N'importe quel noyau 2.6 disponible dans Gentoo supporte l'IPv6 sans problème. La nouvelle couche IPv6 USAGI est intégrée dans le noyau depuis la version 2.6.0 de Linux.
Exemple de code 1.1 : Installer un noyau |
# emerge gentoo-sources
|
Nous pouvons à présent nous placer dans le répertoire des sources du noyau et commencer notre configuration du noyau.
Exemple de code 1.2 : Configurer le noyau Linux |
# cd /usr/src/linux/ # make menuconfig |
Note : Vérifiez bien que le lien symbolique /usr/src/linux pointe vers le répertoire contenant les sources que vous allez utiliser. |
Exemple de code 1.3 : Les options à activer dans le noyau |
Device Drivers ---> Networking support ---> Networking options ---> <*> The IPv6 protocol (EXPERIMENTAL) ---> (Les options au dessous de IPv6 peuvent être utiles pour certaines applications, mais ne sont pas requises pour une configuration de base.) (Cette option est seulement requise si vous utilisez ptrtd pour connecter votre réseau IPv6 à un réseau externe IPv4.) [*] Network device support <*> Universal TUN/TAP device driver support |
Après avoir activé les options requises, recompilez les sources et redémarrez le système avec votre nouveau noyau IPv6.
Si vous n'avez pas déjà installé le paquet iproute2, nous vous recommandons chaudement de le faire dès maintenant. iproute2 est une suite d'applications de configuration de réseaux qui contient, entre autres, ip, le fameux outil qui remplace ifconfig, route, iptunnel, etc.
Exemple de code 1.4 : Installation du paquet iproute2 |
# emerge sys-apps/iproute2
|
Attention : L'utilisation de ifconfig peut causer de sérieux maux de crâne si vous avez plusieurs tunnels. Vous devrez enlever les tunnels dans l'ordre inverse duquel vous les avez créés... Vous êtes prévenu ! |
Si IPv6 fonctionne, vous devriez déjà voir une adresse IPv6 pour l'interface locale (« loopback »).
Exemple de code 1.5 : Vérification de l'interface locale |
# ip -6 addr show lo 1: lo: <LOOPBACK,UP> mtu 16436 inet6 ::1/128 scope host valid_lft forever preferred_lft forever (Ces lignes montrent que ça marche correctement.) |
Avant de continuer, assurez-vous d'avoir ajouté « ipv6 » à votre liste de variables USE dans le make.conf, afin que les paquets puissent, à l'avenir, bénéficier du support IPv6.
La majeure partie des fournisseurs d'accès à Internet ne proposent pas encore de connexion IPv6 native (N.D.T. : à ma connaissance seul Nerim propose ce service en France). Pour outrepasser cette limitation, plusieurs passerelles IPv6 (N.D.T. : communément appelées « tunnel broker ») ont vu le jour et proposent des connexions gratuites au réseau IPv6 via un tunnel. Cela vous permettra d'encapsuler toutes vos connexions IPv6 dans une connexion IPv4 classique vers la passerelle.
| Passerelle IPv6 | Emplacement |
| Hurricane Electric | US/Canada |
| Freenet6 | US |
| Sixxs | Europe |
| Aarnet | Europe |
Voici deux exemples de configurations pour mettre en place un tunnel avec deux fournisseurs populaires nord-américains, Hurricane Electric (cela marche aussi avec les tunnels qui n'utilisent pas le système d'impulsion cardiaque de sixxs.net) et Freenet6.
Hurricane Electric (HE pour abréger) offre gratuitement des tunnels vers IPv6 et vous alloue un bloc d'adresses /64 dédiées. Il vous permet également de configurer vos requêtes DNS inverses. Pour obtenir un tunnel chez HE, il vous suffit d'aller sur http://www.tunnelbroker.net/ et de remplir un formulaire d'une page.
