque virtuel de démarrage (initramfs) pour que les partitions soient montées avant que le système en ait besoin.

Sans un disque virtuel de démarrage, votre système risque de ne pas démarrer correctement dans la mesure où les outils nécessaires au montage des partitions résident sur ces systèmes de fichiers. Un disque virtuel de démarrage va précharger ces outils dans une archive qui sera utilisée juste après le démarrage du noyau, mais avant que le contrôle ne soit transmis aux outils init. Les scripts sur le disque virtuel de démarrage assureront le montage correct des partitions avant de laisser le système continuer son démarrage.

Pour mettre en place un disque virtuel de démarrage, installez genkernel d'abord, puis laissez le générer un disque virtuel de démarrage pour vous.

Exemple de code 1.1 : construire un disque virtuel de démarrage (initramfs)

# emerge genkernel
# genkernel --install initramfs

Si vous avez besoin d'un support particulier dans le disque virtuel de démarrage (initramfs), tel que lvm ou raid, ajoutez les options appropriées à genkernel. Voir genkernel --help pour plus d'informations , ou l'exemple qui suit qui active le support pour LVM et le logiciel raid (mdadm):

Exemple de code 1.1 : construire un disque virtuel de démarrage (initramfs) pour avoir le support pour LVM et raid

# genkernel --lvm --mdadm --install initramfs

Le disque virtuel de démarrage va être stocké dans le dossier /boot. Vous pouvez trouver le fichier en listant les fichiers dont le nom commence par initramfs:

Exemple de code 1.1 : trouver le nom du disque virtuel de démarrage (initramfs)

# ls /boot/initramfs*

Maintenant continuez à lire Les modules du noyau.

1.  Alternative : utiliser genkernel

Si vous lisez cette section, vous avez choisi d'utiliser le script genkernel pour configurer votre noyau pour vous.

Maintenant que l'arbre des sources de votre noyau est installé, il est temps de compiler ce noyau à l'aide du script genkernel qui construira automatiquement un noyau dont la configuration sera presque identique à celle du noyau du CD d'installation. Cela signifie que si vous utilisez genkernel pour construire votre noyau, votre système détectera généralement tout votre matériel au moment de l'amorçage, à la manière du CD d'installation. Puisque genkernel ne requiert aucune configuration manuelle, il s'agit d'une solution idéale pour l'utilisateur rebuté par l'idée de compiler son propre noyau.

Maintenant, voyons comment utiliser genkernel. D'abord, installez genkernel comme suit :

Exemple de code 1.1 : installer genkernel

# emerge genkernel

Ensuite éditez le fichier /etc/fstab de telle sorte que la ligne contenant /boot en tant que deuxième champ ait le premier champ pointant sur le bon périphérique. Si vous avez suivi l'exemple de partitionnement du manuel, il s'agit le plus probablement de ${/boot} avec le système de fichiers ext2. Le fichielr devrait ressemble à ceci :

Exemple de code 1.1 : éditer /etc/fstab pour l'entrée de /boot

# nano -w /etc/fstab
...
${/boot}	/boot	ext2	defaults	0 2

Le reste de /etc/fstab sera mis à jour dans la section suivante mais comme genkernel y prend ses informations nous devons mettre la ligne frontale /boot à jour.

Ensuite, compilez les sources du noyau en exécutant genkernel all. Puisque genkernel compile un noyau qui supporte presque n'importe quel matériel, ne soyez pas surpris que la compilation demande un temps considérable.

Veuillez noter que si votre partition de démarrage utilise un autre système de fichiers qu'ext2 ou ext3, vous devrez peut-être compiler le support pour ce système de fichiers dans le noyau (donc pas comme module) avec la commande genkernel --menuconfig all. Si vous utilisez LVM2, vous voudrez sans doute ajouter l'option --lvm2.

Exemple de code 1.1 : exécuter genkernel

# genkernel all

Ensuite, compilez les sources du noyau en exécutant genkernel all. Puisque genkernel compile un noyau qui supporte presque n'importe quel matériel, ne soyez pas surpris que la compilation demande un temps considérable.

Veuillez noter que si votre partition de démarrage utilise un autre système de fichiers qu'ext2 ou ext3, vous devrez peut-être compiler le support pour ce système de fichiers dans le noyau (donc pas comme module) avec la commande genkernel --menuconfig all. Si vous utilisez LVM2, vous voudrez sans doute ajouter l'option --lvm2.

Exemple de code 1.1 : exécuter genkernel

# genkernel all

Lorsque genkernel aura fini son travail, un noyau, un ensemble complet de modules et un disque virtuel initial (initramfs) auront été créés. Le noyau et initrd seront utilisés plus tard lors de la configuration du chargeur de démarrage. Notez bien les noms du noyau et du initrd puisque vous devrez les spécifier lors de l'écriture du fichier de configuration du chargeur de démarrage. L'initrd sera démarré immédiatement après l'amorçage afin de réaliser l'autodétection du matériel (tout comme pour le CD d'installation) avant que votre « véritable » système ne démarre.

Exemple de code 1.1 : vérifier les noms de l'image du noyau et du fichier initrd

# ls /boot/kernel* /boot/initramfs*

1.  Les modules du noyau

Configurer les modules

Vous devriez indiquer la liste des modules que vous souhaitez charger automatiquement dans /etc/conf.d/modules. Vous pouvez également ajouter des options aux modules si vous le souhaitez.

Pour dresser la liste des modules disponibles, exécutez la commande find telle qu'indiquée ci-dessous. N'oubliez pas de substituer « <kernel version> » par la version du noyau que vous venez juste de compiler :

Exemple de code 1.1 : Consulter la liste des modules disponibles

# find /lib/modules/<kernel version>/ -type f -iname '*.o' -or -iname '*.ko' | less

Par exemple, pour charger automatiquement le module 3c59x.ko (c'est un pilote pour certaines cartes réseau 3Com), il suffit de renseigner ce module dans le fichier de configuration /etc/conf.d/modules.

Exemple de code 1.1 : Modifier le fichier /etc/conf.d/modules

# nano -w /etc/conf.d/modules
modules_2_6="3c59x"

Poursuivez l'installation avec (Configurer votre système).

Dernière mise à jour le 7 août 2014

Résumé : Le noyau Linux est au cœur de toutes les distributions. Ce chapitre explique comment le configurer.

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