Note : L'inscription au service vous demandera des informations telles que vos adresse et numéro de téléphone. |
Attention : Afin de limiter les abus, HE a volontairement instauré un délai de 24 heures avant d'activer le tunnel. |
Une fois votre demande de tunnel acceptée et votre bloc /64 alloué, vous pouvez passer à la configuration de votre Gentoo. HE fournit des exemples de configurations basées sur les outils ifconfig et iproute. Les exemples suivants supposent que vous utilisez la configuration suivante :
| Adresse IPv4 locale (eth0) | 68.36.91.195 |
| Adresse IPv4 de HE | 64.71.128.82 |
| Adresse IPv6 locale du tunnel | 2001:470:1F00:FFFF::189 |
| Bloc IPv6 alloué par HE | 2001:470:1F00:296::/64 |
En utilisant le paquet iproute2 et la commande ip :
Exemple de code 2.1 : Configuration d'un tunnel IPv6 |
(Création d'un tunnel entre l'adresse IPv4 locale (eth0) et l'adresse distante IPv4 de HE.) # ip tunnel add sixbone mode sit remote 64.71.128.82 local 68.36.91.195 ttl 64 dev eth0 (Diminution du MTU à cause du tunnel.) # ip link set sixbone mtu 1280 (Activation du tunnel.) # ip link set sixbone up (Assignation de l'adresse IPv6 du tunnel.) # ip addr add 2001:470:1F00:FFFF::189 dev sixbone (Routage des adresses IPv6 unicast globales vers notre interface « sixbone ».) # ip route add 2000::/3 dev sixbone |
Freenet6 est un autre fournisseur gratuit offrant IPv6. L'enregistrement facultatif ne demande qu'un nom d'utilisateur et une adresse de courrier électronique valide. Ils ont choisi de confier la configuration du tunnel à une application client/serveur et ont créé le client freenet6. Le client est disponible dans Portage. Pour l'installer, faites :
Exemple de code 2.2 : Installation du client Freenet6 |
# emerge freenet6
|
Si vous désirez vous connecter avec une authentification, vous devez maintenant configurer freenet6 en éditant /etc/freenet6/gw6c.conf. Vous n'avez qu'à changer les champs userid et passwd en remplaçant les valeurs par celles qui vous ont été assignées par Freenet6 et à changer la passerelle du serveur. Voici un exemple complet de fichier de configuration :
Exemple de code 2.3 : Exemple de gw6c.conf |
auth_method=any userid=anonymous passwd=foobar template=linux server=broker.freenet6.net |
Maintenant que le tunnel est configuré, vous pouvez tester votre connexion. La méthode la plus simple et rapide est d'utiliser l'utilitaire ping6 et d'essayer d'atteindre un hôte IPv6.
Exemple de code 2.4 : Test de la connexion |
# emerge iputils # ping6 www.kame.net PING www.kame.net(orange.kame.net) 56 data bytes 64 bytes from orange.kame.net: icmp_seq=1 ttl=52 time=290 ms 64 bytes from orange.kame.net: icmp_seq=2 ttl=52 time=277 ms 64 bytes from orange.kame.net: icmp_seq=3 ttl=52 time=280 ms 64 bytes from orange.kame.net: icmp_seq=4 ttl=52 time=279 ms 64 bytes from orange.kame.net: icmp_seq=5 ttl=52 time=277 ms --- www.kame.net ping statistics --- 5 packets transmitted, 5 received, 0% packet loss, time 4038ms rtt min/avg/max/mdev = 277.040/281.041/290.046/4.699 ms |
L'équipe Gentoo travaille dur pour améliorer le support IPv6 dans les scripts d'initialisation du réseau. Si vous êtes intéressé ou bien voulez participer, envoyez un mail à latexer@gentoo.org (N.D.T. : en anglais !).
À moins que vous n'ayez déjà USE="ipv6" dans votre /etc/make.conf, vous devrez probablement recompiler pas mal de paquets pour leur faire activer le support IPv6. Pour avoir une liste des paquets installés qui pourraient utiliser ce mot-clé, faites :
Exemple de code 3.1 : Les candidats à la réinstallation |
# emerge -uDNav world
|
Si vous avez changé beaucoup d'options USE, la liste peut être longue. Il est recommandé de maintenir votre système à jour. Recompiler tous les paquets qui doivent l'être ne fera pas de mal.
Note : Certains paquets font une détection automatique de l'IPv6 et ne tiennent pas compte de la variable USE="ipv6". Tous les paquets qui peuvent supporter l'IPv6 ne vont pas forcément le faire si vous ne les avez pas compilés avec un noyau IPv6. |
Il y a quelques paquets dédiés spécifiquement à IPv6, la plupart se trouvent dans /usr/portage/net-misc.
| Paquet | Description |
| net-misc/ipv6calc | Transforme une adresse IPv6 au format compressé. |
| net-misc/netcat6 | Version de netcat qui supporte IPv6 et IPv4. |
| dev-perl/Socket6 | Partie IPv6 du fichier C socket.h contenant les définitions et les structures. |
Vous savez peut-être que le DNS utilise un enregistrement de type A pour IPv4. Et bien sachez qu'il utilise un enregistrement de type AAAA pour IPv6. (C'est parce qu'une adresse IPv4 utilise un mot de 32 bits d'espace alors qu'une adresse IPv6 utilise 4 mots de 32 bits, soit 128 bits.) Pour le DNS inverse, le standard INT est obsolète mais reste largement supporté. ARPA est le format standard actuel. Ce guide décrira le format ARPA.
Les versions récentes de BIND incluent un excellent support pour IPv6. Cette section suppose que vous avez un minimum de connaissances de la configuration et de l'utilisation de BIND. Nous supposerons également que vous ne faites pas tourner BIND dans un environnement « chrooté ». Si c'est le cas, ajoutez le préfixe du « chroot » à la plupart des chemins de cette section.
Premièrement, vous devez ajouter des entrées pour les zones directes et inverses (N.D.T. : « forward and reverse DNS ») dans le fichier /etc/bind/named.conf.
Exemple de code 4.1 : Entrées à ajouter dans named.conf |
(Nous permettons à bind de se mettre en écoute sur nos interfaces IPv6. 'any' est la seule façon de le faire jusqu'à la version 9.3 de bind.) options { [...] listen-on-v6 { any; } [...] }; (Voici la déclaration du DNS direct pour le domaine « ipv6-rules.com »:) zone "ipv6-rules.com" IN { type master; file "pri/ipv6-rules.com"; }; (Pour le DNS inverse, on utilise le format « bitwise ». On l'obtient en prenant le préfixe IPv6, en inversant l'ordre des chiffres et en les séparant par un point.) zone "6.9.2.0.0.0.f.1.0.7.4.0.1.0.0.2.ip6.arpa" { type master; file "pri/rev-ipv6-rules.com.arpa"; }; |
Maintenant, créons les fichiers de zones spécifiés, et ajoutons des entrées pour nos machines :
Exemple de code 4.2 : pri/ipv6-rules.com |
$TTL 2h
@ IN SOA ipv6-rules.com. webmaster.ipv6-rules.com. (
2003052501 ; Serial
28800 ; Refresh
14400 ; Retry
3600000 ; Expire
86400 ) ; Minimum
IN NS ns1.ipv6-rules.com
IN AAAA 2001:470:1f00:296::1 ; adresse de ipv6-rules.com
host1 IN AAAA 2001:470:1f00:296::2 ; adresse de host1.ipv6-rules.com
host2 IN AAAA 2001:470:1f00:296::3:3 ; adresse de host2.ipv6-rules.com
|
Exemple de code 4.3 : pri/rev-ipv6-rules.com.arpa |
$TTL 3d ; Le TTL par défaut (obligatoire pour bind 8, bind 9 l'ignore)
@ IN SOA ipv6-rules.com. webmaster.ipv6-rules.com. (
2003052501 ; Serial number (YYYYMMdd)
24h ; Refresh time
30m ; Retry time
2d ; Expire time
3d ) ; Default TTL
IN NS ns1.ipv6-rules.com.
; IPv6 PTR entries
$ORIGIN 6.9.2.0.0.0.f.1.0.7.4.0.1.0.0.2.ip6.arpa.
1.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0 IN PTR ipv6-rules.com.
2.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0 IN PTR host1.ipv6-rules.com.
3.0.0.0.3.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0 IN PTR host2.ipv6-rules.com.
|
Il y a actuellement des correctifs pour DJBDNS disponibles sur http://www.fefe.de/dns/ qui le rendent compatible avec IPv6. DJBDNS peut être installé avec ces correctifs si vous l'installez avec ipv6 dans votre variable USE.
Attention : Certains types d'enregistrements ne sont pas encore supportés avec ces correctifs. C'est le cas notamment des types NS et MX. |
Exemple de code 4.4 : Installation de djbdns |
# emerge djbdns
|
Après l'installation de DJBDNS, vous pouvez le configurer en lançant tinydns-setup et en répondant aux quelques questions posées pour savoir quelle adresse utiliser, où installer tinydns, etc.
Exemple de code 4.5 : Installer tinydns |
# tinydns-setup
|
Supposons que vous avez installé tinydns dans /var/tinydns/. Vous pouvez maintenant éditer /var/tinydns/root/data. Ce fichier contiendra toutes les données nécessaires pour que tinydns puisse s'occuper de votre délégation IPv6.
Exemple de code 4.6 : Exemple de fichier data |
(*.ipv6-rules.com est géré par 192.168.0.1.) .ipv6-rules.com:192.168.0.1:a:259200 (DNS inverse pour 2001:470:1f00:296::/64.) .6.9.2.0.0.0.f.1.0.7.4.0.1.0.0.2.ip6.arpa:192.168.0.1:a (Spécifie les IPs pour host1 et host2.) 6host1.ipv6-rules.com:200104701f0002960000000000000001:86400 6host2.ipv6-rules.com:200104701f0002960000000000000002:86400 (Pointe vers host1.) 3www.ipv6-rules.com:200104701f0002960000000000000002:86400 |
Les lignes préfixées par un 6 auront deux enregistrements de types AAAA et PTR créés. Celles préfixées par un 3 auront seulement un enregistrement de type AAAA. Au lieu d'éditer manuellement le fichier data, vous pouvez utiliser les scripts add-host6 et add-alias6 pour ajouter de nouvelles entrées. Après avoir modifié le fichier data, vous n'avez qu'à lancer make dans le répertoire /var/tinydns/root pour mettre à jour la configuration. Cela va créer /var/tinydns/root/data.cfb que tinydns utilise pour servir les requêtes DNS.
Quelques modifications restent à faire si vous voulez utiliser votre système en tant que routeur pour des clients qui voudraient se connecter au réseau IPv6. Nous devons activer le routage des paquets IPv6. Il y a deux façons de faire.
Exemple de code 5.1 : Activer le routage sur votre système |
# echo 1 > /proc/sys/net/ipv6/conf/all/forwarding ou bien # sysctl -w net.ipv6.conf.all.forwarding=1 |
Attention : Les scripts d'initialisation de radvd expliqués dans le prochain chapitre activent (et désactivent) le routage des paquets. Si vous utilisez radvd vous pouvez sauter la prochaine étape. |
Pour activer le routage au démarrage du système, éditez le fichier /etc/sysctl.conf et ajoutez la ligne suivante :
Exemple de code 5.2 : Ajout dans sysctl.conf |
(Cette étape n'est pas nécessaire si vous utilisez radvd.)
net.ipv6.conf.default.forwarding=1
|
Tout le trafic envoyé à votre système devrait maintenant être redirigé vers la passerelle IPv6 que nous avons précédemment paramétrée à l'aide d'un tunnel.
Pour assigner automatiquement des adresses IPv6 à vos clients, il existe deux moyens prévus par les spécifications IPv6. La méthode la plus en vogue s'appelle « Router Advertisement » et permet à un client d'obtenir une adresse et une route de la part du routeur, permettant la connexion au réseau IPv6 simplement en activant l'interface. C'est le client qui détermine son adresse en fonction du préfixe donné par le routeur. La deuxième méthode est « DHCPv6 ». Tel DHCP sous IPv4, c'est le serveur qui assigne l'adresse et la route au client en fonction de son identificateur réseau. DHCPv6 permet de garder une trace des assignations d'IPs, au contraire de RADV.
Installation d'un routeur RADV
L'installation d'un routeur RADV est enfantine en utilisant le « Router Advertisement Daemon » : radvd.
Exemple de code 5.3 : Installer radvd |
# emerge radvd
|
Après avoir installé radvd, nous devons créer le fichier /etc/radvd/radvd.conf qui contient les informations du routeur à transmettre aux clients, à savoir le bloc d'IPs allouées. Voici un exemple de radvd.conf en utilisant le préfixe que nous avons déjà utilisé pour notre passerelle IPv6.
Exemple de code 5.4 : Exemple de radvd.conf |
interface eth1
{
(Envoie régulièrement des annonces aux autres machines.)
AdvSendAdvert on;
AdvLinkMTU 1280;
MaxRtrAdvInterval 300;
(Le préfixe de sous-réseau que notre PoP nous a assigné.)
prefix 2001:470:1F00:296::/64
{
AdvOnLink on;
AdvAutonomous on;
};
};
|
Attention : Assurez-vous que le nom de l'interface réseau indiqué sur la première ligne soit le bon, afin de diffuser les annonces vers votre intranet et non pas vers votre fournisseur d'accès ! |
Pour plus d'informations, consultez man radvd.conf. Nous pouvons à présent lancer radvd et le faire démarrer lors de l'amorçage.
Exemple de code 5.5 : Activer radvd |
# /etc/init.d/radvd start # rc-update add radvd default |
Installation d'un routeur DHCPv6
Pour installer DHCPv6 sur votre routeur, vous devez bien évidemment installer et configurer le démon dhcpv6.
Exemple de code 5.6 : Installation de dhcpv6 |
# emerge dhcpv6
|
Nous devons à présent configurer le serveur DHCPv6 en éditant /etc/dhcp6s.conf.
Exemple de code 5.7 : Exemple de dhcp6s.conf |
prefer-life-time 10000;
valid-life-time 20000;
renew-time 5000;
rebind-time 8000;
interface eth1 {
link AAA {
allow unicast;
send unicast;
allow rapid-commit;
send server-preference 5;
renew-time 1000;
rebind-time 2400;
prefer-life-time 2000;
valid-life-time 3000;
pool{
range 2001:470:1f00:296::10 to 2001:470:1f00:296::110/64;
prefix 2001:470:1f00:296::/64;
};
};
};
|
Nous pouvons enfin lancer dhcp6s et le faire démarrer lors de l'amorçage.
Exemple de code 5.8 : Démarrer dhcpv6s |
# /etc/init.d/dhcp6s start # rc-update add dhcp6s default |
Les clients derrière ce routeur devraient maintenant pouvoir accéder au réseau IPv6. En utilisant radvd, aucune configuration particulière n'est nécessaire et il vous suffit d'activer votre interface réseau. C'est probablement déjà fait par votre script d'initialisation net.ethX.
Exemple de code 6.1 : Se connecter à IPv6 |
# ip link set eth0 up # ip addr show eth0 1: eth0: <BROADCAST,MULTICAST,UP> mtu 1400 qdisc pfifo_fast qlen 1000 link/ether 00:01:03:2f:27:89 brd ff:ff:ff:ff:ff:ff inet6 2001:470:1f00:296:209:6bff:fe06:b7b4/128 scope global valid_lft forever preferred_lft forever inet6 fe80::209:6bff:fe06:b7b4/64 scope link valid_lft forever preferred_lft forever inet6 ff02::1/128 scope global valid_lft forever preferred_lft forever |
Si votre routeur est configuré pour utiliser DHCPv6, vos clients doivent alors également avoir le paquet dhcpv6 installé. Ensuite, vous devez configurer vos clients en éditant le fichier /etc/dhcp6c.conf.
Exemple de code 6.2 : Exemple de dhcp6c.conf |
interface eth0 {
send rapid-commit;
request domain-name-servers;
iaid 11111;
renew-time 11000;
};
|
7. Utiliser la conversion 6to4
La conversion 6to4 permet à des machines IPv6 de communiquer avec des machines IPv4. Cela vous permet d'avoir un réseau entièrement IPv6 et de continuer à vous connecter aux serveurs IPv4 habituels, votre routeur (IPv6 et IPv4) s'occupant du reste.
Pour faire fonctionner correctement les conversions 6to4, vous devez installer un proxy DNS, totd, qui vous renverra un enregistrement DNS de type AAAA pour les hôtes qui n'ont qu'un enregistrement de type A. Ces enregistrements de type AAAA pointeront vers des adresses IPv6 qui n'existent pas réellement, mais qui seront reconnues par le proxy 6to4 qui routera les paquets vers la bonne machine.
Puisque totd est toujours masqué ~x86 en attendant des tests plus approfondis, vous devrez le démasquer en ajoutant la ligne suivante à votre fichier /etc/portage/package.keywords (consultez « man portage » pour plus d'informations sur ce fichier).
Exemple de code 7.1 : Démasquage permanent de totd dans package.keywords |
net-misc/totd ~x86 |
Puis, lancez simplement emerge :
Exemple de code 7.2 : Installation de totd |
# emerge totd
|
Ensuite, vous devez paramétrer le fichier /etc/totd.conf :
Exemple de code 7.3 : Exemple de totd.conf |
(L'adresse d'un vrai serveur DNS.) forwarder 192.168.0.2 port 53 (Le préfixe à ajouter aux faux enregistrements AAAA.) prefix 3ffe:abcd:1234:9876:: (Le port où totd écoutera.) port 5005 (Nom de fichier PID à utiliser.) pidfile /var/run/totd.pid (Active le 6to4.) stf |
Note : totd doit etre configuré sur un port différent de 53 dans le cas où un serveur DNS tournerait déjà sur votre serveur. |
Nous allons utiliser ptrtd comme proxy 6to4, ce qui permettra les connexions entre IPv6 et IPv4.
Exemple de code 7.4 : Installation de ptrtd |
# emerge ptrtd
|
Vous devez à présent configurer ptrtd en lui indiquant le faux préfixe que vous avez donné à totd afin qu'il puisse reconnaître les paquets à transformer. Éditez le fichier /etc/conf.d/ptrtd et réglez IPV6_PREFIX. Cela doit impérativement être le même préfixe que celui donné à totd.
Exemple de code 7.5 : Exemple de ptrtd.conf |
IPV6_PREFIX="3ffe:abcd:1234:9876::" |
Vous pouvez maintenant lancer totd.
Exemple de code 7.6 : Démarrage de totd |
# /etc/init.d/totd start # rc-update add totd default |
Configuration et test des clients
Les clients peuvent maintenant être configurés pour pouvoir se connecter aussi bien aux machines IPv6 qu'IPv4, avec seulement une interface IPv6. Supposons que les clients ont déjà reçu une adresse IP de radvd. Nous n'avons plus qu'à configurer le serveur DNS à utiliser et à ajouter une route par défaut spéciale pour les « fausses adresses ». Premièrement, ajoutons une entrée au début du fichier /etc/resolv.conf pointant vers la machine où totd tourne.
Exemple de code 7.7 : Exemple de resolv.conf |
nameserver 2001:470:1f00:296::1 (L'adresse du serveur où totd tourne.)
|
Pour tester la résolution de noms, faites une requête de type AAAA sur un nom qui n'a que des adresses IPv4.
Exemple de code 7.8 : Test de la résolution de nom |
# dig aaaa google.com
;; ANSWER SECTION:
google.com. 300 IN AAAA 3ffe:abcd:1234:9876::d8ef:3364
google.com. 300 IN AAAA 3ffe:abcd:1234:9876::d8ef:3564
|
Nous allons maintenant ajouter une route par défaut spéciale pour toutes les adresses qui commenceront par notre préfixe choisi.
Exemple de code 7.9 : Ajout d'une nouvelle route |
(En supposant que eth0 soit votre interface IPv6.) # ip route add 3ffe:abcd:1234:9876::/64 via 2001:470:1f00:296::1 dev eth0 |
Enfin, utilisez ping6 pour atteindre l'hôte google.com avec sa fausse adresse IPv6.
Exemple de code 7.10 : Test du 6to4 |
# ping6 -c 2 google.com
PING 3ffe:abcd:1234:9876::d8ef:3364(3ffe:abcd:1234:9876::d8ef:3364) 56 data bytes
64 bytes from 3ffe:abcd:1234:9876::d8ef:3364: icmp_seq=1 ttl=54 time=0.106 ms
64 bytes from 3ffe:abcd:1234:9876::d8ef:3364: icmp_seq=2 ttl=54 time=0.090 ms
--- 3ffe:abcd:1234:9876::d8ef:3364 ping statistics ---
2 packets transmitted, 2 received, 0% packet loss, time 1000ms
rtt min/avg/max/mdev = 0.090/0.098/0.106/0.008 ms
|
Note : En fait c'est le routeur avec ptrtd qui répond, mais cela nous montre au moins que ça marche. |
Il existe de nombreuses excellentes ressources en ligne concernant IPv6.
| Sites | Ressources |
| www.ipv6.org | Informations générales sur IPv6 |
| www.linux-ipv6.org/ | Le projet USAGI |
| www.deepspace6.net | Un site sur Linux et IPv6 |
| www.kame.net | La fameuse implémentation pour *BSD |
N.D.T. : Et voici quelques sites en français.
| Sites | Ressources |
| www.g6.asso.fr | L'association G6 |
| www.fr.ipv6tf.org | IPv6 Task Force France |
Sur IRC, vous pouvez essayer #ipv6 sur Freenode. Vous pouvez vous connecter aux serveurs Freenode en IPv6 en vous connectant à irc.ipv6.freenode.net.
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